Les LANDES. Des charmes cachés !

Combien de fois ai-je entendu cette phrase :

Il n’y a rien à voir dans les Landes.

Je vais essayer de vous en faire découvrir ses charmes, hors des sentiers battus.

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Ne vous attendez pas à ce que surgisse un berger juché sur ses échasses, surveillant son troupeau de moutons. Ils sont couchés dans les livres d’images. Certains ont disparu au fond des marécages depuis que, selon la volonté de Napoléon III, on a planté une forêt de pins qui les ont asséchés.

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Les conifères se pressent par milliers le long de routes rectilignes, sur des distances telles qu’une poignante monotonie nous étreint ; d’où le sentiment qu’à part ces géants habillés de vert, hiver comme été, les Landes n’offrent que peu d’intérêt. L’âme des bergers subsiste pourtant, il suffit d’écouter le vent, porteur de mémoire. Depuis quelques années, un pâtre nostalgique de cette époque révolue a endossé la houppelande ; il parcourt le pays sur ses tchanques et il a ressuscité la transhumance.

Tournons cette page de poésie pour nous arrêter à Solférino. Ici plane le fantôme de Napoléon III. Sur l’impulsion de l’empereur, des essais de culture ont été faits, notamment de coton. Le long d’une route s’alignent des cottages autrefois occupés par les ouvriers. Un musée désormais fermé gardait le vélo et l’appareil photo de Félix Arnaudin avec lesquels ce collecteur de souvenirs sillonnait la région. Aujourd’hui, ces deux témoins de l’histoire régionale sont visibles au musée d’Aquitaine, à Bordeaux. Solférino demeure, émouvant village oublié au coeur de la lande, comme un reflet d’autrefois.

Du pétrole et des vaches

Naguère aussi oublié que Solférino, Parentis-en-Born s’est soudain réveillé pour devenir un Dallas en miniature. En 1953, le pétrole a jailli.

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De la forêt et des eaux du lac ont émergé des puits. Le village a grandi, est sorti de l’anonymat. Aujourd’hui l’or noir coule toujours. Des structures d’accueil se sont développées et attirent bien des visiteurs. Lorsque j’ai appris que des courses de vaches avaient lieu dans des arènes, j’en suis restée abasourdie : «Ils sont fous ces Landais !» Je précise  que je réprouve fortement les corridas. On Visite l’église et on remarque une porte basse murée flanquée d’un petit bénitier. Durant plusieurs siècles, une communauté fut mise au ban de la société. Ces gens, on les appelait les 〈cagots〉 soi-disant descendants des lépreux, ce qui expliquerait cette discrimination. Ils n’avaient pas le droit d’entrer dans les églises que par ces portes basses, en courbant l’échine dans une attitude d’insupportable soumission !

On mange des gâteaux aux pignons dont ce village du pays de Born s’est fait une spécialité. La myrtille y est reine, comme l’asperge qui se plaît dans ce sol pulvérulent. Ici, nous dit-on le miel de bruyère a le goût du bonheur. On le goutte,  Je préfère le miel d’acacia …Au bord du lac commun à Parentis et Biscarrosse paissent des vaches écossaises qui entretiennent la vraie nature de ces prairies et paysages lacustres.

Le lac de Sanguinet

Le Lac de Sanguinet

Dix minutes en voiture et nous voici à Biscarrosse. Des boutiques s’ouvrent sur une place, les promeneurs s’attardent. Il fait si bon flâner ! Quelques kilomètres séparent le bourg des vastes plages blondes. L’hiver y est,  parait-il,  tiède et doux comme le sable. De nombreux lacs jalonnent le littoral. Comment se sont-ils formés ? Sous l’effet des vents du large, les dunes se font, se défont et le sable a obstrué les estuaires des fleuves côtiers. Le meilleur exemple se trouve à Sanguinet. Des plongeurs extraient des fonds vaseux maints objets témoignant de la présence humaine à l’époque gallo-romaine. Certains usuels, d’autres très rares. On découvre le passé de la petite cité, l’antique Losa, dans le musée qu’elle a créé. Et l’on peut profiter de son lac pour naviguer et se baigner.

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Domaine du duc de Westminster

Plus tard au sud, Mimizan mérite une halte : la mer, un lac que surplombe Woolsack, domaine du duc de Westminster qui venait y chasser le sanglier, et Winston Churchil y peindre la nature. Coco Chanel loua une maison pour offrir à ses cousettes les premiers congés payés. Le portail monumental de l’abbaye est un livre de pierre ouvert sur des scènes de la vie rurale. Bâtie entre le bourg et la plage, elle a failli disparaître, engloutie dans les sables mouvants. À proximité s’élève une petite pyramide, vestige d’une sauveté, refuge où même les criminels bénéficiaient de l’immunité. Au loin mugit l’océan.  La D41 nous amène à Lévignac, ravissant village où les maisonnettes rivalisent de coquetterie. Un ruisseau le traverse en glougloutant. On poursuit vers le littoral, les mouettes nous offrent un ballet et nous saluent de leurs cris. Sans quitter la côte, on arrive à Hossegor qui nous attend dans l’un de ses restaurant pour une dégustation d’huitres au bord de son lac marin. Il se remplit et se vide au rythme des marées.

Maisons près du lac d'Hossegor #landes #hossegor #lac #nature #lake #house

Nous faisons le tour du lac pour apprécier les belles demeures qui se mirent dans ses eaux. Cela fait beaucoup d’eau ! Sachez cependant que les Landes produisent un délicieux vin de sable !

Nous remontons dans les terres jusqu’à Dax, réputée pour ses boues. Dans ce pays de sable et d’eau, nombreuses sont les fontaines dites miraculeuses.

Fontaine chaude - Dax

Dax, fontaine chaude

Une légende raconte….Un légionnaire romain avait un chien perclus de rhumatismes. La sachant incapable de le suivre, il le jeta dans l’Adour pour le noyer. (Charmant !) Quelle ne fut sa surprise de le retrouver fringant au retour de sa campagne. La boue dans laquelle il s’était vautré sur la rive du fleuve l’avait revigoré. Il venait d’initier le thermalisme et ses bienfaits. Au musée de Borda on peut voir les restes des fondations d’une basilique édifiée par les Romains au début de notre ère. Ce ne sont pas les seuls atouts de cette ville charmante où subsistent des remparts, où le shopping  est roi et que traverse l’Adour qui rime si joliment avec amour… Plus à l’est, Brassempouy, devenu célèbre grâce à la dame à la capuche, She's a jar... with a heavy lid... | Head of a woman known as the  “Venus of... une statuette en ivoire sculpté, première représentation de visage humain : Une merveille de finesse et d’élégance âgée de 25 000 ans ! Un musée nous transporte au coeur de la préhistoire pour mettre nos pas dans ceux de nos ancêtres. Émerveillement garanti pour les amoureux de cette époque lointaine.

Du gras et des ballons

Connaissez-vous les Festivolailles ? Ces marchés au gras nous ramènent à des découvertes plus gustatives. Entre le confit, le magret frais ou fumé et le suprême foie gras fermier, le canard nous donne rendez-vous en différents lieux pour goûter à ces délices du palais arrosés d’un vin de Tursan. Les Landais le servent dans du Samadet,  cette fameuse vaisselle dont le village éponyme perpétue l’art, ô combien noble, né dans l’ancienne faïencerie royale. Musée de la faïence à Samadet. On se mêle à la foule des vendeurs et des acheteurs. Ici, on soupèse, on tâte, on compare, on marchande. On palabre longuement avant de conclure. Et l’on repart avec, dans son panier, de quoi festoyer dignement.

Les berges de la Midouze #montdemarsan #landes #riviere #berges #cloud

Terminons ce périple à Mont-de-Marsan, la ville aux trois rivières : de la rencontre de la Douze et du Midou naquit la Midouze. On flâne le long des berges par l’ancien chemin de halage. De portes ouvertes nous parviennent des éclats de voix : on parle rugby, on s’échauffe. Ici la star, c’est le ballon ovale. Il n’est que d’entendre les supporters s’enflammer et les ovations s’élever dans des gradins. Les fêtes y sont nombreuses, car dans ce pays du bien manger, dont le cœur bat au rythme des flonflons, on sait se divertir et donner libre cour à sa formidable joie de vivre !

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Peut-on encore affirmer qu’il n’y a rien à voir dans les Landes ?

Jean de La Fontaine, l’auteur de près de 250 fables

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Trois siècles après leur parution, les Fables de La Fontaine continuent d’être récitées par les enfants. Malgré leur apparente puérilité, les Fables laissent deviner les idées de leur auteur, notamment son pessimisme. 

Jean de La Fontaine naît à Château-Thierry (Aisne) le 8 juillet 1621. Son père était maître des Eaux et Forêts et capitaine des Chasses.

Une jeunesse sans soucis.

Après le collège, il entre en 1641 à l’Oratoire, où il mène une vie monacale qui ne l’intéresse pas plus que le travail scolaire. Il quitte l’établissement 18 mois plus tard. En 1649, il décroche un diplôme d’avocat. En 1647, son père le marie à une jeune fille de 14 ans, Marie Héricart. En 1652, il retourne à Château-Thierry et hérite de la charge paternelle de maître des Eaux et Forêts. Ne parvenant pas à exercer cette lourde tâche, il revend la charge. 

Préciosité et Libertinage 

Quand il se rend à Paris, il fréquente les société précieuses et libertines. Sa vocation poétique s’éveille de plus en plus. Il passe de longues heures à lire, traduit l’Eunuque de Térence, compose un poème, Adonis, qu’il offre à Nicolas Fouquet. Au moment de la chute de Fouquet, La Fontaine reste son plus fidèle défenseur. Cette fidélité lui vaut la haine de Colbert, puis celle de Louis XIV lui-même. 

Ses protecteurs : 

Après Fouquet, il devient le protégé de la duchesse d’Orléans. En 1673, Mme de La Sablière le recueille et, après la mort de celle-ci en 1693, Mme d’Hervart. En 1684, il est élu à l’Académie française. Il y retrouve ses amis Boileau, Perrault et Furetière. Malade, il meurt chez ses derniers protecteurs, le couple d’Hervart

La FONTAINE a-t-il inventé la fable ?

Non, la fable est une forme littéraire très ancienne. Après avoir été longtemps oubliée, La Fontaine l’a remise au goût du jour. Avant lui, le fabuliste le plus célèbre est le Grec Ésope, mais aussi de Phèdre, du Moyen Age et du XVIe siècle. Il s’inspire aussi des légendes orientales, et notamment des récits exotiques de l’Indien Pilpay. Comme il le dit lui-même : «Mon imitation n’est point un esclavage,  / Je ne prends que l’idée, et les tours et les lois,/ Que nos maîtres suivaient eux-même autrefois…» Il essaie, en fait, de créer un genre nouveau. Son originalité réside d’abord dans la transposition de la prose en vers. Il se distingue aussi par un effort constant de la variation, afin que le lecteur ne s’ennuie pas.  Autre nouveauté : on ne trouve plus, comme chez Ésope, de sèche moralité à la fin du conte. La Fontaine s’amuse à en varier constamment à la place. Lorsqu’il arrive que celle-ci soit trop claire, il la supprime. Après lui, la fable devient une mode et influence des auteurs comme Perrault, Mme de Villedieu, ou encore Furetière. 

Une comédie animale et humaine. C’est ainsi que La Fontaine définit son recueil.

 

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Le fabuliste explique que ce sont toujours des hommes qui se cachent derrière les animaux : «Ce n’est pas aux hérons que je parle ; écoutez, humains.» Quelque 180 animaux peuplent ses fables. Parmi eux, il y a les puissants et les faibles. Les «Forts» sont souvent des carnivores (le lion, le loup, le renard, le chat…), des rapaces (le vautour, l’aigle…). Les victimes, ou «faibles», sont généralement symbolisées par l’agneau, l’âne ou la souris. Mais tous les personnages n’entrent pas forcément dans l’une de ces catégories. Les animaux utilisant la ruse peuvent parvenir à changer de classe : c’est le cas du renard ou du singe. 

L’Art d’instruire :

Les messages du premier recueil présentent une morale traditionnelle. La Fontaine signale au lecteur les dangers qui le menacent. Il lui propose de se contenter d’un bonheur simple. Il lui conseille de se méfier des autres, d’utiliser la ruse plutôt que la force brutale et, enfin, de ne compter que sur lui-même. Dans le 2ème recueil , il insiste souvent sur l’idée que l’homme est sot, avide et superficiel. Il l’accuse d’ingratitude, de cruauté et de manque de piété envers Dieu. Selon lui, il faut accepter la mort, savoir profiter de l’amitié, chercher la retraite dans la nature et respecter les autres peuples. Le fabuliste affirme aussi des idées politiques. Il défend la monarchie contre la démocratie, à condition que le peuple soit solidaire de son roi. Par ailleurs, la Fontaine est un catholique convaincu. Selon lui, seul Dieu peut guider les hommes. La sagesse passe par un équilibre entre l’âme et le corps. L’homme doit s’accepter tel qu’il est, supprimer ses désirs et ses passions. La Fontaine lui conseille de rester chez lui, de ne pas voyager ni de s’intéresser à la science. La sagesse passe par l’épicurisme : L’homme doit profiter de la vie, de façon modeste, en jouissant des biens que lui offre la nature. 

L’Art de divertir :

La Fontaine n’est pas un donneur de leçons. D’ailleurs, il sait ridiculiser les beaux discours, à l’image de celui du Pédant faisant la morale à l’Enfant qui se noie. Pour ne pas ennuyer le lecteur, il a recours au comique. La confusion qui règne entre le monde animal, humain, minéral, végétal et mythologique complique les récits. Mais elle permet surtout de jouer sur les mots et les situations. La Fontaine utilise la moquerie et la satire pour attaquer les vices. Le comique de description passe par la caricature. Celle du renard «Serrant la queue, et portant bas l’oreille» ou encore celle du Héron «au long bec emmanché d’un long cou». Les exemples de comique de geste sont également nombreux [L’Âne «se vautrant, grattant, et frottant»]. Enfin, l’auteur utilise aussi le comique de caractère pour grossir le défaut d’un personnage : La légèreté de la Cigale et l’avarice de la Fourmi, l’hypocrisie du Renard et la vanité du Corbeau. 

Son mot d’ordre : Plaire «On ne considère en France que ce qui plaît ; c’est la grande règle et pour ainsi dire la seule». Disait-il dans sa préface.  

Bien sûr, c’est la manière de dire les choses qui les rend légères ou sérieuses. La Fontaine joue sur le décalage. La fable est traditionnellement un genre qui s’adresse aux enfants. Or il est évident que La Fontaine a écrit cela pour les adultes. Les Fables de La Fontaine sont d’une richesse inépuisable. Mais elles sont également un texte difficile, pour les enfants comme pour les adultes.  Le langage de La Fontaine est en voie d’archaïsme. Il fait des allusions au langage savant. Son style est très allusif car il a souvent recours à l’ellipse. Tout cela fait que les Fables ne sont pas compréhensibles facilement. 

 

Par exemple : 

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Un loup affamé et affaibli rencontre un chien gras, beau et puissant. Le loup fait des compliments au chien qu’il admire, et celui-ci lui dit que si il veut être aussi bien soigné que lui, il n’a qu’à le suivre, et obéir à son Maître. Mais la contrepartie de ces soins est que le chien est attaché et qu’il est au service son Maître, justement. Le loup lui répond qu’il préfère être affamé mais libre, que bien nourri et asservi.

La morale de cette histoire est que la liberté n’a pas de prix. Il vaut mieux être libre mais affamé, que bien nourri mais attaché.

La dangereuse percée de la pensée complotiste

De quoi parle-t-on quand on parle de «COMPLOT»

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Quand on cherche à nuire, il est plus facile et plus efficace de le faire en équipe et secrètement. C’est le principe du complot, nommé aussi «conspiration» (parfois, on dit que la conspiration implique plus de personnes, qu’elle est plus élaborée, mais toutes les définitions ne sont pas unanimes et, en français, les deux mots sont la plupart du temps présentés comme des synonymes, tandis que dans le monde anglo-saxon, seul le terme conspiracy a été conservé). 

On complote quand on a l’intention de nuire à une personne, un groupe de personnes, un pouvoir en place ou un pays entier, dans le but d’obtenir un avantage ou de tourner une situation en sa faveur. Pour pouvoir parler de «complot», il faut aussi que le projet soit tenu secret. Le nombre de participants peut varier, mais il faut obligatoirement plusieurs personnes pour fomenter un complot ; seul c’est impossible. Quant au méthodes, elles sont variables : on peut manipuler des situations, falsifier des documents, avoir recours à l’assassinat ou à l’enlèvement. Un complot implique souvent la manipulation et le contrôle de l’information, ne serait-ce que pour maintenir le projet secret, mais parfois aussi pour influer sur l’opinion publique. 

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On trouve dans l’histoire un certain nombre de complots célèbres, comme celui de la dépêche d’Ems. En 1870, la France redoutait la puissance prussienne. Le trône d’Espagne était vacant, et le candidat le plus probable était un prince allemand. Les Français demandèrent diplomatiquement le retrait de ce candidat, ce qu’ils obtinrent. La situation semblait donc aller vers l’apaisement, mais Bismarck, chancelier de Prusse, et quelques uns de ses sbires, déformèrent légèrement la dépêche (provenant de la ville d’Ems) qui confirmait ce retrait. Le ton, plus sec, donna aux Français une impression de provocation de la part des Prussiens. L’intérêt de Bismarck était de créer un conflit, ce qui fonctionna parfaitement : la France déclara la guerre à la Prusse, et la perdit. Cette anecdote véridique est un bel exemple de complot réussi, par simple manipulation d’un document. 

La cabale est un autre type de complot qui vise plutôt à détruire la réputation d’un individu.

On parle aussi de «machination». Dans le passé, des cabales ont par exemple été lancées contre des pièces de Molière (considérées comme offensantes par certains petits groupes) afin d’empêcher leur succès. Mais c’est peu fréquent aujourd’hui. Lors de l’affaire DSK, certains se sont empressés de parler de «cabale» ; les accusations d’agression sexuelle portées contre D.Strauss-Kahn étaient selon eux une machination destinée à le discréditer pour l’empêcher de se présenter à l’élection présidentielle de 2012. DSK l’a lui-même suggéré dans une interview télévisée, mais comme il a par ailleurs choisi d’éviter un procès en dédommageant financièrement la plaignante, il est impossible de connaître le fin mot de l’histoire. Même si nous le devinons facilement, au vu des accusations portées contre lui ensuite.

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Complot, conspiration, cabale et machination reposent sur le secret. Paradoxalement, ils sont toujours véhiculés par la rumeur. La rumeur est invérifiable, on ne connaît pas son origine (elle peut d’ailleurs en avoir plusieurs, plus ou moins simultanées), elle peut être partiellement vraie ou entièrement fausse. 

Et le méga-complot, ça existe ?


De nos jours, on entend souvent parler d’un «nouvel ordre mondial». Cette expression très vague est en général utilisée pour désigner la mise en oeuvre d’un complot planétaire.

Elle a une origine : le titre d’un livre d’H.G.WELLS publié en 1940, The New World Order, où l’auteur évoque la possibilité d’un gouvernement mondial unique et l’établissement d’une liste de droits que tous les humains devraient posséder. Plus récemment, c’est George Bush père qui dans un discours au Congrès en 1990 a parlé d’un «nouvel ordre mondial (…) une nouvelle ère, moins menacée par la terreur».  Son souhait était de décrire une inflexion dans la diplomatie américaine et les relations internationales. Pourtant, l’expression a aujourd’hui une connotation beaucoup plus large et parfois très éloignée de son origine. Selon certains, le nouvel ordre mondial existe déjà car le petit groupe qui dirige le monde en secret a atteint son objectif ; selon d’autres, cela ne saurait tarder. En tous les cas, c’est dans cette grille de lecture univoque que l’on trouve le plus haut degré d’irrationalité. 

On peut distinguer les théories du complot, c’est-à-dire le fait d’expliquer un événement que l’on ne comprend pas par d’hypothétiques complots, de l’expression au singulier, qui englobe tous les événements pour supposer qu’ils émanent d’un unique complot. On peut alors parler de «conspirationnisme», car l’existence d’un complot d’une telle ampleur n’a jamais été prouvée et paraît à l’heure actuelle parfaitement délirante. 

A quels indices repère-t-on un discours complotiste ?

Plusieurs critères nous permettent de déceler un tel discours. La caractéristique la plus flagrante est sa rapidité d’apparition. Le 7 janvier 2015, jour de l’attentat contre Charlie Hebdo, les premières thèses complotistes apparaissaient l’après-midi même. Ces thèses se propagent de façon virale sur les réseaux sociaux – tout un chacun peut en effet publier un statut Facebook, un Tweet ou un commentaire sans avoir pris le temps de la réflexion. Des followers peu consciencieux prennent ensuite la responsabilité de «partager» ce point de vue, le répercutant ainsi à l’infini. Mais comment faire confiance à une théorie échafaudée sans la moindre preuve, dans les heures qui suivent l’apparition d’un événement ? Outre la rapidité, on remarque dans l’explication complotiste une opposition systématique à la version dite «officielle». Cette opposition se fonde sur l’idée que les journalistes présentent une version préapprouvée par les comploteurs, voire fournie par eux-mêmes, pour tromper le grand public. Ce qui revient à discréditer en bloc tout discours des médias traditionnels.

Parfois, cette opposition est d’une mauvaise foi absolue. De nombreuses hypothèses de type complotiste ont circulé à propos des attentats du 11 Septembre, contestant la version des événements communément acceptée. Mais le soupçon permanent est précisément la marque des complotistes qui se croient plus lucides que les autres, refusant d’être «dupes», comme si les choses n’étaient jamais ce qu’elles semblaient être. Cette forme de scepticisme total est systématique permet clairement de repérer un discours conspirationniste. 

Le paradoxe du discours complotiste

On pourrait s’attendre à ce que les théories du complot se trahissent par leur incohérence. Or, c’est plutôt le contraire: un autre indice permettant de repérer un discours complotiste se trouve justement dans son implacable logique. 

Après l’effondrement des tours jumelles Résultat de recherche d'images pour "tours jumelles 2001" du World Trade Center en 2001, un passeport appartenant à l’un des terroristes a refait surface, intact, sur les décombres. Après l’attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, la carte d’identité de l’un des suspects a été retrouvée dans une voiture utilisée par les tueurs. Dans les deux cas, la découverte de ces documents offre pour les complotistes la preuve évidente d’une machination : selon eux, elles auraient été placées là intentionnellement pour orienter l’opinion publique et faire accuser des innocents. La personne qui anime le site Conspiracy Watch, s’efforce de dénoncer les théories du complot. Elle  rappelle qu’en 2001, la fameuse découverte du passeport ne s’est pas produite exactement comme les complotistes le disent. Le passeport était bien intact, mais il n’a pas été retrouvé sur un tas de gravats après l’effondrement des tours, il a été ramassé juste avant l’effondrement, par un inspecteur de police, Yuk H.Chin. Aucun tenant de la théorie conspirationniste n’a jamais demandé à lui parler, car cela aurait contredit l’hypothèse du complot. Il aurait fallu alors prendre en compte un autre fait : de nombreux effets personnels appartenant aux passagers avaient été retrouvés intacts également.

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Pour la carte d’identité trouvée après l’attentat contre Charlie Hebdo, on a pu lire sur Facebook dès le jour du drame qu’aucun tueur ne serait bête au point de signer son crime d’une telle façon, quelqu’un avait donc forcément placé là la carte d’identité pour faire porter le chapeau au suspect. Pourtant un terroriste a aussi le droit d’être stupide et incohérent, ni plus ni moins que le commun des mortels. 

Pourquoi est-il difficile de couper le sifflet à un complotiste ?

Hormis le refus du hasard et des coïncidences, une autre caractéristique du discours conspirationniste consiste à refuser, ignorer ou feindre d’ignorer les témoignages, parfois très nombreux, que ne vont pas dans le sens de sa théorie. Si vous n’êtes pas d’accord, soit vous êtes trop naïf, soit vous faites partie du complot. Dans tous les cas, pas moyen de débattre, le conspirationniste a réponse à tout. 

Une autre constante encore permet de démasquer un discours complotiste : l’utilisation très particulière de l’argument d’autorité. Procédé classique de la rhétorique, cet argument consiste à utiliser l’avis d’un expert pour convaincre. Parfois ce recours est justifié car nos connaissances ont des limites. Mais pour les théoriciens du complot, il s’agit de donner une respectabilité à leurs thèses, une apparence de sérieux. 

Dans le cas du 11 septembre, qui a donné lieu à une abondante littérature complotiste, deux groupes d’experts sont souvent cités : Les Architects & Engineers for 9/11 Truth (Architectes et ingénieurs pour la vérité sur le 11 Septembre) et les Pilots for 9//11 Truth (Pilotes pour la vérité sur le 11 Septembre), deux associations américaines. Un documentaire Italien de Giulietto Chiesa intitulé Zéro s’appuie même sur l’opinion d’un prix Nobel.

Si les références aux architectes, ingénieurs et pilotes peuvent sembler solides et crédibles, les premiers ne sont pourtant pas des spécialistes du calcul des structures, ce groupe comprenant par ailleurs des architectes d’intérieur dont le niveau d’expertise en matière d’analyse dans le domaine concerné est égal au vôtre ou au mien. Les pilotes pour la vérité ont de leur côté essayé de décrypter les enregistrements des boites noires mis à disposition par les autorités et ont cru identifier des incohérences ; le problème est qu’ils n’ont ,«ni les compétences ni les logiciels permettant de décoder cette boîte noire» Enfin, pour le prix Nobel qui apportait sa caution à la thèse du complot, il s’agit de Dario Fo, un dramaturge ayant effectivement reçu un prix Nobel….Mais de littérature. 

Ces trois exemples nous montrent que lorsque notre degré de connaissance d’un sujet technique et complexe est nul, nous avons tendance à écouter aveuglément l’avis d’«experts» improvisés. Sans vérifier au préalable leurs compétences ou leur légitimité. 

Avec les réseaux sociaux, le complotisme a de beaux jours devant lui. Il peut désormais s’adresser au plus grand nombre, et quand on saura dans quel bain d’ignorance barbotent parfois les masses indifférentes, on est en droit de s’inquiéter. À lui seul, il est capable de ramener l’humanité vers cet obscurantisme dont elle a eu tant de mal à s’émanciper. On en sent déjà le frémissement chaque  jour de plus en plus affirmé, sans que nous soyons capables de nous y opposer. 

Est-il possible, dans ces conditions, d’éviter de tomber dans le complotisme ?  C’est difficile, mais on peut tenter de garder une certaine lucidité. Par exemple en s’informant sur le site : 

Conspiracy Watch ◄ 

Dont la spécialité est de repérer, d’examiner et de dénoncer les rumeurs conspirationnistes. 

Le Corbusier (1887-1965) Une maison est une machine à habiter.

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Charles-Édouard Jeanneret-Gris voit le jour le 6 octobre 1887, dans le Jura  Suisse. Ce n’est qu’en 1920 qu’il se fera appeler par son pseudonyme : Le Corbusier. Figure du mouvement moderne, c’est un homme à multiples casquettes. Bien connu pour ses réalisations architecturales et ses réflexions sur l’urbanisme, Le Corbusier exerçait aussi dans de nombreux autres domaines tels que l’art de la sculpture, la peinture, les lettres, le graphisme… Ses diverses expériences ont nourri son travail d’architecte tout au long de sa vie.

Visionnaire et créateur, il a dessiné notre quotidien, inventé de nouvelles formes, donné au béton ses lettres de noblesse et terrorisé souvent l’académisme par ses audaces. Il n’est pas seulement le père des HLM sinistres et des grandes barres cauchemardesques, mais un grand poète de notre habitat, sobre, élégant et lumineux à la fois. D’abord peintre, Le Corbusier n’est pas homme à rester enfermé dans un atelier. Il faut qu’il ressente physiquement les choses qu’il représente. Une culture autodidacte fondée sur l’expérience personnelle du regard et sur le rôle du dessin. À trente ans, il s’installe à Paris. Il admire les machines avec leur fuselage parfait. Il veut une maison aussi belle et commode qu’un avion ou une automobile. Avec le peintre Ozenfant et sa revue «l’Esprit nouveau», il défend le purisme contre un art décoratif. Durant l’exposition des Arts décoratifs de 1925, Le Corbusier fait sensation en présentant des «cellules d’habitation» avec des casiers, des chaises, des tables. Ici pas de superflu, que de l’épure. Trop à l’étroit sur la toile, Le Corbusier s’oriente vers l’architecture, qui lui permet de trouver d’autres espaces pour créer.

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La villa Savoye de Poissy

En 1926, Le Corbusier définit les «cinq points d’une architecture nouvelle» : Le plan libre, la façade libre, la fenêtre courante, les pilotis, le toit-jardin. Cette manière inédite de bâtir n’est possible que par l’utilisation du béton. Ce matériau autorise une plus grande liberté. On peut par exemple créer des jardins suspendus ou de grandes terrasses sur les toits. Le Corbusier conçoit immédiatement des villas puristes (la villa Savoye de Poissy notamment) sortes de maisons-sculptures toutes blanches, dépouillés mais ouvertes sur la nature et le soleil. Un art d’habiter inscrit dans sa doctrine de l’urbanisme, la Charte d’Athène (1930). Marqué par la vie en communauté, il invente l’université d’habitation, immeuble collectif transformé en ville.

Parfois ses utopies peuvent dégénérer. Ainsi son insensé Plan Voisin (1925) qui prévoit de raser le Marais, un des plus beaux quartiers de Paris, pour le remplacer par un parc d’où surgissent d’immenses bâtiments de deux cents mètres de haut.

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La Chapelle de Ronchamp (Haute-Saône)

Dans les années 1950, avec la Chapelle de Ronchamp, le couvent des Tourettes et la ville de Chandigarh en Inde :  Résultat de recherche d'images pour "le corbusier Chandigarh inde" l’architecte joue avec les matières brutes (béton, pierre), exploite toutes leurs potentialités, les rend sensuelles, étranges. Puis Le Corbusier éprouve le besoin de retrouver une forme d’habitation minimale pour mener une vie de moine. Le «Cabanon» du cap Martin Image associée répond à cette exigence. C’est une cellule de 3.66 mètres de côté et de 2.26 mètres de hauteur. Ce cube est la quintessence de son art de vivre.

Le Corbusier ne consacre pourtant pas tout son temps à l’architecture. Chaque jour, de 8h à 13h, il se consacre à la création, à la peinture, Résultat de recherche d'images pour "le corbusier peinture" la sculpture, les collages. Une « pause artistique » dans son activité d’architecte, qu’il considère comme nécessaire. Il dessine énormément durant ses voyages, constituant une véritable collection de carnets de croquis. Il est à l’origine de nombreuses statues, notamment en bois, qu’il peint parfois : bleu, jaune, rouge, vert, ses couleurs de prédilections, qu’on retrouve d’ailleurs dans certaines œuvres architecturales ou encore dans ses peintures.

Homme de rigueur et rationnel, Le Corbusier invente une unité de mesure qu’il nomme Le Modulor. Résultat de recherche d'images pour "le corbusier le modulor" Basé sur le nombre d’or et les proportions humaines, il défini les mesures de son architecture : la hauteur des plafonds, la largueur et hauteur d’une chaise, la largeur d’un couloir… Bon nombre de ses réalisations sont basées sur ce rapport : le couvent de la Tourette, les unités d’habitation… L’architecte utilise également le Modulor dans la réalisation d’affiches, ou pour ces peintures. Il met en place des tracés régulateurs, qui lui permettent d’ordonner ses compositions, de fixer la géométrie de l’ouvrage de manière non-arbitraire.

Il va aussi subir l’opposition des architectes conservateurs qui affirment que les habitants développeront des maladies mentales en vivant dans ces bâtiment ! La Cité radieuse de Marseille sera par exemple baptisée « La maison du fada » par les marseillais…

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Départ de Marseille. Ce soir on dort chez Corbu ! Dans la « Maison du Fada », il y a un hôtel avec des « suites », tout là-haut, qui promettent. Sortie métro Prado, à peine un œil sur le mythique stade Vélodrome, construit en 1937. La Cité Radieuse se profile bientôt sur le trottoir d’en face. Arrivé au pied du bâtiment, c’est le choc : que c’est grand ! 56 mètres de haut, 165 de long, 337 appartements.

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Le hall d’entrée, façade de la Cité Radieuse

De près, dedans, les charmes de la Cité Radieuse finissent par opérer. Ceux du béton brut, des couleurs, des beaux appartements traversants — mais pas très larges —, du balcon du bar-restaurant… La chambre, « dans son jus » n’est pas mal, même si «la suite» annoncée n’est qu’un studio côté mer.

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Mais le mieux, c’est le toit-terrasse tout là-haut, sous le ciel cobalt de Marseille. Avec son école, sa pataugeoire où les habitants barbotent, sa petite scène de théâtre, son gymnase devenu récemment galerie d’art … Bien vu, Corbu !

Et si, vue d’en bas, la Cité radieuse écrase le paysage, son toit-terrasse est un havre de sérénité. Vraiment moderne par son approche des formes, simples, orthogonales, mais très dessinées, et son utilisation des matériaux de son temps, le métal, et surtout le béton qu’il coffre à sa volonté, Le Corbusier fait de ses bâtiments de véritables sculptures. Un architecte n’est-ce pas  aussi un artiste ?

Les détracteurs de Le Corbusier le critiquent souvent pour son côté « froid » et brutal, car il a toujours privilégié le béton et le dépouillement. Ce n’est pourtant pas le sentiment que l’on a en visitant la Cité radieuse. Dans les espaces publics comme à l’intérieur des appartements, l’ambiance est chaleureuse, conviviale et vivante. Lors de ma visite, j’ai eu l’occasion d’échanger avec quelques habitants de la Cité. Ils m’ont tous dit s’y sentir très bien et ne veulent pas quitter ce « village vertical ». Les appartements sont  des pièces d’un jeu de construction, et la grande différence avec ce que l’on appelle les «clapiers» HLM construites dans des ZUP – c’est la qualité des matériaux et l’excellente isolation phonique. Dans la cité radieuse, on emménage avec ses valises, sans avoir besoin de meubles, tous les meubles sont intégrés ou presque. «Dès qu’il fait beau, j’organise des pique-niques sur le toit-terrasse, dit Cécile. Sous la grande cheminée, on a l’impression d’être à bord d’un transatlantique quittant la côte !» La lumière, le silence, la mer, l’absence de vis-à-vis, l’intimité alternant avec la vie communautaire : tels sont les ingrédients de l’inoxydable affection que «radieux» et «radieuses» vouent à leur chère Cité. Sans oublier l’essentiel, rappelle un habitant :  «Le Corbusier a mis beaucoup de lui-même dans cet immeuble. Son esprit est à l’intérieur.»

A la Cité Radieuse de Marseille, il y a même des appartements à vendre, comme celui-ci :

Ces logements sociaux avaient été conçus pour des gens modestes. Mais aujourd’hui, ce sont plutôt des personnes aisées, enseignants ou architectes, qui y habitent.

Depuis 2016, 17 de ses réalisations ont été reconnues «patrimoine mondial de l’UNESCO» qui comprend, dans l’ordre chronologique : les maisons La Roche et Jeanneret Résultat de recherche d'images pour "le corbusier lles maisons La Roche et Jeanneret" (1923) à Paris, une villa au bord du Lac Léman (1923) à Corseaux (Suisse), la Cité Frugès (1924) à Pessac (Gironde), la Maison Guiette (1926) à Anvers (Belgique), les Maisons de la Weissenhof-Siedlung Résultat de recherche d'images pour "le corbusier  les Maisons de la Weissenhof-Siedlung" (1927) à Stuttgart (Allemagne), la villa Savoye et la loge du jardinier (1928) à Poissy (Yvelines), l’immeuble Clarté (1930) à Genève, l’immeuble locatif de la Porte Molitor (1931) à Boulogne-Billancourt (Haut-de-Seine), l’Unité d’habitation (1945), dite « Cité Radieuse », à Marseille (Bouches-du-Rhône), la Manufacture (1946) à Saint-Dié-des-Vosges (Lorraine), la maison du Docteur Curutchet (1949) à La Plata (Argentine), la Chapelle Notre-Dame-du-Haut (1950) à Ronchamp (Haute-Saône), le Cabanon de Le Corbusier (1951) à Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes), le Complexe du Capitole (1952) à Chandigarh (Inde), le Couvent Sainte-Marie-de-la-Tourette (1953) Résultat de recherche d'images pour "le corbusier le couvent de la tourette" à Eveux (Rhône), le Musée National des Beaux-arts de l’Occident (1955) à Taito-Ku (Japon) et la Maison de la Culture (1953) à Firminy (Loire).

A une époque où les voyages sont difficiles, cet homme n’hésite jamais, saute dans un paquebot, un Zeppelin, un avion, traverse les océans et, quasi seul de sa génération, construit partout.  Et tout récemment redécouvert, un gymnase à Bagdad… Dans chaque édifice, il met la même force, le même engagement, sans concession. Pas de doute, il s’agit là d’une œuvre-manifeste du XXe siècle qui justifie son classement au patrimoine de l’huma­nité.

Le Corbusier a construit ou pensé nos villes modernes. Il est l’un des rares architectes connus du public, au point de soulever des passions contradictoires.

A Marseille, la Cité Radieuse est désormais le troisième monument le plus visité de la ville. Nombreux sont les visiteurs étrangers, fans d’architecture, venus notamment du Japon.

 

 

 

Échappée en Forêt-Noire

À quelques dizaines de kilomètres de Strasbourg, le Land Allemand du BADE-WURTEMBERG déploie de grands espaces naturels ponctués de charmants villages aux traditions bien ancrées.

foret noire./muenstertal-talweiden

Le cousin germanique des Vosges

Pour visualiser la région, imaginez un livre ouvert : au milieu coulerait le Rhin, la page de gauche serait le massif français des Vosges. Sur la page de droite, un peu décalée vers le haut, figurerait la Forêt-Noire (Schwarzwald). Ce massif s’étend sur 200 kilomètres, en parallèle de l’Alsace, de Pforzheim à Bâle.

Photographic Print: Switzerland, Bernese Oberland, Lauterbrunnen Town and Valley by Michele Falzone : 24x18inAu nord, les routes serpentent entre les grandes étendues de hêtres, de sapins et surtout d’épicéas. À Bad Wildbad, un chemin surélevé et une tour d’observation en pente douce (Baumwifelpfad) permettent de se prendre pour un oiseau. À 40 mètres de haut, les arbres se dévoilent depuis la cime et le regard porte jusqu’aux Alpes suisses.

Le centre de la Forêt-Noire est moins austère, cédant la place à des coteaux ensoleillés et à des prairies veillées par des fermes traditionnelles Vineyard hill - Baden-Wurttemberg, Germany Premium wines delivered to your door.  Get in. Get wine. Get social.La vigne s’épanouit notamment dans le Rebland, aux portes de Baden-Baden. Les exploitations comme Weingut Schloss Neuweier, accueillent les visiteurs, curieux des vignes en terrasses et des déclinaisons du riesling ou du pinot noir. Les hauts sommets et les lacs préalpins dominent la partie sud. Le feldberg culmine à 1493 mètres avec maints suiveurs à plus de 1000 mètres. Les vacanciers apprécient les rives du Schluchsee et du Titisee. bateau sur lac Titisee

Coucous, gâteaux et pompons

Peu de régions allemandes possèdent des traditions aussi vivaces que la Forêt-Noire. Du chapeau à gros pompons rouges aux horloges à coucou, le folklore local a rendez-vous dans le musée de la Forêt-Noire, à Triberg. Aux intérieurs artisanaux succèdent une galerie des minéraux ou une collection d’orgues de barbarie. La passion des horloges à coucou est telleGerman cuckoo clocks! I always wanted to see one up close. A traditional piece of folk art at its finest.qu’une entreprise a crée le plus grand modèle du monde (6 tonnes) aux abords du village (Eble Uhren-Park)  Les marchés de Noël mettent en avant les spécialités locales en décembre. Les plus renommés se déroulent à Baden-Baden, Fribourg, Triberg ou Breitnau, sous le grand viaduc de Ravennaschlucht. Et le fameux gâteau ? Eh bien, on n’y coupe pas ! Pâtisseries et restaurateurs le déclinent à l’envi. Chacun s’inspire de la recette de 1915, mêlant une génoise au cacao imbibée de Kirsch, des cerises au sirop et une généreuse crème chantilly :

Forêt noire

Les bienfaits de thermalisme

Il existerait 350 stations thermales en Allemagne, dont une cinquantaine dans le land du Bade-Wurtemberg. Il suffit de répéter le mot Bad (bain) dans le nom de la localité. La sécurité sociale allemande ne prenant plus en charge les cures médicales, la plupart se sont reconverties dans le bien-être.  S’il ne fallait retenir qu’une station, ce serait forcément Baden-Baden.

Plaisirs d'Hiver/ Laure P-R

Friedrichsbad Roman-Irish Thermal Bath. Baden-Baden, Germany. 150 years of curative relaxation.Quintessence du thermalisme avec ses sources à 68°C, elle existe depuis les Romains, voire les Celtes. Mais c’est au XIXème siècle qu’elle prend son essor, attirant artistes et têtes couronnées de toute l’Europe. Aujourd’hui encore, elle garde une aura internationale. Les salons du casino (les plus beaux du monde, selon Marlène Dietrich) rutilent tels les grands appartements de Versailles, tandis que les spectacles se succèdent dans le plus grand opéra du pays. Côté bains, les moins prudes optent pour la pompe du Friedrichsbad avec sa coupole néo-Renaissance et son parcours en 17 étapes. Ceux qui préfèrent garder le maillot se dirigent vers les thermes modernes de Caracalla.

À 40 kilomètres à l’est, Bad WildbadBild: Touristik Bad Wildbad GmbH est le parfait exemple d’une station qui a su s’adapter.

Des cités de caractère

Comme en Alsace, les petites villes et les villages ont gardé leur charme médiéval, alternant pignons, colombages et façades colorées au fil des rues. Les placettes se parent de fontaines, de mairies cossues, de temples ou d’églises, tandis que les terrasses des Biergarten et des Weinstuben désaltèrent les amateurs de bière ou de vin.

Freiburg im BreisgauFribourg-en-Brisgau (Freiburg im breisgau) revendique le titre de capitale de la Forêt-Noire et de cité écolo grâce à son quartier vert. Abîmée pendant la guerre, la vieille ville a néanmoins gardé son cachet. La tour de 116 mètres de la cathédrale est un immanquable point de repère La cathédrale de Fribourg en Brisgau  tandis que l’on flâne le long des rues. La plupart sont décorées de galets du Rhin et bordées par le bächle. Dans ces rigoles de pierre coule une eau pure : elle fait la joie des enfants qui y traînent  de petits bateaux et le malheur des étourdis. Il serait vain de citer tous les beaux villages tels Gengenbach, Gernsbach ou Triberg. Ce dernier se distingue en abritant les plus hautes cascades allemandes et de nombreuses possibilités de randonnées.

Triberg Waterfall - Black Forest, Germany Gutach River, Triberg, Baden-Wurttemberg, Germany  http://www.tripadvisor.com/Attraction_Review-g187285-d190949-Reviews-Triberger_Waterfall-Triberg_Black_Forest_Baden_Wurttemberg.html

Les musées de Stuttgart

La capitale régionale est une bonne porte d’entrée vers la Forêt-Noire. Très bombardée, la ville n’a d’intérêt que par ses collections muséales.

The Mercedes-Benz Museum is an automobile museum in Stuttgart, Germany. It covers the history of the Mercedes-Benz brand and the brands associated with it. Stuttgart is home to the Mercedes-Benz brand and the international headquarters of Daimler AG. Postcard.

Mercedes-Benz ou Porche ? Ces fleurons automobiles ont crée des musées design. Côté Mercedes, le long de paliers en spirale se déploient des ancêtres, une voiture à portière papillon, des bolides ou une Papamobile. Côté Porsche, on passe de la classique 911 à la 917 de course, sans oublier la fameuse Coccinelle. Résultat de recherche d'images pour "la premiere voiture coccinelle"

L’art fait bonne figure avec la galerie nationale d’Art qui présente une large palette, de Hans Holbein à Paul Cézanne ou Jeff Koons. Le musée des Beaux-Arts complète avec les expressionnistes allemands, en particulier Otto Dix.

L’éclat du baroque

Bien érudit qui pourrait s’y retrouver parmi les ducs de Wurtemberg ou les margraves de Bade…mais ces maisons souveraines ont couvert, au XVIIIème siècle, leurs principautés de somptueux palais.

À Ludwigsbourg, dans la banlieue de Stuttgart, deux corps de logis reliés par des galeries forment une impressionnante cour. Castle, Concluded Favorite Ludwigsburg Germany Cas #castle, #concluded, #favorite, #ludwigsburg, #germany, #cas  Germany Castles  Acceda a nuestro sitio Mucho más información   https://storelatina.com/germany/travelling Deux chapelles, un théâtre, de ravissants petits cabinets et des stucs à perte de vue complètent le décor.  À Rastatt, près de Baden-Baden, plus qu’au palais principal, on s’arrête dans la résidence de la favorite, plus raffinée. Schloss Favorite (Rastatt) – Wikipedia Les sols de scagliola imitent le marbre tandis que les murs sont recouverts de milliers de carreaux de faïence. 1f

Couvents et abbayes ne sont pas en reste. À Sankt-Peter, près de Fribourg, le faste de l’église rivalise avec les ornements de la bibliothèque. Non loin, à Sankt-Blasien, l’immense dôme est le troisième plus large d’Europe après Saint-Pierre de Rome et les Invalides :

St. Blasien (Sankt Blasien), Germany, is a town in the Waldshut district in Baden-Württemberg. It is located in the southern Black Forest, 17 km northeast of Waldshut-Tiengen. The town is twinned with Saint-Blaise in Switzerland. There is also a well known Jesuit College Kolleg St. Blasien and an abbey with a famous boy's choir. I was invited to visit the church with a German friend on a cold weekend in 1985. It's round dome dominated the town, its interior was spell-bounding.

Pour finir, détente à Europa-Park

Les 95 hectares du plus grand parc d’attractions d’Europe, après Disney-land Paris, se situent à Rust, entre Strasbourg et Fribourg. Outre une soixantaine de manèges, montagnes russes et parcours à thèmes, Europa-Park propose un véritable tour d’Europe en 14 quartiers nationaux. On passe de Jeanne d’Arc à Don Quichotte via la station spatiale. Miracle …

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PARIS, dans les villages du 20ème arrondissement.

Rue de Ménilmontant — Wikipédia

Depuis ma fenêtre, je vois les tuyaux rouges et bleus de Beaubourg et de la rue des Cascades. The 'regard Saint-Martin' in rue des Cascades, Paris © French Moments #Paris #SecretParis #Belleville La rue des Cascades…le coeur battant du village. Ici, tout le monde se connaît, se salue.   À chaque fois que je sors, je croise l’aimable Raoul, vêtu de sa sempiternelle salopette, graveur venu du Mexique, qui a ouvert il y a trente ans son atelier sur des Cascades. C’est Raoul qui est à l’initiative de la création des ateliers d’artistes de Belleville, qui ouvrent leurs portes deux fois l’an. Les portes ouvertes des ateliers de Belleville cest aujourdhui et demain (dimanche concert de piano à 15h30) #Belleville #poaab2018 . Until tomorrow come to visit artists workshop in #Belleville #paris20 #parissecretD’une famille plus que modeste, Raoul a commencé à travailler à l’âge de 7 ans ; ensuite il est venu faire des études à Paris, et est devenu cet artiste généreux, dont le partage est le maître mot. Un peu plus loin, je salue Lucio, écrivain anarchiste espagnol, toujours sur le pas de sa porte, à guetter un rayon de soleil. Et voilà que passe Rodrigo, homme de théâtre chilien, toujours chic, qui joue Garcia Lorca dans les bars du quartier et anime un café-poésie nomade.

Au bout de la rue, sur la devanture du bistrot des Mésanges, une odalisque géante s’étale sur la façade ; j’ai vu la street artist 13 bis la réaliser sous mes yeux : moment magique. D’ailleurs, les graffiteurs de talent ne sont pas rares dans le XXème arrondissement. Et voilà que je croise le comédien Denis Lavant, qui semble toujours sorti d’un film de Leos Carax, et ne se déplace jamais sans un livre. Devant le Café littéraire, tenu par une prof de lettres défroquée, on cause politique et littérature.

La colline de Belleville

Le vent a chassé les nuages, je remonte la rue des Envierges ; le café Moncoeur à sorti ses tables multicolores en face du parc de Belleville, la plus belle vue sur tout Paris.Paris Parc des Buttes-Chaumont Je regarde tomber les feuilles d’or des ginkgos, puis j’entre dans le parc. Gérard, le maître-jardinier créateur du lieu, est l’âme de ce parc, le plus charmant de Paris, le plus pentu aussi. Il faut le voir tisser ensemble des végétaux que personne n’aurait eu l’idée d’accorder, et dont il fait des broderies végétales. Enfant de l’assistance, il a poussé droit grâce aux jardins, et fait partager sa passion. Il ne part jamais en vacances en été : «Le parc est bien trop fragile sous le soleil ardent», me dit-il, les mains dans la terre. À dix minutes d’ici, dans le XIXème arrondissement, il y a les Buttes-Chaumont, parc immense et fastueux, mais ceux que je préfère sont les jardins suspendus de Belleville. Parc de Belleville - Belleville - 47 conseils de 1841 visiteurs

je traverse la rue de Belleville, et me voici en plein quartier asiatique : un restaurant coréen vient de s’installer entre le Pacifique et le Lao Siam, un des meilleurs thaïlandais de Paris, son «tigre qui pleure», ( du bœuf à la citronnelle) est à tomber. J’hésite entre les raviolis coréens et le tigre en larmes….Finalement, j’entre au Pacifique, je m’installe devant le grand aquarium, je commande un canard pékinois aussi bon qu’à Pékin : Je déguste l’exquise peau craquante, en tête à tête avec les carpes aux yeux d’or.

Aujourd’hui c’est jour de marché à Belleville : je ne puis résister, je prends un bain de foule le long du boulevard, je me laisse porter par la cohue, la foule bigarrée des femmes… ici l’on trouve des fruits qu’on ne voit nulle part ailleurs. Me voici au bout du marché, devant le stand d’Afissatou, qui vend de si beaux boubous. Lestée d’un bracelet en pierre bleue, qui me portera sans doute bonheur, me voici happée par l’église NotreDame-de-la-Croix et son parvis haut perché Eglise Notre Dame de la Croix de Ménilmontant Après l’agitation frénétique du marché, cela fait du bien d’être soudain au calme, sur la place ombragée, au pied des grands marronniers. Je m’assieds devant un thé à la menthe servi avec des amandes grillées, au milieu des fumeurs de narghilés. Puis je passe devant la belle librairie de Monte-en-l’air, spécialiste de romans graphiques et livres d’artistes : Les dédicaces attirent toujours un monde fou. Je traverse l’église, respire l’odeur d’encens, ou un organiste joue. Le prêtre a exposé chasubles brodées et mitres colorées, on se serait cru dans un film de Fellini.

Le village de Charonne

J’enfile mes bottes de sept lieues, et en trois enjambées me voici au square des Saint-Simoniens : Prosper Enfantin, grand utopiste du XIXème siècle, philosophe illuminé, vécut ici, dans une demeure dont il ne reste que le parc. Au printemps, sous la ronde des cerisiers en fleurs, on se croirait au Japon. Juste en face, le cimetière du Père Lachaise, où dort l’armée des morts : Molière et Balzac y côtoient Jim Morrison et Édith Piaf.

Visit the Pere Lachaise Cemetery.The cemetery is surrounded by a stone wall that protects it from the bustle of the city. The main entrance, located on the boulevard Ménilmontant (twentieth arrondissement), is marked by a heavy gate symbolizing the boundary between the visible and the invisible, life and death. You can read the following Latin inscription: "hope is full of immortality", "Whoever believes in me, even if he is dead, he will live."Cimetiere-du-pere-lachaise © paula soler-moya - Flickr Creative Commons

Mais à l’immense Père Lachaise, aux allées de tombes, finalement assez déprimantes, je préfère le petit cimetière intime du village de Charonne, à quelques minutes : Il suffit d’enjamber la petite ceinture, l’ancienne voie de chemin de fer. Épousant la petite église Saint-Germain, le cimetière, un des plus charmants de Paris, cimetière de Charonne  rue Stendhal 75020C’est le royaume des chats, qui prennent le soleil sur les marbres lisses des tombeaux. À peine est-on assis qu’un guide bénévole et volubile vient vous faire l’article : ce lieu est sa passion, il vous raconte l’histoire tragique des enfants Malraux. Sur les conseils d’un ami, je pousse un peu plus loin, je parcours la rue Saint-Blaise, face à l’église de Charonne. J’admire les panamas dans la vitrine du chapelier, puis je découvre la place des Grès, encore une belle terrasse sous les arbres..Me voilà sur le jardin de l’hospice Debrousse, qui abrite le pavillon de l’Ermitage. Le pavillon de l'Hermitage  fut construit en 1734 pour la duchesse d’Orléans dans le parc du château de Bagnolet. Cette charmante bâtisse de pierre claire est le dernier vestige du château envolé de la duchesse d’Orléans, femme du Régent.

La Campagne à Paris

Je grimpe les escaliers de la rue du Père-Prosper-Enfantin. Et là, perchée sur la cime d’une colline : calme absolu, rêve bucolique coupé de la cohue…L’étonnante rue Irénée-Blanc, qui cercle la butte ronde de petites maisons et jardins. Le quartier de “la Campagne à Paris” sur les hauteurs du 20ème arrondissement Qui croirait qu’on est à deux pas de la porte de Bagnolet ? On entend juste le chant des oiseaux. Je dévale les escaliers du Père-Prospère-Enfantin. À côté du pavillon de l’Ermitage, j’avise un beau bistrot à l’ancienne, le Papillon Paris: Bistrot Papillon rénové par un couple de Sri-Lankais beaux comme le jour, au sourire soleil, et qui ont su, ainsi que me le confie un habitué, redonner au lieu son lustre d’antan. L’accueil est charmant, le zinc d’époque, et la cuisine aussi agréable que l’accueil. Au sortir de la campagne à Paris, je suis tombée par hasard sur un lieu qui clôt idéalement cette balade. Saluons l’ancien village de Charonne, et celles et ceux qui, parfois venus de très loin, nous apportent, en le faisant revivre, l’éclat et la joie dont nous avons tant besoin.

 

 

 

 

 

 

René GOSCINNY génial scénariste …

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Qui, mieux que Goscinny, peut nous introduire à Goscinny ? « J’ai touché la main de Brassens, je suis au mieux avec Sempé, j’ai bien connu René Fallet, un soir à Montmartre, j’ai même salué Marcel Aymé qui parlait aux pigeons. Alors si vous me demandez aujourd’hui qui je suis, je répondrai que je suis l’homme qui n’a pas dit bonjour à Goscinny. » Le ton est donné.

1.  D’un ailleurs à l’autre

Deux ans après son frère Claude, René Goscinny naît à Paris, le 14 août 1926, de Stanislas Goscinny, ingénieur chimiste venu de Pologne, et d’Anna Beresniak, d’origine ukrainienne. Son grand-père maternel, Lazare, qui a ouvert une imprimerie à Paris, est l’auteur du premier dictionnaire yiddish-hébreu.

Deux ans après la naissance de René, son père, appelé à de nouvelles fonctions, part avec femme et enfants pour Buenos Aires. René, comme son frère, effectue ses études primaires et secondaires dans les établissements français de la capitale argentine. En 1943, le décès de son père, terrassé par une hémorragie cérébrale, l’oblige à interrompre ses études. D’abord employé dans un service comptable, son talent de dessinateur lui vaut d’être engagé dans une agence de publicité.

En 1946, il embarque avec sa mère pour New York afin de rejoindre un membre de la famille. Les débuts professionnels aux États-Unis s’avèrent difficiles. À défaut d’exercer une activité satisfaisante, René Goscinny fait de nombreuses rencontres : celle de dessinateurs français et belges venus confronter l’idée qu’ils s’étaient faite d’un pays longtemps rêvé avec une réalité parfois rude ; celle de jeunes graphistes américains qui font leurs débuts dans un monde qui ne leur est pas plus accueillant qu’à leurs collègues étrangers.

René Goscinny trouve un emploi dans un studio où il côtoie Harvey Kurtsman, Will Elder et John Severin qui formeront, plus tard, le noyau de l’équipe de Mad Magazine. Tous se livrent alors à des besognes variées : publicités, illustrations de livres pour la jeunesse… C’est précisément chez un éditeur de livres pour enfants que Goscinny croit enfin avoir trouvé un emploi durable. Mais l’entreprise fait faillite. Au cours de ces péripéties professionnelles, Goscinny fait la connaissance de Morris qui a déjà lancé Lucky Luke, de Joseph Gillain, dit Jijé, auteur d’une bande dessinée intitulée Jean Valhardi et futur créateur du western Jerry Spring, de l’éditeur Dupuis et de Georges Troisfontaines, directeur de l’agence World Press qui livrait des bandes dessinées au journal Spirou. Incité par Jijé à orienter son activité vers la bande dessinée, il met en images le personnage de Dick Dicks.

2.  Le scénario selon Goscinny

De retour en France en 1951 (« Sept ans d’Amérique, ça commençait à bien faire »), Goscinny se voit confier la responsabilité de l’antenne parisienne de World Press par Georges Troisfontaines. Il y fait la connaissance d’Albert Uderzo, laquelle, après celle de Morris aux États-Unis, lui permet de comprendre le parti qu’il peut tirer des échanges entre auteur d’histoires et « metteur en images ». La division des activités – scénario, graphisme,  mise en couleurs et jusqu’à la fonction d’éditeur qui tend à ressembler à celle de producteur – rapproche la bande dessinée du cinéma, ce dernier exerçant par ailleurs une influence sur le développement de genres comme le western ou le thriller. On doit à Morris une très fine analyse de la manière dont on peut restituer le mouvement dans la bande dessinée : « J’ai remarqué que la phase qui donne le mieux l’idée du mouvement est celle où celui-ci est le plus lent. Je donne généralement l’exemple de Joe Dalton qui casse les pierres. Il faut dessiner la phase où le marteau est au sommet de son parcours parce que là il s’arrête un instant, et c’est ça que l’œil retient. »

Goscinny a appris auprès de Morris le rôle précis, pour ne pas dire minutieux, du découpage. Cette compréhension des exigences de l’image par le scénariste deviendra rapidement un fardeau pour le graphiste qui en a formulé les règles. Quand il sera question, après la mort de Goscinny, de remplacer ce dernier par Greg, Morris lâchera, agacé : « Je ne suis pas sorti des griffes de Goscinny pour tomber dans celles de Greg ! »

L’association Morris-Goscinny, qui débute en 1955, a donné naissance à une suite d’albums brillants. Goscinny, à l’occasion d’une mise au point concernant son apport personnel dans la série des Lucky Luke, rappelle qu’il a non seulement « ressuscité » les frères Dalton, imprudemment éliminés par leur géniteur lorsque ce dernier était l’unique auteur, mais qu’il a également introduit, dans divers épisodes, des personnages légendaires de la conquête de l’Ouest : Jesse James, Calamity Jane, Billy the Kid, sans oublier… le chien Ran Tan Plan, réplique « parlante » du Rintintin emprunté à une série télévisée américaine.

En 1956, sous le pseudonyme d’Agostini, Goscinny prend « en marche » Les Aventures du Petit Nicolas que Sempé avait jusqu’alors publié sous sa seule signature dans le magazine Le Moustique. Les sensibilités à vif de Sempé et de Goscinny se conjuguent pour faire vivre le personnage fragile et innocent du minuscule Nicolas, auquel ils prêtent des attitudes et des propos que l’enfant présent dans chaque lecteur pourrait adopter et tenir – attitudes et propos marquant un retrait par rapport à un monde décidément trop écrasant. Cette association entre texte et dessin d’humour, en marge de la bande dessinée, connaît encore un beau succès.

3.  Les années « Pilote »

En 1959, Goscinny, avec Uderzo et Jean-Michel Charlier, lance le magazine Pilote, Cette publication, dont il est le rédacteur en chef, vise un lectorat plus large que celui des enfants et des adolescents. L’humour et la satire aidant – Goscinny n’a jamais caché que sa publication de référence était Mad –, il souhaite amener les lecteurs adultes des bandes dessinées à ne plus se considérer comme des « attardés » tournés vers un genre de récit conçu pour des esprits immatures.

Le lancement de Pilote coïncide avec celui des Aventures d’Astérix le Gaulois. On a beaucoup commenté cette suite de prouesses née à une époque où la France vit dans l’ombre tutélaire du général de Gaulle. Goscinny et Uderzo taquinent l’identité française telle qu’elle s’est constituée au cours des siècles. De Gaulle, c’est l’exaltation de la nation, c’est également la décolonisation, celle-là compensant celle-ci. Astérix naît alors que la formule ressassée « Nos ancêtres les Gaulois… », qui figure dans les manuels d’histoire, ne peut plus s’appliquer à des enfants dont les origines diverses demandent à être reconnues. Astérix le Gaulois (1961) est le premier d’une série de 24 albums scénarisés par Goscinny (dont Astérix gladiateur en 1964, Le Combat des chefs en 1966, Astérix aux jeux Olympiques en 1968, Les Lauriers de César en 1972, Obélix et compagnie en 1976, etc.).

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Les singularités nationales ne suffisent pas à expliquer le succès que cette bande dessinée connaît dans nombre de pays étrangers. Ce qui paraît proprement français devient, grâce à la connivence entre Goscinny et Uderzo, le modèle de toute épopée. La force comique naît de l’écart croissant entre la légende quelle qu’elle soit et la réalité de plus en plus uniforme qui s’impose à tous les peuples. Il appartenait à un exilé de trouver la bonne distance entre mythe et réalité contingente. Le séjour aux États-Unis, lieu des mythes les plus récents, se sera révélé à cet égard une expérience décisive.

Goscinny participe à bien d’autres « séries » : La Potachologie (1963) et Le potache est servi (1965) avec Cabu, les Dingo dossiers (1965-1967) avec Gotlib, Jehan Pistolet (1952) et Oumpah-Pah (1952) avec Uderzo…

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Iznogoud, créé en 1962 avec l’aide de Tabary, est le personnage de plus radical imaginé dans la bande dessinée par Goscinny. Le récit trouve son origine dans un épisode des Aventures du Petit Nicolas. Lors d’un séjour de celui-ci en colonie de vacances, un moniteur conte l’histoire d’un méchant vizir qui veut devenir « calife à la place du calife ». Alors que Morris opposait une forte résistance aux « calembours atroces » que lui proposait Goscinny, Tabary s’en fait volontiers l’interprète. Iznogoud incarne la volonté d’exercer le pouvoir pour le pouvoir. C’est la face visible d’un vide insondable. Dépourvu du caractère « bon enfant » qui, dans les bandes dessinées, rend les « méchants » sympathiques, Iznogoud ne connaît qu’un succès limité. Sans doute donne-t-il une image trop négative de l’ambition – ambition par ailleurs encouragée par la société comme moteur de progrès – pour être accepté sans réticence. Iznogoud fera l’objet d’une série de 16 albums scénarisés par Goscinny.  Je Cite notamment Le Grand Vizir Iznogoud (1966), Les Vacances du calife (1968), Le Jour des fous (1972), Je veux être calife à la place du calife (1978), etc.

Les événements de mai 1968 et leurs suites devaient affecter profondément Goscinny. Des dessinateurs d’Hara Kiri, fondé au début des années 1960, sont également des collaborateurs de Pilote : Cabu, Mandryka, Fred, Reiser, Gébé… Lorsque Hara Kiri fait l’objet d’une interdiction de paraître, Pilote sert de refuge. Mais quand les critiques des dessinateurs envers le rédacteur en chef fusent, Goscinny se sent personnellement visé. Lorsqu’il refuse des planches de Mandryka, une crise est ouverte. Une dissidence s’organise qui aboutit à la création, en 1972, de L’Écho des savanes, par Claire Bretécher, Marcel Gotlib  et Nikita Mandryka. D’autres magazines, tournés vers un lectorat d’adultes, voient alors le jour : Fluide glacialMétal hurlant… Enfin, en 1974, Goscinny quitte « son » journal Pilote et fonde, avec Uderzo et Georges Dargaud, les studios d’animation Idéfix, qui produisent le dessin animé Les Douze Travaux d’Astérix en 1976.

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4.  Goscinny derrière son œuvre

Goscinny n’a cessé de vivre douloureusement ses échecs comme ses réussites. Pendant la guerre, encore adolescent, il avait voulu revenir en France pour se tenir auprès de parents, dont certains disparurent dans les camps de concentration. La mort subite de son père l’en avait empêché. La disparition d’une partie des siens laissa un vide que son activité frénétique ne parvint pas à combler. Une de ses histoires courtes, mise en images par North et publiée dans Pilote en 1974, nous permet de mesurer l’ampleur de son désespoir. À partir d’une fiction mettant en scène résistants et troupes d’occupation, il imagine une série d’actions contrariées par d’imprévisibles accidents de la route. Pour conclure sa démonstration sur « L’Ironie du sort » (titre de cette courte histoire), il remonte à la veille de la Première Guerre mondiale et tend à démontrer que si l’automobile de l’archiduc François-Joseph n’avait pas démarré par suite d’une panne d’allumage « il n’y aurait pas eu d’attentat, la guerre de 1914-1918 n’aurait pas eu lieu. Le destin de l’Allemagne aurait été différent. Le nazisme n’aurait peut-être pas existé… et, par conséquent, il n’y aurait pas de film sur l’Occupation ! ». Peut-être n’y aurait-il pas eu, non plus, un Goscinny transformant son désespoir d’être encore là en personnages pour rire, pour calmer la douleur de survivre à ce qu’aucun événement n’a pu empêcher.

5 – Ils sont fous ces cardiologues

Quand il quitte son domicile pour un examen médical anodin prescrit dans le cadre d’un bilan de sante, ce 5 novembre 1977 à neuf heures du matin, René Goscinny est un homme de cinquante et un ans qui a derrière lui une carrière peu commune de travail, de talent et d’innovation. Lui est quelques autres ont réussi en dix ans à hisser la bande dessinée sous les projecteurs des adultes, des artistes, du grand public. Il est parvenu à transformer une distraction légère pour enfants ou ados puérils en un mode d’expression à part entière, véhicule de création, de satire, de critique, voire outil de pédagogie. Avant lui, il y avait les petits Mickey des illustrés ; après lui, il y a eu la BD. Aucun créateur littéraire depuis Molière n’a pu jusqu’à ce jour se targuer d’autant d’expressions passées dans le langage courant : De «Ils sont fous, ces Romains» à «Quand est-ce qu’on mange ? », en passant par «le calife à la place du calife» ou «Tais-toi Averell», il a donné des munitions pour cinquante ans aux journalistes en mal de titres et aux dialoguistes à court d’inspiration. Et, quand, ce matin-là, son chauffeur le dépose en compagnie de sa femme Gilberte à la clinique internationale du parc Monceau, dans le XVII° arrondissement, il n’a aucune raison de douter que sa carrière poursuive son ascension, pour le bonheur de tous les publics.

Un pédalier, des électrodes : Le test d’effort est un outil indispensable pour la surveillance du cœur, d’une pratique banale et systématiquement utilisé. Il permet au cardiologue de détecter la moindre anomalie dans le cycle cardiaque. Mais quand ce matin-là la patient, entre deux coups de pédale, se plaint d’une douleur au bras, symptôme significatif, le patricien lui demande de continuer à pédaler encore un peu ; en présence d’une faiblesse manifeste, il a besoin d’affiner le diagnostic. Mais la faiblesse se révèle en l’occurrence une vraie défaillance. Au bout de quinze secondes, le patient s’écroule. Les tentatives de réanimation seront vaines, Goscinny est mort.

Un temps incriminé, le cardiologue sera mis hors de cause : l’écrivain souffrait d’une pathologie imprévisible à ce stade, il aurait pu s’effondrer le lendemain dans les escaliers ou dans la rue, argumenteront les experts.

Sa mort n’interrompra pas la carrière de ses héros qui continueront à grimper dans le hit-parade des ventes et des adaptations, tous repris, sauf Nicolas, par leur dessinateur ou d’autres auteurs avec des bonheurs divers. Mais pour les vrais Goscinnomanes, Astérix, Obelix, Lucky Luke, Rantanplan, Iznogoud et les autres sont morts avec lui ce jour-là. La potion magique n’a été d’aucun secours contre Caïus Infarctus.

La capitale mondiale du caleçon est à Poil.

Dans la Nièvre, deux étudiants ont décidé de faire de leur village «LA CAPITALE MONDIALE DU CALEÇON»

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UNE HISTOIRE À REBROUSSE POIL.

Tout à commencé à Poil, un village de quelque 160 paires de fesses, raconte Audoin Roche, en se poilant de bon coeur. Cet étudiant en école de commerce à Paris, qui a grandi à POIL, à une vingtaine de kilomètres d’Autun, a crée avec un ami d’enfance, Laurent Hubert, la société «AU POIL» Résultat de recherche d'images pour "POIL capitale mondiale du caleçon" qui dessine, fabrique et vend des caleçons et des pyjamas. Une manière audacieuse, pour ne pas dire culottée, de tirer avantage d’un nom de commune qui fait régulièrement l’objet et de moqueries et de sarcasmes. Mais au-delà d’un concept drôle qui attire d’entrée la sympathie, les deux fondateurs de «AU POIL» ont voulu mettre du sens dans leur entreprise.

On est dans un bassin d’emploi où le textile a beaucoup compté et où il reste un véritable savoir-faire.

À travers notre démarche, on veut montrer qu’il y a encore la place pour un confection 100 % française, dès lors que l’on sait proposer de la qualité et communiquer sur le produit. Résultat de recherche d'images pour "POIL capitale mondiale du caleçon" Et de poursuivre : «On est encore étudiants, notre but premier n’est pas de faire de l’argent, sinon on délocaliserait la production». Aussi,  «pour fabriquer dans le coin avec des gens du coin», «AU POIL», s’est rapprochée de DBH textile, un petit atelier d’une dizaine de couturières installé à Buxy en Saône-et-Loire. C’est là que sont produits les douze caleçons en popeline de coton de la marque qui se veulent funs, chics et pratiques, mais vendus uniquement sur internet et chez un éleveur de chèvres du village.

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On a eu plein de propositions pour vendre nos caleçons à Paris, mais on a refusé. On veut les vendre dans le coin pour en faire profiter les gens du coin.

Et ça marche. Il faut dire que les deux étudiants n’ont pas un poil dans la main. Et surtout, ce sont deux as de la communication. Ils sont déjà parvenus à enrôler Benoît Poelvoorde dans leur délire, et poser en caleçon avec Dominique de VillepinRésultat de recherche d'images pour "POIL capitale mondiale du caleçon" mais aussi à faire venir Arnaud Montebourg et la députée Mosellane Aurélie Pilippetti Résultat de recherche d'images pour "POIL capitale mondiale du caleçon" dans leur village.

C’est notre plus grande fierté : «Avoir réussi à mettre deux anciens ministres à Poil». s’amuse Audoin Roche, qui ambitionne désormais de faire de sa commune «La capitale mondiale du caleçon. Une initiative qu a redonné sa fierté à toute une population qui n’osait plus dire précisément où elle habitait.».

À la mairie, les caleçons de «AU POIL» sont carrément exposés dans le hall d’entrée, comme des trophées. Résultat de recherche d'images pour "au poil caleçon" Mieux cette émulation fait boule de neige et d’autres projets sont en construction, comme «L’organisation de réceptions de mariage à POIL». En attendant, la petite entreprise poursuit l’aventure hors des sentiers battus et des codes du commerce traditionnel. Elle vient de lancer le caleçon le plus cher du monde, une pièce unique étiquetée à 58 170 €. Comme le code postal de POIL.

Le village de POIL avait déjà connu la célébrité lorsqu’un plaisantin, au début du XX° siècle, avait invité des politiques de l’époque à se déplacer pour l’inauguration fictive bien sûr, d’une statue. Il avait ensuite publié dans la presse les lettres des députés et sénateurs répondant très doctement qu’ils «se rendraient à Poil», à la date fixée…..

MIEUX VAUT EN RIRE

Régulièrement victimes de quolibets et de farces pas toujours de très bons goûts, les communes aux noms burlesques ont fini pas se regrouper au sein d’une association qui cultive volontiers l’autodérision.

Autour de Montcuq (lot),  Folles (Haute-Vienne), Montéton (Lot-et-Garonne), Viols-le-Fort (Hérault) ou encore Deux-Verges ( Cantal),  figurent en bonne place quelques collectivités du Grand Est comme Longcochon (Jura), Glaire (Ardennes), Bèze (Côte d’Or) ou encore Trécon (Marne).

Le seul avantage, c’est une notoriété bien supérieure aux autres communes. Il y a des gens qui font un détour jusqu’ici pour venir faire un selfie devant les panneaux

S’amuse cet habitant de Trécon, Résultat de recherche d'images pour "Trécon"qui reconnaît que personne ici n’a pas encore trouvé la bonne idée pour tirer profit de la situation, contrairement à cet étudiant de Montcuq qui a fait fortune en vendant l’air de son village…..en boîte. Résultat de recherche d'images pour "l'air de montcuq" A Trécon, on a pas cette chance. C’est même tout l’inverse. La commune est entourée de grands crus de Champagne, mais elle ne figure pas dans le périmètre de l’AOP. Plutôt que de cultiver la vigne, on récolte des betteraves. «ON EST VRAIMENT CONS», poursuit le Tréconnier qui a accepté de parler «sous couvert d’anonymat».

Le maire, lui, a carrément refusé. il faut dire que vivre à Trécon n’est pas de tout repos. Prenez les panneaux à l’entrée du village, ils sont régulièrement dérobés. pour ne plus tenter les petits rigolos, l’accent de Trécon a été retiré sur les nouvelles signalisations. heureusement il en reste avec l’accent, Résultat de recherche d'images pour "Trécon" sur une petite voie étroite. Comme un rescapé de l’identité du village.

Mais il en existe bien d’autres, parmi les 36 681 communes que compte notre beau  pays, dont le nom est certainement source de joie ou de gêne pour leurs habitants.

Pour les personnes aimant les animaux, le choix de leur lieu d’habitation est vaste. Ils peuvent s’établir à Agneaux (50), Autruche (08), Biches (58), Cabris (06) , Cheval-Blanc (84), Colombes (92), Couleuvre (03), Dauphin (04), Fourmies (59), hérisson (03), L’Aigle (61), L’Oie (85), et une dizaine d’autres du même genre allant de La Mouche (50) à Poissons (52). En cas de gros danger, on viendra vous secourir si vous habitez à SOS (47). Heureux ceux qui logent à Saint-Valentin dans l’Indre ou Saint-Amour dans le Jura.

Difficile de dire qu’on habite à Tannières (02) ou à Clapiers (37), tout comme à VatanRésultat de recherche d'images pour "noms de villages insolites" (36),  OUST (09) ou le Sale Village LE SALE VILLAGE

Le nom de CARLAT Résultat de recherche d'images pour "Bruni ville  italie"n’est pas particulièrement spécial. Mais c’est pour rendre hommage à l’humour de son maire, qui a tenu à jumeler sa ville avec la commune Italienne de Bruni et nous offre ainsi un panneau qui nous régale.

La ville de «Bizou» Résultat de recherche d'images pour "TRECON ville" se trouve dans le département de l’Orne en Basse-Normandie, là tout n’est bien sûr que tendresse et douceur. Puis «Plurien»  Résultat de recherche d'images pour "plurien ville"  se situe à 30 minutes de Dinan, en Bretagne, à un kilomètre de la mer entre Saint-Malo et Saint-Brieuc.

Y est la commune au nom le plus court de France ! Et, preuve que ses habitants ne manquent pas d’humour, « est jumelée avec la ville de...Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch, située au Pays de Galles!

Cette histoire qui a  commencé à POIL,  peut se continuer sur le site qui ne plaisante pas avec les sous-vêtements et qui vous offre même la possibilité de dormir avec un caleçon assorti au pyjama de votre femme ! cliquez sur fleche-962AU POIL 

 

 

 

Fernando BOTERO dans le big top !

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Peintre et sculpteur colombien Fernando Botero est  né le 19 avril 1932 à Medellín.

À l’instigation de son oncle, le jeune Fernando Botero suit une école de tauromachie pendant plusieurs années, mais sa véritable vocation est l’art. Adolescent, il commence à peindre, puisant son inspiration dans l’art précolombien et le style colonial espagnol qui l’entourent, ainsi que dans l’œuvre politique du peintre muraliste mexicain Diego Rivera. Botero expose pour la première fois ses tableaux en 1948 et donne, deux ans plus tard, sa première exposition individuelle à Bogota. Au début des années 1950, il part étudier la peinture à Madrid et gagne sa vie en faisant des copies de tableaux conservés au musée du Prado – notamment de Goya et Velazquez, ses idoles de l’époque –, qu’il vend aux touristes. Il consacre une grande partie des années 1950 à l’étude des trésors artistiques de Paris et de Florence.

C’est à cette époque que Botero commence à jouer sur les proportions et la taille des sujets qu’il peint. Quand il s’installe en 1960 à New York, il a trouvé son style : la représentation de personnages ronds et opulents. Ces œuvres renvoient à l’art populaire latino-américain, par l’emploi de couleurs vives et franches, de formes aux contours nets. Botero aime les surfaces lisses, sans texture, où disparaissent les coups de pinceau, comme dans La Famille du président (1967).  Résultat de recherche d'images pour "fernando botero la famille du président" Pour ce type de sujet, il s’inspire également des maîtres anciens qu’il a imités dans sa jeunesse : ses portraits de la bourgeoisie, des dignitaires politiques et religieux, renvoient clairement à la composition et au hiératisme des portraits officiels de Goya et Velázquez. Le grossissement des sujets, comme ceux de La Famille du président, a aussi une dimension satirique, comme si les personnages étaient gonflés de leur propre importance. Les autres toiles de cette période représentent des scènes de lupanar et des nus, où Botero dépeint les mœurs sexuelles sur un ton humoristique, Résultat de recherche d'images pour "fernando botero una familia" et des portraits de famille Résultat de recherche d'images pour "fernando botero una familia" empreints de douceur et de tendresse.

En 1973, Botero retourne à Paris et se tourne vers la sculpture. Il développe dans ses œuvres en trois dimensions les préoccupations qui hantent sa peinture, en privilégiant là encore les personnages aux formes rondes et volumineuses. En 1983, il installe son atelier de sculpture à Pietrasanta, en Italie. Ses sculptures monumentales en bronze, telles que Soldat romain (1985), Maternité (1989) et La Main gauche (1992), sont présentées dans des expositions en plein air dans le monde entier au cours des années 1990 (à Florence en 1991, sur les Champs-Elysées à Paris en 1992, sur Park Avenue à New York en 1993).

À partir des années 1980, il peint essentiellement des tableaux de tauromachie. Après avoir traité de la violence en Colombie, il dénonce, dans des huiles et dessins réalisés en 2004 et 2005, les tortures infligées aux détenus de la prison d’Abou Ghraib en Irak.Résultat de recherche d'images pour "fernando botero torture"

À plusieurs reprises, le peintre a fait don aux villes de Bogota et de Medellín d’une partie de sa collection privée, constituée de ses propres créations, mais aussi d’œuvres d’autres artistes, tels que Auguste Renoir, Claude Monet, Pablo Picasso et Henry Moore.

L’un des artistes les plus exceptionnels du 21ème siècle,  est-il Fernando Botero ? 

Botero a apporté une nouvelle interprétation à l’esthétique de notre époque, elle est  illustrée  en six sections – le cirque, Résultat de recherche d'images pour "botero le cirque"les corridas, les gens d’Amérique latine, la vie latino-américaine, des natures mortes et des versions de maîtres du passé de l’histoire de l’art. Les œuvres de l’artiste contiennent de nombreuses références à sa propre culture, et dans un style unique, elles remettent en question le concept de la beauté dans notre siècle.

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Les peintures de nature morte jouent un rôle crucial dans le travail de Botero. À la fin des années 60 , elles nourrissaient régulièrement la séduction d’une image qui est allée au-delà de la simple composition des fruits ou des objets disposés sur une table, révélant souvent un monde à part entière – un monde riche et diversifié, régi par des règles bien établies.

Quand je peins une pomme ou une orange, je sais qu’il sera possible de les reconnaître,  et que c’est moi qui les peint, parce que je cherche à donner à chaque élément peint, même le plus simple, une personnalité qui vient d’une conviction profonde.

Ainsi, pour Botero la question primordiale est de conférer une image authentique, même à des objets inanimés,  des natures mortes.

En principe, les éléments qui les composent sont enfermés dans un espace restreint, rendu encore plus serré par la présence de lourdes tables qui affichent leurs volumes et des tailles arrondies. Comme dans sa Nature morte avec un homard, et dans l’élégante nature morte aux fruits,   l’influence de Cézanne est perceptible.

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L’un des éléments qui caractérisent le mieux les tableaux de Botero est sa capacité à combiner  la culture latino-américaine, nourrie par son penchant pour l’hyperbole et le fantastique,  avec celle de l’Europe d’une manière exceptionnelle.

Botero n’imite pas: il reconstitue à sa manière…

Son approche n’est certainement pas l’imitation des œuvres des maîtres ou la réplique mécanique d’un modèle. Ce sont des réinterprétations complètes dans lesquelles Botero souhaite rendre un hommage aux grands peintres, mais en appliquant une dose d’ironie bienveillante, à des peintures très célèbres tels que La Fornarina de Raphaël ou Le mariage Arnolfini de Jan van Eyck, ou les Ménines de Diego Velazquez. Il reconstitue ainsi leur esprit après plusieurs siècles en les présentant de façon contemporaine et en les alignant sur son idée originale en termes de volume, d’ espace, et de couleurs.

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La corrida est un thème qui ne pouvait pas être négligé dans le travail de Botero. Un thème fascinant et très suggestif qui est profondément enraciné dans la tradition de son peuple.

« J’ose peindre les Corridas parce que je suis très familier avec le thème. Il est impossible de peindre s’il n’existe pas une relation forte entre le sujet et l’âme. Cette relation est absolument nécessaire dans la mesure où elle vous donne une sorte d’autorité morale. Cette autorité que j’avais pour ce thème, coulait du sang  de ma propre vie»

La vie latino – américaine Résultat de recherche d'images pour "fernando botero peinture"
dans ses travaux  sur ce sujet, Botero insiste sur la vitalité de l’ homme qui ne peut être éteint, même dans les conditions les plus terribles de la misère, dans les bidonvilles, dans des endroits où la vie n’a pas de raison apparente … Dans les peintures de Botero il y a un fond du peuple  Résultat de recherche d'images pour "fernando botero peinture" une fidélité à sa propre culture latino-américaine, une mémoire vive de sa fantaisie pendant l’ enfance. Peu importe combien son style a été perfectionné et enrichi par son contact avec l’ Europe, les personnages du drame civique et privé, le quotidien, les bordels, les fêtes dansantes, les prêtres et les cardinaux Résultat de recherche d'images pour "fernando botero peinture" sont et continuent d’être tenacement présents dans son travail .

Botero se fige sur les scènes  de la vie quotidienne des Colombiens – souvent des scènes dramatiques dans la rue, où un individu est poursuivi par un policier dans l’ indifférence totale, ou comme dans le suicide,  un homme désespéré se défenestre.   Et, bien sûr, il y a des moments de divertissement, où les couples dansent dans une salle de danse. Résultat de recherche d'images pour "fernando botero peinture"

Les gens d’ Amérique latine

« Vous pouvez trouver dans ma peinture un monde que j’ai appris à connaître au cours de ma jeunesse. Résultat de recherche d'images pour "fernando botero peinture" c’est  une sorte de nostalgie dans laquelle je me suis tourné pour le thème central de mon travail. J’ai vécu quinze ans à New York et  longtemps en Europe, mais cela n’a rien changé dans mon approche latino-américaine, sur sa nature et son esprit. La communion avec mon pays est totale. »

Les points de référence pour le jeune Botero étaient inévitablement les planches multicolores et les sculptures d’art colonial,  l’essentiel de l’art populaire et, en ce qui concerne la pureté de la forme, l’art précolombien . Ces éléments qui continuent d’être présents dans ses tableaux. sont les traits d’une poétique qu’il a affinée au fil des années, mais qui contiennent un patrimoine culturel spontané.Résultat de recherche d'images pour "fernando botero peinture"

« Quand j’ai commencé, c’était une profession exotique. Ma famille m’avait prévenu: on ne peut pas te soutenir », raconte-t-il, avant de lâcher dans un éclat de rire: « Je l’ai fait quand même, heureusement ».

Comme une revanche, l’école qui avait renvoyé cet élève turbulent porte désormais son nom.

Botero a délibérément pensé et réinterprété le conflit entre la barbarie et l’humanité en les intégrant à ses propres canons artistiques.