Dian Fossey, La femme qui vivait avec les gorilles

Dian Fossey, une primatologue américaine, a consacré sa vie aux gorilles des montagnes, entre le Congo et le Rwanda. Son combat acharné en leur faveur lui a même coûté la vie, en 1985. Sa fondation, Dian Fossey Gorilla Fund, oeuvre toujours pour la protection de cet animal et de son habitat.

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En janvier 1970, la photo qui paraît en une du magazine National Geographic va beaucoup faire parler d’elle. On y voit la main d’un gorille baptisé Peanuts posée paisiblement dans celle de Dian Fossey. C’est la première fois dans l’histoire de la recherche animale qu’un contact entre un humain et un gorille sauvage est dévoilé au grand public. La photo prise dans les montages du Rwanda, va révéler au monde entier l’existence de cette femme singulière qui a décidé de vouer sa vie entière aux grands singes.

Avant de s’intéresser aux gorilles, le premier animal auquel Dian Fossey prête attention est un poisson rouge. Née le 16 janvier 1932 à San Francisco, elle vit une enfance malheureuse et reporte tout son amour sur le seul animal présent à la maison.

Ses parents divorcent quand elle a 6 ans et sa mère se remarie avec un homme d’affaires qui se montre très dur avec elle. Il lui interdit par exemple de manger à table avec eux et Dian se renferme sur elle-même.

L’adolescente comprend vite qu’elle doit quitter le foyer pour s’épanouir. Elle entame des études de comptabilité, qu’elle abandonne ensuite pour devenir vétérinaire, elle a déjà conscience qu’elle vivra toute sa vie entourée d’animaux. Ses lacunes en sciences l’obligent à abandonner cette voie et elle se tourne vers l’ergothérapie. A 22 ans, tout juste diplômée, elle part dans le Kentucky où elle est embauchée dans un hôpital pour enfants. Si le métier ne la passionne pas plus que ça, elle se lie d’amitié avec l’une de ses collègues, Mary White, une femme fantasque et rêveuse qui lui propose de l’accompagner pour un safari au Kenya. Dian refuse par manque d’argent, mais cette rencontre provoque chez elle un déclic. L’idée de partir ne la quittera plus jamais.

Trois ans plus tard, elle emprunte l’équivalent de trois ans de salaire pour s’offrir un premier voyage qui l’emmène pendant six mois au Kenya, au Rwanda et en Tanzanie. Elle découvre, émerveillée, les animaux sauvages qu’elle admirait jusqu’ici dans les livres.

Elle a dressé avant de partir une liste de personnes importantes qu’elle souhaitait rencontrer. Sans expérience et avec un certain culot, elle a frappé à leur porte pour leur demander de l’emmener voir des gorilles.

La jeune aventurière fait ainsi la connaissance du photographe britannique Alan Root et surtout de Louis Leakey, célèbre primatologue Kényan à l’origine, quelques années plus tard, de la création de «Trimates», un groupe de trois chercheuses à qui il demande d’étudier les grands singes.

Leakey est persuadé qu’il faut faire observer les primates par des femmes car elles sont plus sensibles. Il charge la Britannique Jane Goodall d’étudier les chimpanzés en Tanzanie, la Canadienne Biruté Galdikas est quant à elle envoyée en Indonésie pour côtoyer les orangs-outans.

Manque quelqu’un pour les gorilles. De retour aux États-Unis, Dian découvre que Leakey anime une conférence près de chez elle. Elle s’y rend et le supplie de lui confier la mission. Le scientifique, frappé par la détermination de la jeune femme, finit pas accepter qu’elle fasse partie de ce trio totalement inédit.

En 1966, Dian Fossey, alors âgée de 34 ans, se rend d’abord au Congo, mais un coup d’État l’oblige à quitter le pays. Persuadée qu’elle a choisi le meilleur endroit pour observer les gorilles, elle reste au pied des montagnes des Virunga, mais installe cette fois son camp côté Rwanda. Les débuts sont difficiles. Hypocondriaque et d’une santé fragile, Dian met plusieurs semaines à s’habituer à cet environnement hostile. Résultat de recherche d'images pour "Diane Fossey maison"Elle quitte rapidement sa tente pour s’installer dans une petite maison en bois et commence ses travaux financés par la National Geographic Society.

Aucun humain n’est parvenu à s’approcher si près de ces animaux. Lorsqu’elle les observe, Dian se place à un bonne distance afin de ne pas influencer leur comportement.

Elle va changer le regard de millions d’hommes et de femmes sur ces primates, encore associés au méchant King-Kong. En scrutant leur fonctionnement en groupe, leur mode de communication et leur personnalité, elle prouve qu’ils sont doués d’intelligence et de sensibilité.

Encore plus insensé, la scientifique se lie d’amitié avec ses protégés, comme Peanuts, qui lui tend la main sur ce cliché pris par le photographe Bob Campbell (qui deviendra son amant), ou encore Digit, son préféré, un beau spécimen d’environ 5 ans, probablement orphelin de mère. Un conte de fées qui sera de courte durée…En 1977, le corps de Digit est retrouvé mutilé. Le gorille a été victime des braconniers qui coupent les mains des singes pour en faire des cendriers vendus aux touristes !!

Cette nouvelle plonge Dian dans un profond désarroi. La primatologue qui, à 40 ans passés, a décroché un doctorat en zoologie à l’université de Cambridge, commence alors une nouvelle vie.

Il y a un avant et un après Digit, Dian qui se considérait jusqu’alors comme une scientifique, se transforme en activiste, militante et gardienne des gorilles. Elle mène des campagnes parfois violentes en mettant le feu à des villages. Un combat qui la conduira à sa perte.

Le 27 décembre 1985, son corps est découvert dans sa petite maison, Dian a été assassinée à coups de machette. Trente ans plus tard, le meurtre n’a toujours pas été élucidé.

Quand elle est morte, 350 gorilles vivaient dans ces montagnes. On en recense aujourd’hui plus de 600. Si les gorilles ne sont plus pourchassés, c’est grâce à elle.

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Dian Fossey repose, selon sa volonté, à Karisoke, à côté de la tombe de Digit et au milieu d’autres gorilles.

Résultat de recherche d'images pour "Diane Fossey"Sa fondation, Dian Fossey Gorilla Fund, continue de venir en aide à ces primates qu’elle a contribué à réhabiliter.

Quelques années après la mort de Dian Fossey, le réalisateur britannique Michael Apted, décide d’adapter sa vie au cinéma. Il fait appel à Résultat de recherche d'images pour "Diane Fossey sigourney Weaver" l’actrice américaine Sigourney Weaver et part tourner durant l’été 1987 dans les montagnes du Rwanda, où vécut la primatologue. Le film, Gorilles dans la brume, sort l’année suivante et le public découvre le destin incroyable de cette femme hors norme. Un succès immense !

 

 

Madame CLAUDE, celle qui a fait trembler la république.

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Ses carnets auraient pu faire exploser la Vème République ! Madame Claude, proxénète de légende, connaissait tous les petits secrets des riches et puissants. Une certaine gloire et une terrible décadence…..

Certaines pages (des carnets) rendues publiques, mentionnent   : «Vicieux – se fait uriner sur tout le corps, mange les matières – fait le chien» Où : «Vicieux – aime être dominé, se faire fouetter, se fait sodomiser avec un gode – boit beaucoup».  Où encore : « tel homme politique aime les fessées» …

«J’ai été la meilleure maquerelle du siècle», s’enorgueillissait Madame Claude, avant d’ajouter que son but était de «rendre le vice joli». Ses «filles», pas moins de cinq cents, les plus belles de Paris disait-on, se pliaient aux désirs d’une gent masculine bien née et aux commandes du monde : Le Shah d’Iran, des ministres, des stars de la chanson et du cinéma, Gionanni Agnelli le patron de Fiat, Aristote Onassis, quelques Rothschild, des princes arabes, et même le président Kennedy. Des années durant, l’arrogante et redoutable Madame Claude s’est régalée de sa toute-puissance.

Madame Claude s’est inventé une vie, une famille, des origines. Une légende personnelle qui échappe au réel.

Si elle se dit bourgeoise et flanquée de trois frères, Fernande Grudet, née le 6 juillet 1923 à Angers, n’a en réalité qu’une soeur. Son père, ingénieur et plus tard résistant, est en réalité un bistrotier qu’un cancer a emporté en 1941. Sans diplôme ni argent, Fernande, n’a pas connu la déportation à Ravensbrück, sous l’Occupation, elle est fille-mère. A la libération, elle enterre Fernande pour se faire appeler Claude, laisse sa gosse à sa mère et monte à Paris où elle vend ses charmes.

Parmi le grand banditisme qu’elle fréquente, elle tombe amoureuse. Ce sera la seule fois de sa vie ! Elle s’entiche d’un gangster, le chef du «Gang des tractions avant». (Le gang des Tractions Avant est une bande de malfaiteurs des années d’après-guerre spécialisée dans les attaques à main armée. Certains sont issus de la Carlingue  ou « Gestapo française de la rue Lauriston » dirigée par Bonny et Lafont.  D’autres ont fait partie de la Résistance.  Le gang est indissociable de la personnalité de son chef Pierre Loutrel,  dit Pierrot-le-fou). Une passion dévorante et éphémère au terme de laquelle elle renferme définitivement son coeur.  Elle en gardera un profond mépris des hommes.

Il faut être con, ou tordu, vraiment, pour payer une fortune une partie de jambes en l’air, lance-t-elle.

Se rendant compte qu’elle a davantage la bosse des affaires que le goût de la bagatelle, en 1957, elle monte son petit commerce, un bordel mondain. L’ascension est fulgurante. Dans les années 1960 et 1970, cinq cents filles rejoignent ainsi le «cheptel» de la patronne. Esthète et perfectionniste, comme on joue à la poupée, elle cisèle ses créatures avec le soin d’un génie diabolique.

Une prostitution haut de gamme dont les tarifs sont très élevés pour l’époque : entre 1 000 et 1 500 francs pour une demi-heure ou une heure et 15 000 francs pour une nuit en moyenne. Sur chaque passe, Madame Claude prend 30%. En quelques années, elle devient ainsi millionnaire.

D’abord, je corrigeais les défauts physiques, nez, oreilles, seins. Ensuite, j’éduquais. Diction, gestuelle, culture générale. Je les travaillais parfois une année entière, quand je les lançais, elles étaient parfaites. expliquera-t-elle, avant de préciser que la qualité première des femmes est d’apprendre à savoir faire semblant.

Une confession clinique, digne d’une éleveuse, qui fait froid dans le dos. Pire, la maquerelle a recours à des «goûteurs», comme elle le dit, des hommes amenés à évaluer les capacités érotiques de ses «protégées». Parmi eux, le frère et le premier mari de l’écrivaine Françoise Sagan.

Madame Claude vend du rêve à ses employées : la promesse de faire un beau mariage. Car ses clients fortunés et prévenants font voyager les filles en première classe, les logent dans des palaces et les sortent en yacht. De son côté, Madame Claude les habille chez les plus grands couturiers, leur paie des dessous raffinés et coûteux. «C’était comme des vacances […] une façon festive de se prostituer» explique Ambre. Elle se souvient aussi :

Il y avait une fille très très belle mais très très très pauvre. Elle avait sa beauté, c’est tout. Elle était prête à faire n’importe quoi pour de l’argent. Et cette fille a eu un succès extraordinaire, elle s’est mariée avec un richissime arabe et elle est devenue multimilliardaire.

On raconte même que l’une d’entre elle est devenue marquise.

Madame Claude explique combien de jeunes femmes très bien sous tous rapports viennent à elles :

Parce qu’elle s’emmerdaient avec leur conjoint, pour se payer des babioles, par goût de l’interdit, par curiosité.

Des années durant, Madame Claude se livre ainsi à son commerce sans jamais être empêchée. En effet, à mesure que ses petits carnets noirs s’emplissent de noms de clients puissants, de leurs secrets intimes et péchés mignons sexuels, la tenancière se fait de plus en plus intouchable. Ses clients occupent des postes clés dans la politique, la diplomatie, la justice et les ministères, aucun d’entre eux n’oserait fâcher sa pourvoyeuse de cinq à sept. De son trône, elle voit se débattre ces puissants, qui ne sont que des hommes en recherche de plaisir, elle se délecte de les tenir dans le creux de la main.

Les femmes étaient envoyées comme «cadeau» par des entreprises à leurs futurs clients pour les encourager à signer de gros contrats. Ainsi, Madame Claude s’introduisit grâce à ses filles dans le monde du show business, de la politique et des affaires et devient une femme d’influence et de réseau, comme l’explique le reportage «Un jour, un destin».

Grâce à son sulfureux business, Madame Claude serait donc l’informatrice – ce qu’elle a toujours démenti – de la police et notamment de la brigade mondaine. Afin d’échapper à la justice et au fisc, elle achète ainsi sa protection en fournissant les noms de ses nombreux clients hauts placés et leurs «travers» sexuels. Des centaines de personnes dont les pratiques les plus intimes auraient été fichées pour remonter jusqu’au sommet de l’État.

De plus en plus influente, Madame Claude devient Violette, un agent des services secrets français. Aux grandes heures de la Françafrique, elle met ses filles dans les bras des hauts fonctionnaires et chefs d’État africains, tirant profit de la fameuse technique de la confession sur l’oreiller. Ses prostituées de luxe deviennent des pions sur l’échiquier de la politique étrangère française, que l’on envoie en mission en Afrique et dont les services de renseignement français débriefent les coucheries.

Au milieu des années 70, le Président tchadien François Tombalbaye en fait les frais. Confiant à l’une d’entre elles qu’il s’apprête à «lâcher» la France, il est peu de temps après victime d’un coup d’État dans laquelle il perd la vie.

Un jeu dangereux donc. Plusieurs filles auraient ainsi disparu sans laisser de trace, quand d’autres ont été retrouvées mortes dans les bras de leurs clients. Leurs dossiers ont été classés sans enquête : c’est la raison d’État.

Pour la mère maquerelle protégée sous Pompidou, le vent tourne sous Giscard. Rattrapée par la justice et les impôts, ses ennuis commencent en 1972 lorsque le fisc lui réclame 11 millions de francs (1,7 millions d’euros).

La chute s’accélère lorsque le nouveau président élu en 1974 fait le ménage. Ses protecteurs ne sont plus à des postes de pouvoir : la protégée se fait lâcher. Son influence décroît lorsque la politique de répression remplace celle du renseignement et avec la libération des mœurs, les pratiques sexuelles des uns et des autres deviennent obsolètes.

Le juge Bruguière, à partir de 1976, se lance dans une grande chasse aux sorcières, plus exactement aux maquerelles et, tandis qu’il dépèce les grands réseaux de prostitution , Mme Claude  prend ses jambes à son cou et s’exile en Amérique.

Là-bas, elle fait dans la viennoiserie, monte une chaîne de croissanteries et, derrière sa caisse, empaquette ses petits pains. Son associé la dépouille, c’est une nouvelle banqueroute. «Sortie du sexe, je n’ai pas le sens des affaires», se lamente-t-elle. Le mal du pays est tenace et sa boutique d’antan lui manque.

Alors à 62 ans, en 1985, Madame Claude pointe le bout de son nez en France.

Grand mal lui en a pris : elle est arrêtée dans une bâtisse où elle avait trouvé refuge, sur les terres de l’amie Sagan. Un détour par la case prison de Cahors, quatre mois qu’elle passera enroulée dans son vison. Libérée, elle vend des vêtements dans une boutique, terrorise les clientes, comme elle a toujours sur faire, avant de décider, à 68 ans, qu’il serait temps de rouvrir son échoppe à plaisirs. Une douzaine de filles dans son appartement parisien. Mais décidément, les temps ont bien changé, elle se fait pincer et se retrouve six mois à Fleury-Mérogis, plus arrogante que jamais, et sans vison cette fois. La fin d’un monde.

En 2000, la Parisienne s’installe à Nice, dans une solitude seulement troublée par les visites de son coiffeur et voisin de palier. Elle retrouve sa fille perdue de vue depuis vingt ans, puis survient une nouvelle fâcherie, définitive cette fois. La vieille dame est intransigeante, autoritaire, menaçante, cassante et hautaine, un char d’assaut. Mais la guerre est déjà perdue. En décembre 2013, un AVC  terrasse la mère maquerelle la plus célèbre de France, elle voudrait en finir, choisir sa mort, en Suisse, comme elle a choisi sa vie et sa liberté. Mais la mort est longue à venir. Deux ans. Une fin solitaire, désargentée et sans gloire, à 92 ans, dans la tristesse de l’hôpital public de Nice.

Beaucoup de zones d’ombre subsistent tant sur la personnalité de Fernande Grudet que sur ses activités, ses protecteurs et ses célèbres clients. Car ses forces étaient, du dire de tous,  son silence et sa discrétion. Difficile aujourd’hui pour le commun des mortels de connaître les noms de ces centaines d’hommes de son cercle qu’elle consignait pourtant dans un célèbre carnet noir.

Les filles de Mme Claude sont aujourd’hui de vieilles dames de la bourgeoisie, insoupçonnées et insoupçonnables d’avoir dans leur jeunesse appartenu au célèbre réseau. Des noms circulent toujours dans les dîners….

Madame Claude s’est envolée avec ses secrets d’alcôve et ceux de la cinquième République.

Une disparition qui aura sans doute soulagé quelques rescapés de cette «belle» époque !

Dès qu’une affaire de proxénétisme est révélée par la presse, le nom de «Madame Claude» devient un terme générique pour désigner «ces  industries» qui existent hélas toujours….

Cabourg dans les pas de Marcel Proust

Le Grand Hôtel où Proust prenait ses quartier d’été, dresse toujours son imposante façade devant la Manche.

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Cabourg, appelée «Balbec» dans l’oeuvre de Marcel Proust,

 Description de cette image, également commentée ci-après

n’a cessé d’inspirer l’écrivain. Pour soigner son asthme, il a passé plusieurs étés, entre 1907 et 1914, au célèbre Grand Hôtel, dont il a fait le décor d’A l’ombre des jeunes filles en fleurs….

Né le 10 juillet 1871 à Auteuil, qui était alors une village de l’ouest de Paris, Marcel Proust est considéré comme l’un des plus grands romanciers du XXème siècle. Son oeuvre majeure est : A la recherche du temps perdu, un roman comprenant sept tomes, écrits en 1906 et 1922 et publiés entre 1913 et 1927.

L’un des volumes les plus connus, A l’ombre des jeunes filles en fleurs, a reçu le prix Goncourt en 1919. A cela s’ajoute une correspondance abondante (22 tomes de lettres) publiées après sa mort, survenue à la suite d’une pneumonie le 18 novembre 1922.

Proust's "Room" 414 at the Grand Hotel. From a blog http://www.marclefrancois.net/article-pelerinage-proustien-au-grand-hotel-de-cabourg-48394486.html. English translation: http://translate.google.com/translate?sl=auto&tl=en&js=n&prev=_t&hl=en&ie=UTF-8&u=http%3A%2F%2Fwww.marclefrancois.net%2Farticle-pelerinage-proustien-au-grand-hotel-de-cabourg-48394486.html

Derrière la porte de la chambre 414, au quatrième étage du Grand Hôtel de Cabourg, le temps s’est arrêté. A côté d’un grand lit, un petit bureau donne sur la Manche. Rien d’exceptionnel, à première vue, dans ce cadre certes confortable, mais épuré. Sauf qu’ici ont été rédigées les plus belles pages de la littérature française du XXème siècle. Du moins le croit-on. «Rien n’indique qu’il s’agisse de la chambre exacte de Marcel Proust, souligne Jean-Paul Henriet, historien, ancien maire de Cabourg et grand spécialiste de l’auteur. «Mais peu importe. On sait que l’écrivain a séjourné à l’hôtel, dans une chambre similaire, reconstituée ici à l’identique».

En juillet 1907, le romancier, âgé de 36 ans, a peu publié et se languit à Paris. Il vient de perdre sa mère dont il était très proche et est secoué par de violentes crises d’asthme, maladie dont il souffre depuis l’enfance. En quête d’air marin, il recherche un lieu en Bretagne où passer l’été, quand il tombe sur une annonce en première page du Figaro, journal pour lequel il écrit alors. Il découvre qu’un hôtel avec tout le confort moderne vient d’ouvrir à Cabourg, cette côte normande qu’il connaît bien pour y avoir séjourné enfant et lors de son service militaire. Séduit par le charme de la petite station balnéaire qui, en ce début de XXème siècle, accueille ses premiers estivants, Marcel Proust y reviendra sept été de suite.

Comme nombre d’asthmatiques, Proust, qui redoute les crises nocturnes, dort le jour et vit la nuit. Les clients de l’hôtel ne sont pas étonnés de le voir émerger sur les coups de 15 heures dans «L’aquarium», la grande salle de déjeuner située en face de la mer. Là, le romancier s’installe et observe la vie mondaine du palace. Il discute aussi bien avec les grooms et les maîtres d’hôtel qu’avec les riches clients en villégiature. Depuis l’hôtel, il a directement accès au casino, où il passe des heures à jouer et à converser avec les représentants de l’aristocratie. Il les fait parler de leurs mœurs et de leur façon de vivre. A l’époque, c’est une société fermée, mais lui va réussir à obtenir tout un tas d’informations dont il va se servir. Riche de ces confessions et après un dîner frugal fait d’une sole et d’un café au lait, l’écrivain remonte dans sa chambre et couche toute la nuit, sur le papier, le compte-rendu de ces précieux entretiens.

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Aujourd’hui le nom du célèbre écrivain a été donné aux 3.6 kilomètres de promenade longeant la digue qui protège la ville.

Plus rarement, cet homme, qui craint le froid et porte en plein été manteau, chapeau et foulard, s’aventure sur la digue devant l’hôtel, sur la promenade qui porte aujourd’hui son nom. Il écoute des concerts et observe cette micro-société qui l’amuse et qui, encore une fois, nourrit son oeuvre. Durant ces étés, Proust découvre aussi les premiers «taximètres» qui, au départ de l’hôtel, permettent de parcourir la côte en quelques heures. Une révolution ! Il est ragaillardi par le grand air, son asthme le laisse tranquille. Ce passionné d’histoire et d’architecture visite Lisieux, Bayeux, Houlgate et s’en inspire.  «Balbec», que l’on retrouve dans A la recherche du temps perdu, est une ville tout droit sortie de l’imagination de Proust et qui se compose d’éléments puisés dans les stations normandes. La mer et la digue décrites dans A l’ombre des jeunes filles en fleurs, c’est le paysage qu’il voyait depuis la fenêtre de sa chambre, à Cabourg ; La nef de la cathédrale de Balbec, c’est celle de la cathédrale de Bayeux, explique Jean-Paul Henriet.

Résultat de recherche d'images pour "alfred Agostinelli"Alfred Agostinelli, son chauffeur rencontré à Cabourg, deviendra même plus tard son secrétaire et son grand amour : Albertine, qui a donné son nom au sixième tome de la Recherche, c’est lui.

En 1914, le Grand Hôtel est réquisitionné pour accueillir les premiers blessés de la Grande Guerre. Proust n’y remettra plus les pieds. La mer et les paysages normands de ce «temps perdu» restent heureusement à jamais gravés dans son oeuvre.

 

PARIS, dans les villages du 20ème arrondissement.

Rue de Ménilmontant — Wikipédia

Depuis ma fenêtre, je vois les tuyaux rouges et bleus de Beaubourg et de la rue des Cascades. The 'regard Saint-Martin' in rue des Cascades, Paris © French Moments #Paris #SecretParis #Belleville La rue des Cascades…le coeur battant du village. Ici, tout le monde se connaît, se salue.   À chaque fois que je sors, je croise l’aimable Raoul, vêtu de sa sempiternelle salopette, graveur venu du Mexique, qui a ouvert il y a trente ans son atelier sur des Cascades. C’est Raoul qui est à l’initiative de la création des ateliers d’artistes de Belleville, qui ouvrent leurs portes deux fois l’an. Les portes ouvertes des ateliers de Belleville cest aujourdhui et demain (dimanche concert de piano à 15h30) #Belleville #poaab2018 . Until tomorrow come to visit artists workshop in #Belleville #paris20 #parissecretD’une famille plus que modeste, Raoul a commencé à travailler à l’âge de 7 ans ; ensuite il est venu faire des études à Paris, et est devenu cet artiste généreux, dont le partage est le maître mot. Un peu plus loin, je salue Lucio, écrivain anarchiste espagnol, toujours sur le pas de sa porte, à guetter un rayon de soleil. Et voilà que passe Rodrigo, homme de théâtre chilien, toujours chic, qui joue Garcia Lorca dans les bars du quartier et anime un café-poésie nomade.

Au bout de la rue, sur la devanture du bistrot des Mésanges, une odalisque géante s’étale sur la façade ; j’ai vu la street artist 13 bis la réaliser sous mes yeux : moment magique. D’ailleurs, les graffiteurs de talent ne sont pas rares dans le XXème arrondissement. Et voilà que je croise le comédien Denis Lavant, qui semble toujours sorti d’un film de Leos Carax, et ne se déplace jamais sans un livre. Devant le Café littéraire, tenu par une prof de lettres défroquée, on cause politique et littérature.

La colline de Belleville

Le vent a chassé les nuages, je remonte la rue des Envierges ; le café Moncoeur à sorti ses tables multicolores en face du parc de Belleville, la plus belle vue sur tout Paris.Paris Parc des Buttes-Chaumont Je regarde tomber les feuilles d’or des ginkgos, puis j’entre dans le parc. Gérard, le maître-jardinier créateur du lieu, est l’âme de ce parc, le plus charmant de Paris, le plus pentu aussi. Il faut le voir tisser ensemble des végétaux que personne n’aurait eu l’idée d’accorder, et dont il fait des broderies végétales. Enfant de l’assistance, il a poussé droit grâce aux jardins, et fait partager sa passion. Il ne part jamais en vacances en été : «Le parc est bien trop fragile sous le soleil ardent», me dit-il, les mains dans la terre. À dix minutes d’ici, dans le XIXème arrondissement, il y a les Buttes-Chaumont, parc immense et fastueux, mais ceux que je préfère sont les jardins suspendus de Belleville. Parc de Belleville - Belleville - 47 conseils de 1841 visiteurs

je traverse la rue de Belleville, et me voici en plein quartier asiatique : un restaurant coréen vient de s’installer entre le Pacifique et le Lao Siam, un des meilleurs thaïlandais de Paris, son «tigre qui pleure», ( du bœuf à la citronnelle) est à tomber. J’hésite entre les raviolis coréens et le tigre en larmes….Finalement, j’entre au Pacifique, je m’installe devant le grand aquarium, je commande un canard pékinois aussi bon qu’à Pékin : Je déguste l’exquise peau craquante, en tête à tête avec les carpes aux yeux d’or.

Aujourd’hui c’est jour de marché à Belleville : je ne puis résister, je prends un bain de foule le long du boulevard, je me laisse porter par la cohue, la foule bigarrée des femmes… ici l’on trouve des fruits qu’on ne voit nulle part ailleurs. Me voici au bout du marché, devant le stand d’Afissatou, qui vend de si beaux boubous. Lestée d’un bracelet en pierre bleue, qui me portera sans doute bonheur, me voici happée par l’église NotreDame-de-la-Croix et son parvis haut perché Eglise Notre Dame de la Croix de Ménilmontant Après l’agitation frénétique du marché, cela fait du bien d’être soudain au calme, sur la place ombragée, au pied des grands marronniers. Je m’assieds devant un thé à la menthe servi avec des amandes grillées, au milieu des fumeurs de narghilés. Puis je passe devant la belle librairie de Monte-en-l’air, spécialiste de romans graphiques et livres d’artistes : Les dédicaces attirent toujours un monde fou. Je traverse l’église, respire l’odeur d’encens, ou un organiste joue. Le prêtre a exposé chasubles brodées et mitres colorées, on se serait cru dans un film de Fellini.

Le village de Charonne

J’enfile mes bottes de sept lieues, et en trois enjambées me voici au square des Saint-Simoniens : Prosper Enfantin, grand utopiste du XIXème siècle, philosophe illuminé, vécut ici, dans une demeure dont il ne reste que le parc. Au printemps, sous la ronde des cerisiers en fleurs, on se croirait au Japon. Juste en face, le cimetière du Père Lachaise, où dort l’armée des morts : Molière et Balzac y côtoient Jim Morrison et Édith Piaf.

Visit the Pere Lachaise Cemetery.The cemetery is surrounded by a stone wall that protects it from the bustle of the city. The main entrance, located on the boulevard Ménilmontant (twentieth arrondissement), is marked by a heavy gate symbolizing the boundary between the visible and the invisible, life and death. You can read the following Latin inscription: "hope is full of immortality", "Whoever believes in me, even if he is dead, he will live."Cimetiere-du-pere-lachaise © paula soler-moya - Flickr Creative Commons

Mais à l’immense Père Lachaise, aux allées de tombes, finalement assez déprimantes, je préfère le petit cimetière intime du village de Charonne, à quelques minutes : Il suffit d’enjamber la petite ceinture, l’ancienne voie de chemin de fer. Épousant la petite église Saint-Germain, le cimetière, un des plus charmants de Paris, cimetière de Charonne  rue Stendhal 75020C’est le royaume des chats, qui prennent le soleil sur les marbres lisses des tombeaux. À peine est-on assis qu’un guide bénévole et volubile vient vous faire l’article : ce lieu est sa passion, il vous raconte l’histoire tragique des enfants Malraux. Sur les conseils d’un ami, je pousse un peu plus loin, je parcours la rue Saint-Blaise, face à l’église de Charonne. J’admire les panamas dans la vitrine du chapelier, puis je découvre la place des Grès, encore une belle terrasse sous les arbres..Me voilà sur le jardin de l’hospice Debrousse, qui abrite le pavillon de l’Ermitage. Le pavillon de l'Hermitage  fut construit en 1734 pour la duchesse d’Orléans dans le parc du château de Bagnolet. Cette charmante bâtisse de pierre claire est le dernier vestige du château envolé de la duchesse d’Orléans, femme du Régent.

La Campagne à Paris

Je grimpe les escaliers de la rue du Père-Prosper-Enfantin. Et là, perchée sur la cime d’une colline : calme absolu, rêve bucolique coupé de la cohue…L’étonnante rue Irénée-Blanc, qui cercle la butte ronde de petites maisons et jardins. Le quartier de “la Campagne à Paris” sur les hauteurs du 20ème arrondissement Qui croirait qu’on est à deux pas de la porte de Bagnolet ? On entend juste le chant des oiseaux. Je dévale les escaliers du Père-Prospère-Enfantin. À côté du pavillon de l’Ermitage, j’avise un beau bistrot à l’ancienne, le Papillon Paris: Bistrot Papillon rénové par un couple de Sri-Lankais beaux comme le jour, au sourire soleil, et qui ont su, ainsi que me le confie un habitué, redonner au lieu son lustre d’antan. L’accueil est charmant, le zinc d’époque, et la cuisine aussi agréable que l’accueil. Au sortir de la campagne à Paris, je suis tombée par hasard sur un lieu qui clôt idéalement cette balade. Saluons l’ancien village de Charonne, et celles et ceux qui, parfois venus de très loin, nous apportent, en le faisant revivre, l’éclat et la joie dont nous avons tant besoin.

 

 

 

 

 

 

ARISTIDE ET MARGUERITE BOUCICAUT (XIXème siècle) LE DUO GAGNANT.

Aristide Boucicaut - Le Bon Marché — WikipédiaMarguerite Boucicaut (1816-1887), a participé à la création et à la prospérité du Bon Marché à Paris aux côtés de son mari Aristide Boucicaut et, femme d'une grande générosité, elle a montré constamment des préoccupations sociales et humanitaires. Elle a légué à sa mort son immense fortune à des œuvres de bienfaisance tout en assurant la pérennité du premier grand magasin parisien et en gratifiant ses employés.Entrepreneurs et visionnaires, les commerçants Aristide et Marguerite Boucicaut ont fondé,  AU BON MARCHÉ, modèle à l’origine des grands magasins.

Au Bon Marché (Department Store) 1952 History, Catalogue, Shop, Store Tom Keogh, Marguerite & Aristide Boucicaut, | Hprints.com

Le XIXème siècle a vu naître les grands magasins. Xavier Ruel a fondé le BHV ; Jules Jaluzot, Le Printemps ; Ernest Cognacq, La Samaritaine, et Théophile Bader, Les Galeries Lafayette. On doit le Bon Marché aux époux Boucicaut : ces derniers ont bousculé les codes du commerce de détail et imaginé un modèle qui a marqué durablement la société moderne de consommation.

Jacques-Aristide Boucicaut est né en 1810 dans une petite bourgade de Normandie. Fils d’un modeste commerçant, il doit travailler très jeune. D’abord employé dans la boutique paternelle, il devient ensuite colporteur en bonneterie. A 19 ans, il monte à Paris, où il est embauché comme vendeur Au Petit Saint-Thomas, magasin de nouveautés. Commercial hors pair, il prend rapidement du galon et est promu chef de rayon. C’est à cette époque qu’il rencontre Marguerite Guérin, pauvre et orpheline, mais également travailleuse et débrouillarde. La jeune femme a monté sa propre affaire : elle tient un bouillon qui sert toute la journée un plat unique aux ouvriers et aux employés. Marguerite et Aristide ont tous deux le goût de l’effort et le sens de l’initiative. Ils se marient en 1848. Cette même année, Aristide perd son emploi, mais rebondit vite en se faisant embaucher par Paul Videau, qui vient d’ouvrir, avec son frère Justin, un magasin baptisé «Au Bon Marché», situé dans l’angle de la rue de Sèvres et de la rue du Bac. La fibre commerciale et le génie des affaires d’Aristide se révèlent immédiatement. Sous son impulsion, la mercerie se métamorphose. Le 1er juin 1853, les Boucicaut s’associent aux frères Videau. Confiants, les époux mettent toutes leurs économies dans l’affaire. La boutique comprend alors quatre rayons et une douzaine d’employés et va progressivement devenir un grand magasin, proposant un large choix d’articles.

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Avec Aristide aux commandes, les innovations marketing et commerciales se multiplient. Elles peuvent se résumer en une phrase : désormais, le consommateur est Roi. Il peut entrer et sortir librement du magasin, sans obligation d’achat, il peut retourner un produit s’il n’est pas satisfait, acheter à crédit ; il a le droit de toucher et d’essayer la marchandise sans être importuné. Les prix sont affichés et fixes (finis, les prix «à la binette», qui variaient en fonction de la tête du client).

Aristide innove continuellement en offrant de nouveaux services, comme la livraison à domicile. Il édite dans les années 1860 son premier catalogue, permettant la vente par correspondance. Chaque saison, jusqu’à 500 000 exemplaires – accompagnés d’échantillons – sont envoyés à la clientèle, un service qui a lui seul, mobilise 150 employés. Cette nouvelle stratégie paie : la foule se presse Au Bon Marché. En dix ans, de 1853 à 1863, le chiffre d’affaires va progresser de 450 000 à 7 millions de francs. Malgré ce succès, Paul Videau est effrayé par l’audace de ses associés : Il décide de sortir de l’affaire en janvier 1863. Plus rien n’arrête alors les ambitions des Boucicaut. En 1869, il acquièrent un terrain et posent la première pierre d’un grand établissement commercial. Le nouveau Au Bon Marché sera, selon les mots de son propriétaire, «Le seul édifice spécialement construit et entièrement affecté à l’usage d’un grand commerce des nouveautés». Sous la conduite de l’architecte Louis-Charles Boileau et de l’ingénieur GUSTAVE EIFFEL, les espaces sont optimisés et magnifiés, grâce à l’alliance de la pierre, du fer et du verre.

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Ce nouveau bâtiment – dont la construction s’achèvera en 1887 – peut accueillir un large public sur une superficie de 52 800 mètres carrés. Il est organisé en 74 rayons gérés chacun par un chef, responsable de l’approvisionnement et de la vente. Le marketing et la publicité font leurs débuts avec des slogans tels que «Ici on reprend tout ce qui a cessé de plaire» ou «Chez Boucicaut, on livre à domicile aussi loin qu’un cheval peut aller dans Paris et sa banlieue». Les devantures de ce magasin moderne sont reproduites sur les catalogues, mais on les retrouve aussi sur des agendas, des papiers buvards et des plans de Paris. Chaque semaine, les enfants des clients reçoivent des images publicitaires à collectionner.

Aristide Boucicaut est également l’initiateur d’un événement promotionnel toujours en vigueur, le mois du blanc, durant lequel le linge de maison est vendu à prix réduit. En 1873, peu après les fêtes de fin d’année, alors qu’il errait dans un magasin vide, il avait imaginé cette animation afin de relancer les ventes….Et ça a fonctionné ! Autre innovation : pour capter et retenir la clientèle, le magasin dévient un lieu culturel grâce à un salon de lecture et à une galerie d’exposition.

Si les clients sont chouchoutés, les salariés ne sont pas en reste. Outre un intérêt direct à la vente, ils ont un accès gratuitement à des cours de langues étrangères, de chant, de musique et d’escrime. Ils bénéficient d’un jour de congé payé hebdomadaire, d’une médecine du travail, d’un réfectoire gratuit, d’une caisse de prévoyance, puis d’une caisse de retraite (qui sera largement financée par la fortune personnelle de Marguerite Boucicaut).

Aristide Boucicaut, est un patron qui fait rêver l’Amérique !

En 1877, Aristide meurt. Il laisse à sa veuve une entreprise réalisant un chiffre d’affaires de 72 millions de francs et employant plus de 1 700 personnes. Pendant dix ans, Marguerite va diriger seule la société, tout en poursuivant la politique commerciale et le management de son mari. En 1880, elle décide ainsi d’intéresser financièrement chaque salarié de la société. Elle décède sept ans plus tard, en 1887 dans sa villa cannoise. Ses somptueuses obsèques sont célébrées en l’église Saint-Thomas-d’Aquin à Paris. De nombreux employés, clients et amis se déplaceront pour rendre hommage à sa bonté ainsi qu’à ses accomplissements. Son testament s’inscrit dans la continuité de ses œuvres sociales et philanthropiques : elle confie à l’Assistance publique, son légataire universel, la construction d’un hôpital moderne qui portera son nom,  lègue une partie de sa fortune à des oeuvres philanthropiques, l’autre à ses employés (chacun reçoit, suivant son ancienneté, de 1 000 à 10 000 francs).

Révolutionnaires dans leur approche de la relation client, les époux Boucicaut ont contribué à la diffusion de la mode parisienne en France et à l’étranger. La presse les présentait à l’époque comme «La Bonne Dame du Bon Marché» et «L’Homme que nous envie l’Amérique».

Une succes story Française immortalisée par Emile Zola, dans son chef-d’oeuvre «Au Bonheur des Dames». Une enquête passionnante dans laquelle Zola se révèle être un grand documentariste avant l’heure.

Leur savoir faire était axé autour de trois grand principes. D’abord, ils ont placé la qualité des produits au cour des enjeux marketing de réputation et de fidélisation : Ils proposaient, par exemple, aux consommateurs non satisfaits de retourner leurs achats. Ensuite, ils ont imaginé une expérience client unique. Pour la première fois l’acte d’achat est pensé comme un moment privilégié, déconnecté des contraintes du quotidien : les articles sont présentés dans de superbes mises en scène, les enfants peuvent être gardés dans le magasin… Faire des emplettes devient dès lors un loisir à part entière. Enfin, ils ont su mettre au centre de leur stratégie la fidélisation de la clientèle, tout en s’attachant à améliorer les conditions de vie et de travail de leurs employés.

Les Parisiennes prirent l’habitude de se retrouver dans ce grand magasin, échappant un temps à l’ennui de leur vie domestique. Et, ce faisant, certaines développèrent une addiction toute nouvelle au shopping !

Bon, et Le Bon Marché aujourd’hui ?  Détruit par un incendie, il est reconstruit en 1924 par Louis-Hippolyte Boileau. Depuis 1984, le Bon Marché est propriété du groupe LVMH  (C’est le premier groupe de luxe au monde avec quelques quinze milliards de chiffre d’affaire, 59 000 employés et 60 marques)  Bernard Arnault, qui sait se montrer intraitable avec les ouvrières qu’emploie son groupe de luxe LVMH, a entrepris une grande rénovation et refonte des espaces en vue de le moderniser. Le Bon Marché, démentant sans aucun scrupule son propre nom, puisque, «bon marché» signifie «peu onéreux», Le Bon Marché donc, est devenu le grand magasin de luxe de la rive gauche, celui dans lequel la bourgeoisie parisienne est assurée de trouver le fameux «bon goût à la française».

LA VALETTE, capitale culturelle européenne 2018.

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La capitale de l’État maltais a été désignée cette année capitale européenne de la culture. C’est l’occasion de découvrir la richesse de son histoire, de son patrimoine et de son architecture.

Taillés dans la pierre typique à la douce couleur miel, les édifices classiques et baroques côtoient les lignes épurées et contemporaines du nouveau parlement et de la City Gate, la porte d’entrée de la cité fortifiée, signés Renzo Piano. Partout, en ville et dans l’île, les manifestations culturelles se succéderont jusqu’à la fin de l’année 2018.

Le Muza, le nouveau musée des arts traditionnels maltais, qui est un projet phare de La Valette 2018, devrait ouvrir ses portes en fin d’année. Il sera situé au sein de l’Auberge d’Italie, ancien fief des chevaliers transalpins de l’ordre de Malte.

SUR LES TRACES DES CHEVALIERS

Tour à tour, l’archipel maltais a été envahi par les Phéniciens, les Carthaginois, les Arabes, les Normands, les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean, puis par les anglais, avant de devenir enfin indépendant en 1964. Mais ce sont assurément les chevaliers qui ont laissé l’empreinte la plus visible.

La Valette donne le tournis ! La couleur ocre de ses immeubles aux balcons colorés, ne demandent qu’à se faire photographier. Ses petites échoppes sont la vitrine du talent artisanal de l’île. Visitez aussi les jardins et les quais : vous serez récompensé par des panoramas extraordinaires.  A la nuit tombée, l’éclairage donne une dimension magique et vous ramène au temps des Chevaliers.

St Paul Street La Valette

La capitale de la Valette doit son nom au grand maître français de l’ordre, Jean Parisot de Valette, qui a entrepris sa construction en 1566. La ville regorge de palais des XVIIè et des XVIIIè siècles, anciens hôtels particuliers des chevaliers et des nobles. Mais c’est dans la co-cathédrale Saint-Jean que l’on mesure le mieux l’importance de cet ordre de moines chevaliers. Sa façade austère ne laisse rien deviner de la profusion intérieure de dorures et de stucs, mais lorsque les portes s’ouvrent, on est éblouis…

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Bâtie entre 1573 et 1577, elle abrite des chefs-d’oeuvre comme La Décollation de saint Jean-Baptiste, seule oeuvre signée du Caravage. C’est une peinture extraordinaire, sombre, violente et dramatique.

En été, consacrez les heures les plus chaudes aux musées (climatisés!)

Le Palais des grands Maîtres : 

Malta Island   This 122-square-mile island, part of a Mediterranean archipelago south of Sicily, is rich in history.

Bâti par l’architecte maltais Girolamo Cassar en 1572, vous entrez dans le quotidien de la vie politique maltaise : Le palais abrite la Chambre des Députés, le bureau de la présidente de la république de Malte. Dans l’aile droite, le musée d’armes et armures médiévales nous rappelle combien il devait être difficile de faire la guerre avec tant de kilos de métal sur les épaules…Profitez aussi du charme et  de l’ombre du jardin, le temps d’une pause avant de poursuivre votre balade dans la Valette…

Lascaris Battery -- Lascaris War Rooms are 400 meters underneath the Upper Barracca Gardens, which is one of the best kept secrets in Malta since the Second World War.

Les Trois cités, Cospicua, Senglea et Vittoriosa, sont trois villes fortifiées face à La Valette. C’est là que se sont établis les chevaliers en arrivant sur l’île en 1530, avant la construction de leur capitale. Le fort Saint Angelo, récemment rénové, abrita le palais des Grands Maîtres de 1530 à 1574. De temps à autre, on peut assister à des reconstitutions historiques en costumes, et ses remparts offrent de splendides points de vue. Mdina, située dans les terres, était la capitale de l’île jusqu’au temps des chevaliers. Cette ville médiévale ceinte de remparts, surnommée la cité silencieuse, jouit d’une atmosphère intemporelle et ses ruelles tortueuses abritent encore les palais de nobles familles maltaises. On flâne dans les ruelles pour mieux comprendre l’histoire passionnante de Malte et de son ancienne capitale Mdina,  belle au bois dormant que l’on n’ose éveiller et qui nous fait marcher comme des pénitents, pénétrés par la solennité du décor et la profondeur du mystère de tout ce passé enseveli dans sa gravité muette. Les aficionados aux yeux d’aigle,  reconnaîtront instantanément le cadre de certaines scènes clés de Game of Thrones

UNE MER JAMAIS TRÈS ÉLOIGNÉE

L’archipel maltais bénéficie d’un climat doux et ensoleillé toute l’année et la température de l’eau ne descend jamais en dessous de 13°C. De quoi donner des envies de plongée ou de farniente.

Résultat de recherche d'images pour "La Valette COMINO plongeurs"

Comino, la plus petite des trois îles maltaises, est le paradis des plongeurs. Si elle n’accueille qu’une poignée de résidents à l’année, elle est envahie d’adeptes des fonds sous-marins qui ne rêvent que de s’immerger dans le splendide Blue Lagoon aux eaux translucides. De plus, les marées limitées et l’absence de courants font de Malte un des spots de plongée les plus sûrs au monde. La piscine naturelle St Peter’s Pool à Delimera, près de Marsaxlokk, ravi les amoureux de la baignade,  ils y admirent les reflets azur et verts de ses eaux cristallines, elle est installée à moitié immergée sur des rochers plats. L’île de Malte abrite également plusieurs criques cachées dans les recoins des falaises de calcaire.

Les amateurs de pêche et de poissons se rendent au port de Marsaxlokk pour flâner parmi les luzziRésultat de recherche d'images pour "la valette malte" ces bateaux de pêche colorés qui déchargent leurs prises du jour, tous les matins, celles-ci garnissent le marché aux poissons.

ESCAPADE À GOZO

Malte <3

À trente minutes en ferry de Malte, Gozo s’affiche comme une escapade champêtre et reposante,  cette petite île à l’atmosphère authentique et rurale est le lieu de villégiature des Maltais qui s’y reposent les week-ends et les vacances. Sa capitale Victoria, située au sommet de la plus haute colline de l’île, abrite une citadelle fortifiée et une imposante cathédrale curieusement dépourvue de dôme. C’est d’ailleurs la seule de tout l’archipel. De la forteresse, on admire le paysage alentour à 360 degrés. Plus verte que sa voisine, Gozo est plantée de garrigue, de figuiers de barbarie, d’oliviers, de vignes et d’orangers séparés par des murets de pierres sèches. Pour goûter les produits gozitains, il faut se rendre au domaine de Ta’Mena, premier complexe d’agrotourisme de l’archipel. Le propriétaire, Joseph Spiteri, nous montre son exploitation avant de nous faire déguster les produits qu’il élabore : huile d’olive, miel au thym, pâte de tomates séchées qu’on tartine sur du pain, tout cela accompagné de vins gozitains.

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Les plages de rêve de Gozo, au sable orangé, attirent aussi les visiteurs. Celle de Ramla Bay abrite dit-on,  la grotte de la nymphe Calypso. Selon la légende, elle séduisit Ulysse pour le retenir prisonnier de son amour pendant sept ans.  La plage de San Blas, à laquelle on accède par un chemin escarpé, est beaucoup moins fréquentée !

Échappées dans la nature

Si Malte est assez urbanisée sur sa côte nord-est, elle reste plus sauvage au sud-ouest et se prête volontiers à la randonnée à vélo ou à pied à la découverte de ses sites naturels. Le chemin le long des falaises de Dingli, qui culminent à 250 mètres, est propice à de belles marches et offre des points de vue spectaculaires sur la côte déchirée et la petite île de Filfla. Les sportifs y pratiquent l’escalade.

Dingli Cliffs l Malta Direct will help you plan your trip

La campagne maltaise et ses petits villages se découvrent aussi à vélo. Préférez les routes secondaires, car la circulation dense et les nids-de-poule peuvent vite s’avérer une épreuve, et gardez à l’esprit que les Maltais ont hérité des Britanniques la conduite à gauche.

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Les temples mégalithiques de Hagar Qim et de Mnajdra, au sud, sont un magnifique but de promenade. Ce sont les plus anciennes constructions en pierre de l’île. En hauteur, face à la mer, ils sont entourés de sentiers nature balisés qui permettent de jouir des vestiges archéologiques et du paysage.

UNE CUISINE AUX SAVEURS MULTIPLES

Malte a hérité d’une gastronomie qui mêle les influences arabes, grecques et italiennes. Le lapin (fenek) est le plat traditionnel maltais. Servi en ragoût, frit, rôti, avec des spaghettis ou en tourte, on le déguste à toutes les sauces ! Autre incontournable des tables locales, la ftira est l’équivalent maltais de la pizza cuite au four à bois. Les maltais  garnissent cette pâte épaisse de coulis de tomates, d’oignons, d’oeufs, d’aubergines… On peut observer leur cuisson et les déguster directement à la boulangerie traditionnelle. Les meilleurs plats à tester presque partout sont les fruits de mer frais, les poissons et les fromages locaux de brebis. Les figues récoltées en été,  sont utilisées dans de nombreux desserts et pâtisseries.

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On peut les goûter au Café Cordina, un des plus anciens salons de thé de l’île fondé en 1837 à La Valette.  Vous pouvez  admirer l’intérieur d’époque : plafond voûté recouvert de fresques de Giuseppe Cali, lustres en cristal… idéal pour une pause gourmande !

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On s’attable aussi sur la terrasse, pour déguster,  Le nougat aux noix, les gâteaux aux amandes,  les rondelles de miel et de pâte de dattes qui sont quelques-uns des délices que l’on doit goûter à La Valette. Mieux, on en glisse dans sa valise pour les  apprécier aussi  chez soi, avec sa famille ou entre amis…

Malte est une île exemplaire,  qui par ses charmes et attraits a depuis les temps les plus reculés, suscité la convoitise des hommes.  Elle  mérite  que l’on s’y attarde, tant elle a de petites merveilles à révéler – pas moins de 300 églises et autant de palais, sans compter l’une des rades les plus belles du monde et un parfum de jadis ou d’autrefois qui ne peut manquer de séduire les plus exigeants.

Art de vivre, culture, patrimoine, mer.  Que demander de mieux pour un séjour balnéaire au soleil ?

 

L’AUBE au fil des lacs

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Bulles d’eau ou de Champagne, l’Aube Pétille de toutes ses richesses. L’été les grandes étendues bleutées, comme les sirènes, attirent…..

Ah ça, je l’ai sillonné de long en large ce département de Champagne, et je le connais bien, mais il n’a pas encore fini de me surprendre. Je continue de l’explorer, séduite par la diversité de ses paysages, des berges de la Seine à celles de la rivière Aube qui lui a donné son nom, de ses plaines crayeuses à ses forêts et ses lacs. Justement, si on allait au lac ? C’est ainsi qu’on dit, ici. On va au lac. Le Lac d’Orient. 

Le nom déjà, teinté de mystère et d’exotisme, est un appel. Il est artificiel, pourtant, mais la main de l’homme a si bien œuvré qu’il se fond naturellement dans la nature sauvage. L’eau, la forêt et la terre s’unissent en harmonie, et ce mariage de raison réussi fait le bonheur des touristes comme des Aubois. Ainsi que celui des milliers d’oiseaux attirés par l’eau, les roseaux et les grands arbres.

Réguler la Seine

Et dire que personne n’en voulait, du lac ! On ne voyait pas d’un bon œil la création de ce réservoir dont le rôle premier est de réguler les eaux de la Seine afin d’éviter les crues, notamment à Paris. Convaincre les habitants n’a pas été facile et certains ont fait de la résistance ! C’est vrai qu’il a fallu noyer les chênes centenaires, des prés, une ferme et des tuileries, et déplacer le cimetière. C’était dans les années 1960 et ça n’a pas été un long fleuve tranquille ! « Le bénéfice, c’est pas pour nous mais pour les Parisiens » martelait-on dans les chaumières. Pourquoi ici ? En raison de l’endroit qui s’y prêtait. Une terre argileuse retenant les eaux, une cuvette déjà baignée d’étangs et seulement des prés – pas de cultures – aux alentours. Mais le jeu en valait la chandelle. Désormais, plus de cinquante ans après, outre son rôle de régulateur, le lac attire près de 100 000 visiteurs chaque année, tous ravis par la magie de l’endroit. Un endroit protégé, car il s’étire dans un parc naturel régional, et c’est plutôt rassurant.

En route pour la plage

De Creney-près-Troyes (ses habitants s’appellent des  Coeurlequins, joli, non ?) j’emprunte une nationale bordée de grands champs, puis je tourne sur la droite à La Belle Épine pour rouler doucement, à mon rythme, sur une départementale qui traverse des villages de charme aux maisons coquettes, dont les fenêtres fleuries de géraniums mettent en lumière les pans de bois. On a réhabilité les lavoirs et les granges dans un souci d’authenticité. Tiens ! des ailes tournent sur la butte. Non, pas une éolienne, mais le moulin à vent de Dosches, construit dans la tradition. Il se dresse pour rappeler que de telles constructions servaient à moudre le blé, avant.

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Je continue mon chemin et déjà, au loin, j’aperçois les eaux calmes dont l’horizon se mélange au ciel dans un camaïeu de bleus et de gris. Je baisse la vitre. Une bouffée d’air chaud encore chargé des  odeurs de moisson me saute au visage. Fini les blés ondulants sous la brise, les damiers jaunes des colzas, l’étendue mauve de l’œillette. Les champs, rasés de leurs cultures, s’étendent à perte de vue. Ne restent que ces boules de paille disséminées dans la plaine desséchée comme autant de bouchons dorés. Puis, au fils des kilomètres, les senteurs changent, on approche de Géraudot et de sa plage de sable fin. Si ce n’était l’odeur d’herbe mouillée qui remplace celle de la marée, on se croirait en bord de mer ! D’autant que les voiliers font miroiter leurs couleurs sous les rayons clairs et que quelques mouettes volent en rase-mottes. Le dépaysement. Les vacances, ici entre eau et forêts, prennent une saveur particulière, faite de douceur et de plaisirs simples. Baignade, jeux, pédalo, farniente….Le lac d’Orient, c’est un lieu privilégié où l’on peut faire de la plongée, pêcher aussi, de la rive ou plus loin, là où l’eau profonde prend une couleur sombre.

Le Temple de la carpe

Mais continuons notre chemin en traversant la forêt d’Orient pour atteindre Mesnil-Saint-Père. Une autre plage, un port de plaisance où s’amarrent les voiliers dont les drisses chantent dans les mâts, une jetée où se croisent les passants. On y rencontre des promeneurs qui sillonnent à pied, à bicyclette, les rives du plan d’eau, des artistes attirés par les paysages à peindre. D’autres préfèrent l’heure bleue, quand le ciel et la terre s’unissent en fondant leurs couleurs et qu’il ne reste du soleil qu’un reflet sur les ondes. Les village de Mesnil-Saint-Père a préservé son histoire, fier de ses maisons de caractère.

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La brique, production artisanale du terroir, rayonne en animant les façades.

Suivons la nationale pour atteindre Lusigny-sur-Barse où une autre plage nous accueille. Plus intime mais tout aussi plaisante. L’eau, bordée de roseaux, est douce, le sable est chaud, les arbres murmurent….Quelques presqu’îles, des anses où s’abreuvent les saules, des canards, des poules d’eau, des mares habitées de grenouilles, des barques de pêcheurs, tout respire la quiétude dans une nature généreuse.

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Une autre promenade nous conduit sur le chemin du plus grand des réservoirs. Après avoir traversé quelques charmantes communes aux églises atypiques, s’étire le Lac du Temple, réservé à la pêche. Là, c’est le calme assuré avec, pour seul bruit de fond, le concert des oiseaux et celui des rames effleurant les ondes. Mais ce nom, lac du Temple, n’a rien à voir avec la sérénité qu’il dégage ; il vient des Templiers. Ils ont laissé leurs traces un peu partout dans l’Aube et notamment ici, dans la forêt du même nom et la forêt d’Orient. Car, tout près de Troyes, on le dit, Hugues de Payns, originaire du village qui lui a donné son nom, a fondé l’ordre du Temple. Sujet inépuisable cher aux historiens d’ici ou d’ailleurs, qui fouillent terres et bois sur les traces des loges et commanderies templières, ou en quête peut-être du fameux trésor. Les étangs de Pourceaux d’ailleurs alimentent une jolie légende. «Si un jour un pêcheur attrape une carpe avec un louis d’or dans l’ouïe, c’est que le trésor est dessous». À bon entendeur…..

À l’écoute des oiseaux

Le lac du Temple communique avec le lac d’Amance qui, comme le précédent, est un réservoir de la rivière Aube. Et là, c’est encore autre chose. Certes, sa plage fait le bonheur des petits et des grands, mais, ici, pas de voiles au vent. C’est le domaine des moteurs. Bateaux et jet-skis font du bruit et des remous, procurant des sensations à ceux qui les pratiquent. Griserie et liberté… Voilà pour les grands lacs.

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Reste cette forêt qui les entoure. Comme les lacs et une soixantaine de villages, dont Brienne-le-Château (au nord du lac d’Amance) où l’âme de Napoléon Bonaparte, qui y fit ses classes, plane encore, elle fait partie du parc naturel régional de la forêt d’Orient dont la mission est de protéger l’environnement, et de mettre en valeur le patrimoine. Elle est aussi mystérieuse qu’accueillante cette forêt. Une odeur d’essences mélangées caresse les narines. On respire à pleins poumons cette nature apaisante, fourmillant de vie invisible. Pourtant, des pas de rapprochent….c’est l’homme de la forêt. Stéphane, celui qui écoute les oiseaux. C’est son métier. Il recense les espèces et son oreille initiée sait reconnaître le moindre chant parmi la cacophonie matinale. Les notes, les ritournelles, les cris d’alarme, les mélodies de la séduction….Rien ne lui échappe. Ni cet étourneau imitant le chant d’une mésange, ni le geai farceur – cousin du mainate – qui simule des bruits humains….Escale migratoire, le parc accueille aussi de nombreuses espèces pour l’hivernage, dont la grue cendrée et, plus rare, l’élégante et farouche cigogne noire.

Champagne !

Laissons pour un temps ce territoire dont la magie opère entre lacs et forêts. Champs et vergers. Prés et marécages.

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Roulons en direction d’Amance, le village aux célèbres poteries, pour rejoindre, après deux kilomètres de forêts puis de prés, les premiers coteaux où rampent les vignes offertes au soleil. De Bar-sur-Aube aux Riceys, s’étend la côte des Bar, lieu de production du fameux breuvage des rois. Ici, tout est prétexte à faire sauter le bouchon ! Et par cette chaleur, quoi de meilleur qu’une coupe bien fraîche de laquelle s’échappent des bulles fines et légères ? Une coupe bordée de buée, remplie d’un breuvage doré, si prometteuse qu’on en ressent du plaisir rien qu’à la tenir……

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Troyes, ville romantique …Si de l’âge d’or du textile il ne reste que les cheminées, Troyes, à une demi-heure du lac d’Orient, a préservé son patrimoine. Son centre a gardé son âme. La cité se révèle en petites places, tourelles, hôtels particuliers et élégantes maisons à colombages. Neuf églises se partagent une belle collection de vitraux et des sculptures qui font briller le «beau XVIème siècle» . La ville a gardé sa poésie dans un coeur en forme de bouchon de champagne. Résultat de recherche d'images pour "troyes la ville des amoureux" Un autre coeur, immense sculpté d’inox, clignote désormais la nuit sur les quais, pour rappeler que Troyes est, aussi, la ville des amoureux.

Bar-sur-Seine, EssoyesRenoir a laissé son empreinte. Mussy-sur-Seine et les Riceys, célèbre pour son rosé, le vin préféré de Louis XIV.

La balade se termine. Dejà ? J’aurais pu vous parler d’Héloïse et Abélard, de Bernard de Clairvaux et de son abbaye, de Camille Claudel et du musée qui porte son nom à Nogent-sur-Seine, et bien d’autres choses. Car, si l’été nous a conduits près de l’eau, l’Aube, c’est aussi le charme du Chaourçois, la forêt d’othe et ses mystères, et encore quelques jolies surprises de-ci de-là…..

Cheers !

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Marie Curie et Pierre Curie

Infime était la probabilité que les deux membres d’un même couple soient à la fois récompensés du prix Nobel et gratifiés d’une mort stupide : Cela s’est néanmoins produit, mais une seule fois dans l’histoire, avec les Curie !

Marie Skłodowska-Curie (1867-1934) | Winner of the Nobel Prize in Physics in 1903 (with Pierre Curie) "for their joint researches on the radiation phenomena discovered by Professor Henri Becquerel" | Winner of the Nobel Prize in Chemistry in 1911 "[for] the discovery of the elements radium and polonium, by the isolation of radium and the study of the nature and compounds of this remarkable element" | Birthplace: Warsaw, Poland

Maria Sklodowska naît à Varsovie en 1867. La jeune fille qu’elle devient est d’une intelligence exceptionnelle. Elle part en 1891 à Paris, où elle achève ses études avec un succès retentissant. Pourquoi Paris ? Non qu’il soit facile pour une femme, à l’époque, en France, de s’affirmer dans des travaux scientifiques de haute niveau, mais en Pologne, on ne lui aurait pas proposé mieux qu’infirmière ou institutrice.

Elle se marie au charmant physicien barbichu Pierre Curie en 1895. Irène naît en 1897, Ève en 1904.

À la suite des travaux d’Henri Becquerel sur les «rayons uraniques», Marie et Pierre Curie découvrent des éléments nouveaux qu’ils appellent polonium et radium. D’une bonne tonne de minerai d’uranium, ils extraient une quantité de radium infime, mais suffisante pour en déterminer la masse atomique, qui est, comme chacun sait, de 226 et des poussières. Pour leurs travaux, ils se voient décerner, conjointement à Becquerel, le prix Nobel de physique en 1903.

Ses amis lui avaient bien dit : «Pierre, tu rêvasses, tu devrais faire plus attention à la circulation, tu traverses la rue n’importe comment, il va t’arriver des bricoles !» Ce genre de sermons n’a strictement aucun effet sur un savant, on ne les profère que par acquit de conscience.

Le 19 avril 1906 en début d’après-midi, le dénommé Louis Manin mène sa voiture, lourdement chargée de vêtements destinés à la troupe et tirée par deux forts chevaux. Il remonte la rue Dauphine depuis le Pont Neuf.  Pierre Curie, quant à lui, laisse passer un fiacre, puis traverse, parapluie en main. Le fiacre s’est à peine effacé qu’il se trouve sur le chemin du cheval de gauche et l’attelage de Manin. Bousculé par les chevaux, il trébuche et tombe. Son crâne éclate sous la roue arrière gauche de la voiture. Un cerveau de cette importance, réduit en bouillie par un chargement d’effets militaires, quelle dérision ! Marie Curie ne se remettra jamais de cet effroyable accident.

Elle montre néanmoins un courage exemplaire, enseigne, cherche, instruit le monde, même sa famille, se démène pour faire vivre ses filles, travaille sans relâche puis – ce qui lui sera impitoyablement reproché – entretient une liaison amoureuse avec le physicien Paul Langevin. On comprend bien que cinq ans et demi après la mort atroce de son mari, elle ait eu envie de s’amuser un peu,  mais Mme Langevin n’est pas d’accord du tout. Nous sommes à la fin de l’année 1911 et c’est un immense scandale, la presse dénonçant l’ignoble hétaïre étrangère qui vient briser un couple exemplaire bien français. Ce qui n’empêche pas le jury Nobel de décerner de nouveau son prix à Marie Curie, en chimie cette fois, pour la détermination des caractéristiques élémentaires du radium et du polonium.

Malgré toutes les invectives, Marie Curie poursuit son oeuvre, crée l’Institut du radium, contribue à diffuser l’usage de la radiographie sur les blessés de la Grande Guerre, pour localiser les projectiles dans leurs corps, de sorte que l’extraction en soit facilitée, fait de la science comme elle en a toujours fait.

Elle contracte un cancer du sang, dont elle meurt le 4 juillet 1934 dans un sanatorium de Haute-Savoie, quelques jours après son admission. Indubitablement, c’est d’avoir manipulé des matières hautement radioactives qu’elle est morte. On ne peut pas mettre ce comportement sur le compte de l’imprudence : personne avant elle n’avait tripoté de radium puisque personne n’en avait purifié. Loin d’avoir à cette époque une quelconque notion des dangers de la radioactivité, on n’en supputait que les bienfaits.

Pierre et Marie Curie devant leur maison de Sceaux en 1895.

Pierre et de Marie Curie devant leur maison, le 26 juillet 1895.

Il y a quelque temps, un homme achète une demeure dans une province française et décide d’élaguer le lierre qui recouvre un des murs. Quelle n’est pas sa surprise de découvrir sous la végétation une plaque indiquant que Marie Curie a séjourné là.

 La propriétaire raconte : « On a acheté la maison en 1980, avec mon mari. Tout le mur d’enceinte était recouvert de lierre. Six mois après notre arrivée, mon époux veut installer un portail pour faire entrer la voiture. Il arrache le lierre. Et là, je l’entends pousser un cri. Stupeur ! Il avait découvert une plaque qui disait «Marie Curie a habité dans cette maison de 1907 à 1912. Son beau-père Eugène Curie y est mort en 1910. Plaque posée en 1950. Cinquantenaire de la découverte du radium» Mon mari était furibard. On avait oublié que Marie Curie avait vécu là ! Cette femme a découvert le radium, on met une plaque, elle est recouverte de lierre, et personne ne sait plus rien ! Ni ceux qui nous avaient vendu la maison, ni la famille qui les avait précédés, ni le notaire, ni les voisins ! Pourtant, cette plaque posée en 1950, la municipalité en avait bien référence dans ses archives… »

« Moi je me suis dit : une femme, étrangère en plus, pas étonnant qu’on s’en fiche ! », poursuit la propriétaire . Qui égrène les coïncidences. « Ce qui est particulièrement étonnant, c’est que la famille de mon mari, du côté de son père,  c’étaient des juifs polonais qui connaissaient la famille de Marie Sklodowska. Les tantes de mon mari ont même aidé Bronia, la sœur aînée de Marie, quand elle est venue faire ses études en France. »

Le mari de la propriétaire , décédé,  était cancérologue à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif. « Une fois par semaine, il avait une consultation dans le service de Frédéric Joliot à l’hôpital d’Orsay ! » Il y emprunte un compteur Geiger. « Je me souviens, nos enfants qui avaient 14, 15 ans se fichaient de lui ! Dans une petite pièce, le compteur s’est mis à cliqueter, tout le monde est venu écouter. C’était le chant du radium. Il avait trouvé des rayonnements alpha et gamma. On a compris ensuite, en voyant Marie Curie sur certaines photos à la fenêtre de cette pièce, que ce devait être son bureau. Elle a dû y faire tomber du radium. Avant sa découverte de la radioactivité, elle ne savait pas que c’était dangereux. »

La famille ne sombre pas dans l’angoisse, ne revend pas vite fait la maison en recouvrant la plaque… « On s’est plutôt demandé si les propriétaires précédents n’avaient pas fait dormir d’enfant dans cette pièce. On a joint ceux qui nous l’avaient vendue, ils nous ont donné le téléphone de leurs prédécesseurs. Et on a trouvé un enfant concerné, à qui on a fait subir des examens, négatifs heureusement. Nous, on a simplement évité d’y installer l’un de nos enfants ! »

Sur la porte de ce qui est aujourd’hui un bureau, une affichette signale avec humour qu’on pénètre en « Zone contrôlée, accès réglementé ».

Marie et Pierre Curie n’ont pas volé leur caveau au Panthéon.  Ils y ont été solennellement conduits par François Mitterand et Lech Walesa. Pour la sécurité du personnel et des visiteurs, les restes de Marie reposent dans une urne en plomb.

Reprenons. Pierre et Marie Curie,  eurent deux filles, Irène et Ève. Irène épousa Frédéric Joliot et Ève un diplomate américain, du nom de Henry Labouisse. Hélène est la fille de Frédéric et Irène. Elle a épousé en 1948 le chercheur Michel Langevin, petit-fils du physicien Paul Langevin qui était un ami du couple Curie.

Curie, Joliot, Langevin. On se croirait chez les Broglie où le génie et les prix Nobel passent les générations.

L’ASSIETTE, LE COUTEAU..

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Marco Polo en parle ; Vasco de Gamma en rapporte de Chine ; les rois l’introduisent en Europe au début du XVIème Siècle. Elle est en étain, en argent ou en or, mais surtout en faïence. Une technique gardée secrète jusqu’au XVIIIème siècle.

Si l’on parle d’assiettes au Moyen Âge, il ne s’agit pas de récipients, mais de différents services qui se succèdent au cours d’un repas : La première assiette est une sorte d’apéritif, la deuxième comporte des plats en sauce, la troisième des viandes grillées et est suivie de deux ou trois autres assiettes. On trouve éventuellement sur les tables des écuelles en bois ou en terre pour manger les potages.

Fasciné par les modes italiennes, François 1er passe commande des premières assiettes individuelles. Elle seront en étain, argent, or, mais surtout en faïence de Faenza, superbement décorées de scènes de chasse, de combats héroïques, d’animaux fabuleux. À vrai dire, elles ne servent guère à manger. Elles sont exhibées sur des dressoirs pour montrer la richesse du prince. En ce début du XVIème siècle, le fin du fin est déjà de posséder de la vaisselle en porcelaine. Marco Polo en parle en 1298, dans son récit de voyage en Chine. Vasco de Gama en rapporte en 1499. Dès 1517, les Portugais sont à Canton. En plus des épices, ils chargent leurs bateaux de ces merveilles translucides au décor stylisé sur fond blanc.

Toute l’Europe en veut. Anglais, Hollandais, Français créent des compagnies maritimes pour battre en brèche le monopole portugais. Les Chinois ravis de cet engouement, commencent à produire des modèles spécialement destinés à l’Europe où l’ont voit des marquises aux yeux bridés et des décors inspirés de gravures occidentales.

La grande affaire, c’est de percer le secret de fabrication de la porcelaine. La manufacture de Saint-Cloud, puis celle de Chantilly et de Vincennes produisent des milliers de pièces. Mais il manque toujours l’essentiel, ce fameux Kaolin, une argile blanche inconnue en Europe. Alchimistes, forbans, escrocs, tout le monde court après le secret de la porcelaine. En 1709, coup de théâtre ! À Meissen, en Allemagne, Johann Friedrich Böttger parvient à fabriquer de la porcelaine dure. Une manufacture est aussitôt créée. Le succès est au rendez-vous et les secrets de fabrication bien gardés.

En France, la manufacture de Sèvres, installée en 1756, continue à produire une très belle porcelaine tendre. Louis XV en offre à tous les souverains européens ! Madame du Barry commande un service de 322 pièces, la grande Catherine de Russie la bat à plate couture avec 706 pièces. Mais toujours pas de kaolin ! en 1768, un chirurgien des alentours de Limoges fait analyser l’argile blanche dont se sert sa femme pour laver son linge. Bonne pioche ! C’est du kaolin. Le gisement de Saint-Yrieix-la-Perche va faire la fortune de Limoges. La première manufacture est créée en 1771 sous l’impulsion de Turgot.

Après la révolution, l’industrie du luxe semble condamnée. C’est sans compter avec l’engouement de la bourgeoisie pour les services en porcelaine, et la révolution industrielle en marche. À Limoges, la machine à vapeur fait son apparition en 1850. Le train arrive en 1856. Les fabriques prospèrent. À tel point qu’en 1842 s’installe David Haviland, un Américain de New-York. Dès 1860, la production artisanale devient industrielle et la porcelaine Haviland inonde le monde entier. En 1884, grâce à la chromolithographie, vingt couleurs peuvent être imprimées sur les assiettes, tasses, soucoupes, soupières ….

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Aussi ancien que l’homme, c’est au moyen Âge que le couteau se diversifie. Au point que tout seigneur respectable se doit d’embaucher un écuyer tranchant. 

Avec les flèches, le couteau est le premier outil inventé par l’homme, il y a plus d’un million d’années. Les techniques s’affinant, les pierres taillées de silex, quartz ou obsidienne de monsieur et madame Cro-Magnon possèdent un tranchant qui peut, 25 000 ans plus tard, rivaliser avec nos actuels outils. Les lames en fer apparaissent 1 000 ans avant notre ère et sont pourvues de manches en os, en bois, en corne, en ivoire. Romains et Celtes sont les premiers à reproduire des couteaux en acier. Mais jusqu’au XVIIIème siècle, ils n’ont pas leur place sur les tables.

Au moyen âge chaque convive apporte le sien. Comme l’assiette individuelle n’a pas encore fait son apparition, on sert les viandes déjà coupées sur une épaisse tranche de pain posée sur un tranchoir en bois, en argent ou en or. C’est autour de la découpe des viandes que se développe la coutellerie. An art réservé aux seigneurs puis à des professionnels : Les écuyers tranchants. Leur attirail comprend des couteaux à large lame pour présenter des morceaux de viande, un «parepain» pour égaliser les tranches de pain et de petits «coustels» pour désosser et dénerver.

Dès le XIVème siècle, les couteaux sont à manches d’ébènes pour le Carême, d’ivoire pour Pâques, d’ivoire et d’ébène en damier pour la Pentecôte. Ils peuvent être émaillés, ornés des armes de leur possesseur ou d’enluminures, damasquinés, gainés de cuir gaufré.

À la fin du XVème siècle apparaît le couteau pliant qu’on range dans sa poche. Appelé «Kenivet», il deviendra notre canif. Les premiers couteaux à huîtres datent du moyen âge. Leur lame se replie dans le manche en actionnant un petit ressort. Il va de soi que le petit peuple se contente de lames et de manches rudimentaires. À la Renaissance, le couteau ressemble de moins en moins à une dague. Les lames peuvent être en or ou en argent. Les manches deviennent de vraies oeuvres d’art en nacre, en bois incrusté de pierres précieuses, en ivoire sculpté de scènes mythologiques ou d’animaux extraordinaires.

Le tranchage des viandes est un véritable spectacle. Chaque pays a ses règles. En Italie, l’officiant, quand il entre en scène, doit se tenir absolument droit, les pieds bien à plat et légèrement écartés, les bras vers le haut, la tête immobile, le regard grave. Il découpe à une vitesse hallucinante les tranches de viande qu’il fait voler jusqu’au centre du plat. Puis, avec la pointe du couteau, il lance avec une précision diabolique un pincée de sel qui retombe sur le rebord du plat. En cuisine, la batterie de couteaux se diversifie.  Bartolomeo Scappi, célèbre maître queux du XVIème siècle, en décrit une vingtaine, chacun ayant son rôle distinct. Depuis le Moyen Âge, les manuels de savoir-vivre répètent qu’il ne faut pas se curer les dents avec son couteau…Mais les habitudes sont tenaces. À tel point qu’on raconte que Richelieu fait promulguer un édit rendant obligatoire les pointes arrondies !

Au XVIIIème siècle, le couteau prend sa place, avec la fourchette, sur la table. La lame est en acier pour la viande et en or, argent, vermeil pour les fruits. Les manches sont en agate, en jaspe, en porcelaine. Il faut attendre le XIXè siècle pour qu’il rejoigne les cuillères et fourchettes dans la «ménagère», en raison de l’adage disant qu’offrir un couteau rompt l’amitié.

 

Plein feux sur le berceau du cinéma

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Le «château» des Frères Lumière 

A Lyon se trouve un endroit mythique pour tout cinéphile : L’institut Lumière. C’est ici, en 1895, que le cinématographe est né du talent des frères Lumière, Louis et Auguste.

Sur l’ancien site des usines familiales, dans le quartier Montplaisir, un lieu de mémoire et de conservation a vu le jour. 

3 choses à retenir sur les frères Lumière :

• Auguste et Louis sont nés dans les années 1860 à Besançon.

• Comme leur père, Antoine, ils étaient des ingénieurs et industriels. Leurs inventions ont révolutionné l’histoire du cinématographe et de la photographie.

• Ils tournèrent le premier film de l’histoire du cinéma en 1895, Sortie d’usine, et organisèrent les premières projections publiques.

A la fin du XIXème siècle, la famille Lumière s’installe dans ce quartier de Lyon, qu’elle fait vivre jusque dans les années 70, époque où la production est délocalisée et les usines abandonnées. De ce vaste espace industriel, il ne reste plus que la villa Lumière et le hangar du Premier-Film, dernier vestige du site industriel, des symboles forts de cet héritage qui reste tourné vers l’avenir.

La villa Lumière est construite par le père, Antoine, et inaugurée en 1902. Le patriarche était fasciné par la pierre et aimait jouer aux architectes, comme en témoignent ses autres créations à la Ciotat, Evian et Cap-d’Ail, les lieux de villégiature de la famille. Surnommée «Le Château Lumière» par les habitants du quartier, la demeure reflète les goûts de son créateur : mosaïques en céramique, lustres, grandes fenêtres faisant enter la lumière ou encore cheminées en marbre sculptées. L’ensemble est de style Art nouveau, où priment les formes courbes inspirées par la nature. La villa est aujourd’hui devenue musée, retraçant, grâce à sa riche collection, l’histoire du cinéma et de la famille Lumière.

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Pour pénétrer dans la propriété, il faut traverser le porche majestueux qui permettait jadis l’entrée des chevaux et des voitures. Marguerite Lumière y fut souvent vue, se promenant sans la luxueuse Renault Vivastella de son mari Auguste. Le jardin d’hiver est une petite merveille aux multiples motifs ornementaux. La verrière inonde la pièce de lumière et offre une vue dégagée sur le jardin. Cette pièce servait de lieu de vie pendant les beaux jours, mais également de serre en hiver pour les plantes de Joséphine, la mère. Viennent ensuite les grands salons, également richement décorés, qui présentent l’évolution du cinématographe, ainsi que les inventions des frères qui révolutionnèrent les techniques photographiques.

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La visite se poursuit au premier étage, que nous atteignons en empruntant un escalier à la décoration assez étonnante. Sur les murs peints se trouvent des plants de maïs dans lesquels se cache une basse-cour composée de coqs, poules et poussins, symboles de la famille Lumière. On retrouve d’ailleurs un majestueux coq sculpté dans le bois à l’amorce de la rambarde.

Résultat de recherche d'images pour "musée des frères lumières lyon chambre d'Antoine"Une fois grimpées les marches, nous découvrons la chambre d’Antoine, reconstituée dans sa configuration d’époque, et qui laisse la même impression de voyage dans le temps que le jardin d’hiver. L’endroit est chaleureux et confortable : s’y mêlent les motifs fleuris, les nuances de bois clairs, le rouge groseille et le vert olive.

Le reste de l’étage est consacré aux inventions de la famille, les gammes de produits photographiques et, plus surprenant, médicaux (le tulle gras pour soigner les grands brûlés, par exemple). Il y a également une salle de projection et des expositions de photographie.

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Sortons maintenant découvrir le parc, lieu calme et ouvert à tous. Il est agrémenté de l’exposition en plein air L’allée des Inventeurs, rendant hommage aux prédécesseurs des Lumière. C’est aussi ici que prend place, chaque mois d’octobre, le village du festival Lumière.

Résultat de recherche d'images pour "musée des frères lumières lyon  hangar du premier film"Au fond du jardin se détache la silhouette du Hangar du Premier film.  C’est ici que fut tourné Sortie d’Usine, premier film de l’histoire du cinématographe. Ce Hangar, sauvé in extremis de la destruction, est classé Monument historique en 1994. Il a été transformé en salle de cinéma en 1998. La rue qui le longe fut naturellement rebaptisée rue du Premier Film.

L’institut Lumière est un savant mélange de passé, présent et avenir. Il se veut un endroit vivant, porteur d’un bel héritage, mais surtout passeur de mémoire pour les nouvelles générations, comme en témoigne sa riche programmation d’activités et d’événements pour petits et grands. La lumière des projecteurs n’est pas près de s’éteindre.