WALLIS SIMPSON Les Joyaux de l’exil

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Elle se rêvait reine, elle en eut les bijoux, mais pas par le trône. Pour Wallis Simpson, le duc de Windsor dépensa des fortunes et les joailliers rivalisèrent d’inventivité. Un trésor de guerre….. et d’amour qui défraya la chronique.

Wallis Simpson c’est d’abord un parfum de scandale, une Américaine sans beauté particulière ni pedigree aristocratique qui fit vaciller la couronne britannique comme nulle autre intrigante avant elle.

Wallis Simpson, alias la duchesse de Windsor, fut toute sa vie auréolée d’un parfum de scandale. Orpheline née dans la misère de Baltimore, aux États-Unis, elle collectionne les amants et exerce ses charmes jusque dans les maisons closes… Beauté ravageuse, divorcée deux fois, elle séduit le prince Édouard, au grand dam de son père, le roi d’Angleterre George V, qui exècre cette « Américaine sans principes ». Avide de notoriété, elle pose au côté d’Adolf Hitler lors de voyages officiels, certains ont supposé que  sa véritable activité était celle d’espionne au service de l’Allemagne.

Fou d’elle, le prince la couvre de bijoux et de diamants puisés dans le trésor de la Couronne. en décembre 1936, celui qui est devenu le roi Édouard VIII renonce au trône par peur de perdre ce grand amour. Elle devient la femme la plus détestée de Grande-Bretagne…

 Il avait suffit d’un week-end de chasse en janvier 1931 pour que le futur roi d’Angleterre rencontre celle qui le détournerait de son trône. Wallis, elle, se voit déjà reine d’Angleterre et impératrice des Indes. Point de couronne pourtant, seulement l’exil. Doré certes, mais l’exil quand même, loin de Buckingham. Le duc de Windsor, éperdument amoureux, à la merci d’une femme que l’on dira dure et calculatrice, n’aura de cesse de faire oublier à sa belle cette injure. A coups de bijoux somptueux, de parures créées rien que pour elle. Des bijoux assortis à son décor…

‘The Windsor Heart’ Yellow Diamond. 47.14cts yellow diamond was bought by the Duke of Windsor for the Duchess (Wallis Simpson) in 1951 from Harry Winston to complement her other yellow diamond and set in a ring. The stone was later acquired by Estée Lauder, set in a pendant and sold by the Lauder family in 2012 in aid of Breast Cancer Research Foundation.:

Lorsqu’il s’agit de briller en société, Wallis n’a pas son pareil…Et parce que le chic se niche dans les détails, elle se pare de saphirs à l’heure d’apparaître dans la salle à manger bleue de son hôtel particulier du bois de Boulogne et de diamants jaunes dans la bibliothèque afin d’être assortie au sofa. Osman, un créateur anglais, explique que la duchesse «se servait du vêtement comme d’un instrument de pouvoir», les bijoux lui offriraient un pouvoir absolu sur son petit monde. Frustrée de n’avoir pas été élevée au rang d’altesse royale, comme son mari, elle règnera sur le Paris de l’après-guerre. Une reine de la vie mondaine, étincelante, autant que ses diamants.

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Deux illustres maisons vont travailler avec ce couple passionné de joaillerie à la création de l’un des plus beaux écrins du XXème siècle : Van Cleef and Arpels et Cartier. Le premier dès le début de l’idylle, dans les années 30. Notamment une parure de rubis et diamants élaborée en 1936, l’année même de l’abdication. La partie centrale de l’impressionnant collier se compose d’une chute en drapé, sertie de rubis, et amovible. Des boucles d’oreilles et broches complètent la parure. Le 3 juin 1937, le duc de Windsor qui a abandonné le trône depuis quatre mois  épouse Wallis. La mariée arbore deux bracelets qui vont marquer les esprits : un bracelet jarretière pavé de saphirs et de diamants et, à l’autre poignet, une chaîne de diamants d’où pendent une série de croix incrustées de pierre précieuses, chacune symbolisant une étape de l’histoire d’amour du couple. Un bijou signé Cartier.

Entre 1940 et 1952, Jeanne Toussaint, directrice de la création chez Cartier, imagine un bestiaire qui va combler d’aise la duchesse. Le bijou le plus connu, fabriqué en 1940, est une broche en forme de flamant rose incrustée de diamants : Le ramage, lui, est orné d’émeraudes, de rubis et de saphirs carrés. Comble du luxe , les pattes sont articulées.  Mais la duchesse, passionnée davantage par les bijoux décoratifs des années 40 et 50, raffole particulièrement des félins.

Après un vol en 1946, qui lui coûta une partie de sa collection, notamment un scintillant oiseau de paradis, la duchesse s’offrit la première de ses panthères, en or et émail noir, dressée sur une grosse émeraude cabochon. Afficher l'image d'origine Ce bijou est le premier de la série des «grands félins» de cartier, mais Jeanne Toussaint imagine ensuite d’autres trésors, plus, scintillants et techniques que jamais. Si nombre de bijoux de la duchesse furent élaborés à partir de pierres appartenant au trésor de la couronne britannique, le couple acquit aussi des pierres d’exception, notamment le diamant McLean de 31 carats, une pierre taille coussin ayant appartenu à Evalyn Walsh McLean, une milliardaire américaine, et que Wallis porterait en bague.

Le monde entier se passionne pour les vestiges de cet amour….Le trésor de Wallis est un témoin de l’histoire du couple, il en porte d’ailleurs la trace…Un message d’amour figure par exemple au dos d’une rivière de diamants offerte par le duc. Un bracelet décoré de neuf croix latines Afficher l'image d'origine porte l’inscription «God Save the King for Wallis 16.VII.36». (Dieu garde le roi pour Wallis, 16 juillet 1936) après que le roi avait été victime d’une tentative d’assassinat. Quantités de bijoux de Wallis sont gravés, rappelant un souvenir amoureux, un tendre anniversaire …

A la mort du duc, rejetée par la famille royale d’Angleterre qui ne lui pardonnera jamais vraiment le scandale de l’abdication, la duchesse devient la proie d’un entourage peu scrupuleux qui veille jalousement sur la riche veuve agonisante.

C’est sans doute pourquoi la vente aux enchères en 1987, quelques mois après la mort de la duchesse, déchaînera autant les passions. Deux cent cinquante journalistes relaient l’évènement en direct de Genève après que l’exposition des joyaux à New-York ait déplacé une foule immense. Les plus grands joaillers sont dans la salle, mais également Nadine de Rothschild Résultat de recherche d'images pour "nadine de rothschild", la chanteuse galloise Shirley Bassey, ou encore le baron et la baronne Thyssen. Liz Taylor Résultat de recherche d'images pour "liz taylor" est aussi de la partie : Elle emporte une broche de diamants Afficher l'image d'origine et se dit très heureuse que les sommes récoltées soient reversées, selon le désir de la duchesse, à l’institut Pasteur, entre autre découvreur du virus du sida, contre lequel l’actrice mène combat.

Le trésor de Wallis, estimé à trente millions de francs, rapportera finalement dix fois plus, trois cents millions de francs, soit quarante-deux millions d’euros. La duchesse de Windsor avait mentionné dans son testament que son legs ne devait pas servir à l’expérimentation animale.

 J’imagine que l’institut Pasteur,  les joailliers, les collectionneurs et les historiens du bijou lui ont été reconnaissants.

Edouard VIII, lui,  restera à jamais dans l’histoire britannique comme ce roi sans couronne, au règne bref (moins de onze mois), où, une fois n’est pas coutume, la passion a triomphé de la raison d’État. Et si, derrière cette histoire d’amour, l’abdication  «tragique » d’Édouard VIII avait été une bénédiction pour le monde démocratique ?

Train d’enfer, train train , train de vie..

Lorsque vous allez à un train d’enfer, c’est-à-dire à toute berzingue, vous risquez de perdre la vie et de vous retrouver devant trois choix : purgatoire, paradis ou enfer. La fille aînée de Louis XV, elle, avait fait son choix.  Ce serait le paradis mais à un train d’enfer.

Au ciel ! Au ciel ! Au galop ! implorait-elle sur son lit de mort.

Voilà une expression qui caricature bien notre époque. Nous sommes tous pressés, boulimiques de la vie, toujours occupés par mille choses et obsédés par l’idée de ne jamais perdre son temps. On ne fait que se hâter, se dépêcher. Notre époque nous condamne à vivre à un train d’enfer si nous ne voulons pas …mourir ou plutôt si nous voulons survivre.

Souvenez-vous, La Fontaine écrivait que la tortue allait «son train de sénateur». Sénateurs ? il ne manquait plus qu’eux dans le débat. Il est vrai que question «train-train», «train de vie» et «grand train», il savent de quoi ils parlent.

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Bienvenue au Sénat, la deuxième chambre de la République. Ici, les privilèges se distribuent en toute discrétion, et l’opacité est la règle dès qu’il s’agit de cuisine interne. Certes, l’institution édite chaque année un livret d’une soixantaine de pages sur l’utilisation de ses 323 millions d’euros de crédits, mais elle se garde bien de divulguer la version détaillée de son budget.

 Pour leur train train, les sénateurs disposent d’un palais de 35.000 m2.

Les nouveaux sénateurs sont accueillis par les dix-huit huissiers en grande tenue d’apparat, avec épée et chaîne en argent, Petite révolution: dès son élection à la tête de l'Assemblée, en 2012, Claude Bartolone a mis l'institution à la diète. sous les dorures second Empire de la luxueuse salle des conférences et la fresque de Delacroix qui orne la bibliothèque. Difficile de Peu à peu, ils découvrent les 35.000 mètres carrés du palais du Luxembourg. Une vraie petite ville avec son kiosque, son médecin, son coiffeur, ses photographes, sa cave à vins. A l’heure du déjeuner, leurs collègues plus anciens les emmènent dans les salons de Boffrand :Résultat de recherche d'images pour qui abrite les salles de restaurant avec vue sur le jardin. Résultat de recherche d'images pour Là, ils se délectent des mets préparés par un grand chef, au tarif imbattable. «Le Sénat, c’est le meilleur club de Paris, pour mener grand train ».

Tout au long de leur mandat, les sénateurs sont choyés. En arrivant, ils disposent d’une subvention pour leur équipement informatique, de quatre lignes téléphoniques et de deux fax. Une carte prépayée leur ouvre l’accès à tout le réseau des trains de la SNCF en première classe, 40 allers-retours en avion leur sont remboursés entre Paris et leur département, ainsi que les frais de taxis et de péages. Au total, l’enveloppe «transport des sénateurs» représente quelque 4,7 millions d’euros par an, soit une moyenne de 13.505 euros par sénateur. A quoi il faut additionner 1,5 million pour les multiples voyages à l’étranger. Et à l’occasion ils signent la rédaction des rapports préétablis  par les multiples groupes amis Lobbyistes.

De grasses indemnités pour leur train train quotidien.

Des avantages qui viennent s’ajouter aux indemnités des sénateurs. Les élus touchent 5.388 euros net par mois et disposent d’une enveloppe mensuelle de 6.037 euros pour leurs frais de mandat, une somme qu’ils dépensent à leur guise sans fournir aucun justificatif. Pas assez pour certains.

«Je considère que je suis mal payé, déclare à la buvette le sénateur UMP de la Meuse et ancien ministre de la Défense Gérard Longuet. Ma rémunération est équivalente à celle d’un DRH de PME ou d’un pharmacien, alors que j’œuvre à un train d’enfer pour l’intérêt du pays. Quant à l’indemnité de mandat, elle couvre à peine mes frais d’essence, de cérémonies, de communication et de double résidence.»

Afin d’améliorer leurs fins de mois, les sénateurs peuvent recourir à quelques astuces. Certains emploient en toute légalité leur femme ou un membre de leur famille avec une partie des 7.500 euros prévus pour recruter leurs collaborateurs. D’autres reversent cette manne à leur groupe politique qui leur en rétrocède une partie. La quarantaine de sénateurs qui occupent les fonctions les plus prestigieuses – questeurs, présidents de groupe – bénéficient en plus de confortables primes, à l’image du président et de ses 7.057 euros d’indemnité de fonction.

Sans oublier l’un des régimes de retraite les plus généreux de France : un mandat de six ans ouvre le droit à une retraite de 2.050 euros, deux mandats, plus de 3.000 euros, et la pension moyenne avoisine les 4.340 euros. «Mais notre caisse de retraite est toujours largement excédentaire, ironise Alain Lambert, ancien sénateur UMP de l’Orne. Car les sénateurs quittent leur fonction le plus tard possible et la plupart rêvent de mourir sénateurs !»  Pas au ciel au galop comme la fille aînée de Louis XV, mais ….

Au ciel !  Au paradis !  train train,  implorent-ils …

Les hauts fonctionnaires du Sénat surclassent largement les énarques des ministères. «Après dix-huit ans de carrière, je gagnais 10.000 euros, confie un administrateur. Et après trente ans, même sans responsabilité importante, train-train,  je serai à 15.000 euros.» Au sommet de la pyramide, les deux secrétaires généraux émargent à plus de 20.000 euros, ce qui les place parmi les tout premiers salaires de la fonction publique, bien au-dessus des 15.000 euros du vice-président du Conseil d’Etat, souvent qualifié de plus haut fonctionnaire de France.

Le Sénat a de solides réserves. Train-train, il s’est constitué un bas de laine de 108 millions d’euros, investis dans des placements sûrs, où il pioche pour ses investissements les plus lourds. Autour du palais, il est propriétaire de plusieurs immeubles rue de Vaugirard, rue Bonaparte et rue Garancière dans le prestigieux VIe arrondissement de Paris. Un patrimoine de quelque 29.000 mètres carrés. Il possède aussi le jardin du Luxembourg Résultat de recherche d'images pour "jardin du luxembourg paris france"
auquel la Haute Assemblée consacre le budget record de 12 millions d’euros par an, soit deux fois plus que ce que le musée du Louvre dépense pour le jardin des Tuileries !

Au lieu de jouer leur rôle de co-législateurs, les sénateurs envoient des copies blanches à l’Assemblée nationale, et les centaines de pages de documents préparatoires partent directement à la poubelle !

Tel sénateur embauche le fils d’un autre, et réciproquement. Tous ces arrangements, c’est toute la partie obscure qui explique les réticences d’une minorité de parlementaires pour que ça change .

Avec la fin du cumul des mandats prévu en 2017,  l’administration ne pourra de toute façon pas absorber la charge de travail liée à 348 élus qui se consacrent à 100% à leur tâche, pointe, en toute fantaisie,  un haut fonctionnaire !

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Souvent les Ministres, Députés et Sénateurs ne sont pas présents lors des Assemblées de l’Assemblée Nationale et du Sénat, soient ils ne sont tout simplement pas là, soit ils jouent sur leurs Smartphones, ou encore même ils dorment…Résultat de recherche d'images pour

ColucheRésultat de recherche d'images pour inspiré par le sacro-saint triptyque républicain, Liberté, Égalité, Fraternité qui illustre nos frontons, rigolait doucement. D’après lui, il y avait des gens «plus égaux» que d’autres. Nous roulons à deux vitesses : justice à deux vitesses, école, université, médecine, conditions de travail, régimes d’aide sociale et de retraite, culture, j’en passe et des bien pires.  D’un côté ceux qui vont à un train d’enfer pour garder leur travail précaire, de l’autre ceux qui freinent des quatre fers, pour garder leur indécent train de vie.

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Maintenant que le pays croule sous les déficits, que les impôts battent des records et qu’une bonne partie de la population peine à boucler ses fins de mois, leurs frasques deviennent difficiles à supporter.

L’argent un outil de pouvoir ?

Nous sommes tous égaux devant une commune nécessité, celle où nous nous trouvons de devoir travailler pour gagner de l’argent. Bien sûr, l’inégalité commence avec la somme d’argent reçue par chacun en échange de son travail, ou parfois sans travail du tout. Ce que les économistes nomment la hiérarchie (ou l’éventail) des salaires est plus ou moins accentuée selon les pays. En France, que l’on classe volontiers parmi les pays les moins égalitaires, la différence s’accroît encore avec le vocabulaire : Il n’existe pas moins d’une bonne douzaine de façons de gagner sa vie.

  • Un employé touche des appointements
  • Un officier ministériel perçoit des émoluments
  • Un médecin, un avocat, des honoraires
  • Un commerçant, des bénéfices
  • Un propriétaire, un loyer
  • Un fonctionnaire , un traitement
  • Un militaire, une solde
  • Un comédien, un cachet
  • Etc…

Le mot qui pourrait convenir à la plupart des cas serait le mot salaire, dont l’étymologie rappelle les temps lointains ou l’homme travaillait pour gagner son sel.

Et voici quelques unes des pensées profondes que l’argent a inspirées :

  • L’argent ne fait pas le bonheur de celui qui n’en a pas. (Boris Vian)
  • Nous ne pensons qu’à l’argent : celui qui en a pense au sien, celui qui n’en a pas pense à celui des autres (Sacha Guitry)
  • Quand j’étais jeune, je croyais que, dans la vie, l’argent était le plus important. Maintenant que je suis vieux, je le sais ! (Oscar Wilde)
  • Si l’argent ne fait pas le bonheur….Rendez-le ! (Jules Renard)

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Ces derniers temps, la fascination que l’argent exerce n’ayant fait qu’empirer, les croyants se sont dit que les seules études méritoires dans ce monde étaient la finance ou le marketing. Mais attention la vérité c’est que « le vrai riche est né pour être riche. Il est prédestiné. Il s’agit d’un destin, d’un état naturel, qui ne peut se discuter ni se refuser. C’est pourquoi les riches réservent le plus grand mépris aux nouveaux riches ». Dit autrement, pour calquer la religion monothéiste il faut considérer qu’y a des élus ou des miraculés. dans les 1% de la population mondiale. Et si les 99% leur doivent respect, ultimement, c’est parce qu’ils sont les élus du dieu argent que l’on contemplera extasié dans la lucarne de la télévision dans des émissions et des séries télé sur les riches. Très populaires. Et on comprend pourquoi. On peut ainsi prolonger l’extase du peuple lui
faisant croire dans les miracles (par définition rarissimes) de l’ascension sociale. On lui dira, pour lui laisser croire qu’il en fera un jour partie, que « les riches méritent de l’être par leur travail, leur invention, leur activité ». Mais par contre, avec la même morale, il faudra culpabiliser les pauvres. « Dans un pays de libre entreprise généralisée comme les États-unis d’Amérique, si la misère est un malheur… elle est aussi, et surtout une honte ». La preuve que si vous avez manqué de travail, de persévérance, de rigueur, pour ne pas avoir suivi à la lettre les conseils donnés par les apôtres de l’argent, vous avez mérité votre échec. « Toutes les portes leur étaient ouvertes, toutes les armes fournies ».  Donc vous êtes responsable de votre état lamentable et vous méritez le blâme ; la pauvreté est « le fruit d’une activité « immorale ». Tout pauvre est suspect, c’est un assisté. Tout pauvre a commis une faute. Il la paie. Par effet de miroir, tout riche est méritoire et doit être félicité. Peut être même récompensé » ! Fascination ultime : la société doit idolâtrer et couvrir d’or les très riches pour leur richesse et vilipender et mépriser les pauvres pour leur indécrottable pauvreté. Ou bien vous êtes de basse naissance et vous devrez ramer pour survivre ou vous n’avez pas bien appris les leçons du capital et c’est bien fait pour vous si vous galérez. Mais vous pouvez élever vos regards vers le ciel et regarder ….

Depuis plus de 200 ans dans le système de gouvernement représentatif  l’argent permet de se faire élire et de s’acoquiner de plus en plus étroitement avec les puissances de l’argent. L’intrication est telle qu’au final la volonté politique sert majoritairement les intérêts des 1%  bien plus qu’elle ne se met à la disposition du bien commun pour les 99%. Historiquement, le gouvernement représentatif a été fondé par la bourgeoisie montante et elle ne s’est même pas cachée pour dire que le gouvernement représentatif n’était pas la démocratie. … il ne restait plus qu’à inventer en direction des masses la plus extraordinaire supercherie : prétendre que nous étions en démocratie, que la démocratie était notre conquête, alors même que nous n’avons eu de cesse, décennie après décennie, de construire en sous-main une oligarchie  financière.

C’est la même histoire qui continue et l’homme n’a pas changé. La même avidité, mais surmultipliée, magnifiée,  sans que l’on y prenne garde. La même démesure démentielle de l’ego devenue le mot d’ordre de la dernière idéologie qui tienne encore debout, le profit. Il fallait une sacrée propagande pour nous faire avaler le contraire en prétendant que le système laissé à lui-même allait se « réguler ». Ah « la main invisible  » ! Parangon de toutes les vertus. Le « marché » ! Ce tour de magie a été accompli dans le discours des économistes libéraux qui, par un enchantement prodigieux, sont parvenus à nous faire croire que nous pourrions ne tirer de la dette que des avantages, sans qu’elle ne vienne gangrener nos libertés… En les rendant fictives. Illusoires. Il fallait donc lors de la crise de 2008  « sauver les banques ». C’est incroyable les sommes d’argent que l’on peut trouver pour les banques, des milliards, quand on doit par ailleurs mendier auprès de l’État pour le service véritable du bien commun !

Le système économique actuel est ainsi fait que s’il n’y avait pas de dette contractée auprès des banques, il n’y aurait pas d’argent du tout ! Pas de dettes, pas d’argent. Donc, non seulement il faudrait un jubilé des dettes, mais immédiatement après une réforme radicale du système économique. Rendre la monnaie aux citoyens. Notre situation est bien plus dramatique que ce que laisse circuler à tire d’informations les mass média quand elles parlent de la « crise ».

Ce qui en bas relèverait du crime  devient en haut des «frasques».
Quand l’argent nimbe de ses flagrances irrésistibles le vice, le vice cesse d’être identifié comme tel et devient « normal » pour un ordre du monde qui n’appartient qu’aux puissants. … qui doivent vivre sous la férule des lois, mais qui rêvent d’une liberté fantasque que l’argent seul promet. Penser à l’intérieur de ce brouillard de représentations confuses   étourdit tout jugement critique et empêche de voir les choses comme elles sont.

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Au risque de me répéter,  l’essence du capitalisme  réside dans l’accroissement du capital, donc du profit,  il en résulte que dans le système économique qui est le nôtre, la richesse se mesure aux bénéfices générés et surtout accumulés, donc dans les sommes déposées sur des comptes en banques : du capital.  Dans la plupart des pays développés, la part des revenus détenus par les 10% les plus riches a fortement augmenté depuis 2007 et celle des 40% les plus pauvres a diminué. Tous ces chiffres parlent de l’argent déposé sur des comptes en banque  et si les riches ne connaissent pas la crise, c’est bien évidemment que la monnaie n’a plus du tout la fonction qui devrait être la sienne.

Le fonctionnement de l’argent est aliéné dans un système financier qui se contrefiche du bien commun. Ce que nous avons oublié, c’est que la fonction première de l’argent n’est pas d’être une richesse, mais seulement un intermédiaire  pour faciliter l’échange des vraies richesses. Les surimpositions maladives que nous avons projetées sur l’argent ont fini par nous mettre dans une situation démentielle où paradoxalement l’argent manque et où les richesses abondent. Et nous filons notre existence légère de consommateur, le nez en l’air, au milieu des contradictions les plus folles en attendant qu’elles nous éclatent à la figure. Il y a des gens qui passent leurs journées avec l’estomac vide, et on jette à la poubelle en moyenne 43 % de notre nourriture. On n’a pas d’argent pour payer des infirmières et des profs dont on a cruellement besoin, mais il y a des montagnes d’argent qui sortent des contribuables pour aller vers les banques. Pour quoi faire ? Pour alimenter des jeux de casino stériles. Ce sont les mêmes politiques qui disent que nous manquons d’argent et qui laissent une manne financière prodigieuse dormir dans des paradis fiscaux. Des personnes pleines de dévouement et d’abnégation reçoivent un salaire de misère et on balance l’argent public à la pelle dans des dépenses de prestige. Un chercheur qui se démène pour trouver un remède à une maladie doit quémander de l’argent partout et on jette des fortunes, par exemple,  à la figure des vedettes du sport. L’argent qui dort, qui s’accumule à foison et que l’on fait grossir au casino ne sert à rien, et partout il manque là justement où les initiatives se lèvent où l’énergie se dépense de manière vraiment utile. Mais voilà… c’est trop bête ! Il n’y a pas de « moyens ! ». Les riches pourraient se rendre utiles en servant ceux qui travaillent, mais voilà, le fin du fin dans le monde de l’argent, c’est de ne pas le dépenser, … mais de le placer pour en obtenir encore plus, afin d’en avoir encore plus, faire plus de profit pour en avoir encore plus, même si cela ne sert qu’à vouloir jouir de toutes les formes de pouvoir que  donne l’argent, à commencer par la possibilité de transgresser en toutes circonstances la loi commune pour y substituer la sienne. Et au bout du compte, ceux-là qui sont les plus riches, les 1%, lors d’une crise financière, coûteront très cher aux 99% (les pauvres qui devront payer aux riches), car il faudra renflouer les banques sur le dos du contribuable. Une ligne d’écriture informatique sur un compte qui ne sert à rien vaut plus que le bien-être de centaines de milliers de personnes. Parce que filtrée par les croyances inconscientes, elle gonfle d’importance celui qui en dispose et que les masses sont étrangement subjuguées devant ces gens qui semblent bien plus puissants, puisqu’ils sont très riches. Une époque qui marche sur la tête, avec des images de jeunes gens du monde entier se révoltant contre la misère.

On se moque trop facilement de tant de chefs d’ Etat africains, dont le seul but est de se constituer d’immenses fortunes personnelles au dépens de leurs peuples maintenus dans la misère, alors qu’ils n’ont été que l’avant-garde d’une évolution générale.