Les chiens devenus Stars

Si bien des acteurs se conduisent en cabot, on ne compte plus en revanche, les chiens devenus vedettes. Quelle belle affiche ne pourrait-on pas réaliser avec les chiens célèbres du cinéma, du dessin animé, de la littérature, de la bande dessinée, de la pub ou de la télé !

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Mickey sans son chien PLUTO , Lucky Luke sans RANTANPLAN, Tintin sans MILOU, Obelix sans IDEFIX, c’est aussi impossible à concevoir que Laurel privé de Hardy.laurel hardy Et on peut, à la suite de ces quatre là, citer d’un trait DINGO, SNOOPY, DROOPY, BELLE et le CLOCHARD, Les CENT UN DALMATIENS, RINTINTIN, RIC ET RAC, PIF, POLLUX du manège enchanté, GAI LURON (Gotlib) CUBITUS, LASSIE, CROC BLANC, MABROUK qui fut la vedette de l’émission TV «Trente millions d’amis» etc…. N’ayons garde d’oublier NIPPER, le fox célèbre qui écoutait la voix de son Maître et le boxer de Kléber-Colombes.

Nipper, le fox-terrier, La Voix de son Maître, Publicité RCA, Cl1/2. Elisabeth Poulain

♦ Aussi loin qu’on remonte dans le temps, on trouve le chien au côté de l’homme. Dans les plus anciens textes du Zend Avesta, Résultat d’images pour zend avesta on lit déjà cet hommage à notre compagnon à quatre pattes : Le monde ne subsiste que par l’intelligence du chien.

Le grand zoologiste CUVIER écrivait  :

La conquête la plus remarquable, la plus complète, la plus utile que l’homme ait jamais faite, c’est celle du chien. Il est le seul animal qui ait suivi l’homme sur toute la surface de la terre.

Ce que Maxime DUCAMP résumait en une formule célèbre : «Ce qu’il y a de meilleur en l’homme, c’est le chien »  Rien n’est plus vrai, mais à deux conditions toutefois :

  • La première, c’est que le nombre des chiens ne dépasse pas un seuil de tolérance ; la difficulté étant précisément de définir ce seuil en France, en Angleterre, en Irlande, au Danemark ,  on trouve un chien dans plus d’un foyer sur quatre. En Allemagne, en Norvège, en Autriche ou en Suisse, moins de 10% des foyers possèdent un chien.
  • La deuxième condition est que les chiens reçoivent de leur maître les bases d’une éducation correcte. Mais, à notre époque d’incivisme galopant et de laisser aller généralisé, qui donc se chargera d’assurer l’éducation des maîtres ?

♦ En dépit de campagnes  invitant les maîtres à pipi «apprendre le caniveau» à leur chien, circuler sur les trottoirs de certaines villes relève au mieux de la course d’obstacle, au pis du patinage artistique.  Mais il serait vain d’adresser au chien des reproches que son maître est seul à mériter.

Le chien accomplit au service de l’homme une infinité de travaux où ses qualités innées ou acquises font merveille : Il existe des chiens de garde, des chiens de berger, des chiens de chasse, des chiens de compagnie, des chiens policiers, des chiens d’avalanche, des chiens soldats, des chiens dressés à découvrir aussi bien la drogue que les truffes, et surtout des chiens d’aveugles qui s’acquittent de leur tâche avec un sérieux et une conscience admirables.

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♦ De la longue cohabitation entre l’homme et le chien, notre langue a gardé des traces importantes : Il existe une infinité de mots, d’expressions ou de proverbes dont le chien est la référence. Il y a la constellation du chien, les îles Canaries, la canicule, le chiendent, la chenille (petite chienne) la chiennerie, le chien-assis, le chien du fusil, le chien couchant, le chien-chien à sa mémère….aussi  caniche

Il fait un temps de chien, on a subi un coup de chien, on est entre chien et loup, on est malade comme un chien, on dort en chien de fusil. On garde à quelqu’un un chien de sa chienne, on le reçoit comme un chien dans un jeu de quilles, on se regarde en chien de faïence, on est comme chien et chat. Il prend un air de chien battu. Cette femme a du chien, elle se coiffe à la chien. Cet homme est d’une humeur de dogue, il l’a suit comme un toutou, il est frisé comme un caniche . Les chiens aboient, la caravane passe. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage…etc.

Il est a remarquer que la plupart de ces expressions sont péjoratives. Ce qui suffirait à démontrer que si la fidélité est la principale qualité du chien. L’ingratitude pourrait bien être le pire défaut de l’homme !

Le chien a inspiré quelques pensées nobles, drôles ou perfides :

  • Les chiens n’ont qu’un défaut : ils croient aux hommes ( Elian Finbert)
  • Ne laissez pas votre chien en laisse si vous voulez qu’il vous soit attaché (Albert Willemetz)
  • Celui qui promène son chien est au bout de la laisse promenade  (Maurice Jeanneret)
  • Glouton, coureur, méchant, lâche et galeux ; en somme feu mon chien était presque un homme ( Jules Janin)
  • J’ai connu un homme qui adorait son chien. Toutefois, un jour de famine, il s’est résigné à le manger. Mais en regardant les os qu’il laissait dans le plat, il ne put s’empêcher de dire : «Pauvre Médor ! comme il se serait régalé !» (Jules Renard)

Pour finir sur une citation tendre, voici l’inscription qui figurait sur le collier du chien d’un homme célèbre :

  • Je m’appelle FOLETTE. Beaumarchais m’appartient. Nous habitons rue Vieille-du-Temple au 28.

On pourrait parodier Beaumarchais en disant : Aux qualités qu’on exige d’un chien, connaissez-vous beaucoup de maîtres qui soient dignes d’être adoptés ?

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Histoire de la BANDE DESSINÉE

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♦ De tout temps, l’homme éprouva le besoin de raconter des histoires au moyen d’images. Déjà, cent trente siècles avec J-C., quelques uns de nos ancêtres de l’époque magdalénienne, représentaient sur les parois de la grotte de LASCAUX leur combat quotidien contre les bêtes sauvages.

Dix mille ans après eux, les Égyptiennes couvraient de dessins et d’hiéroglyphes les murs des temples de leurs dieux et des tombeaux de leurs pharaons. Plus près de nous, en 1077, la reine MATHILDE finissait de broder sur une toile longue de 70.34 m et haute de 0.50 m le récit des exploits de son Conquérant d’époux. Guillaume 1er, duc de Normandie qui, en 1066, était monté sur le trône d’Angleterre.

Vers la fin du XIXè quelques créateurs géniaux entreprirent de raconter des histoires en images. Mais, ce n’étaient pas là de vraies bandes dessinées puisqu’il leur manquait cet élément essentiel à la B.D qu’on nomme la bulle ou, plus scientifiquement le phylactère. Il ne faut pas se tromper : c’est le phylactère qui fait la B.D, plus sûrement que l’habit fait le moine. Le mot existe depuis la nuit des temps. C’était à l’origine un porte bonheur, un étui que les Juifs pratiquants portaient toujours sur eux et à l’intérieur duquel ils glissaient un morceau de parchemin sur lequel ils avaient écrit un verset de la Torah. Au Moyen Age, on appelait phylactère un banderole que les peintres ou les maîtres verriers dessinaient au-dessus des Saints Personnages qu’ils représentaient et dans laquelle ils inscrivaient une phrase attribuée aux dits personnages.

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Cette origine religieuse et savante de leurs bulles n’est sûrement pas pour déplaire aux fervents adeptes de la B.D

LES ANCÊTRES DE LA B.D

♦ Parmi les véritables ancêtres de la Bande Dessinée, quelques noms sont à retenir, celui du Suisse TOPFFER, de l’Allemand WILHELM BUSH (1832-1908), ainsi que ceux de trois Français dont deux sont connus, même d’un public enfantin, ce sont CARAN D’ACHE, CHRISTOPHE et BENJAMIN RABIER.

CARAN D’ACHE  ( 1859-1909) ce dessinateur né à Moscou se nommait en réalité EMMANUEL POIRÉ. Il avait choisi son pseudonyme d’après le mot KANRANDASH qui signifie «crayon» en russe. Il est connu pour ses dessins nationalistes et anti-Dreyfusards  

CHRISTOPHE (1856-1945) était, sous son véritable nom de Georges COLOMB, le très sérieux sous-directeur du laboratoire de botanique à la Sorbonne. Pour amuser les enfants, il imaginait les Aventures du Sapeur Camembert, du Savant Cosimus, et de la famille Fenouillard, qu’il signait Christophe ( parce que Christophe …Colomb…Ah,  ah, ah !)

BENJAMIN RABIER ( 1864-1939) est le père de Gédéon, un canard français presque aussi célèbre que son confrère américain Donald.

Mais pour l’historien de la B.D, les œuvres de ces ancêtres n’étaient que balbutiements. Il leur manquait encore la fameuse bulle.

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La bande dessinée est née aux États-Unis. Elle est un phénomène directement lié à la presse et qui s’est développé avec  elle. La naissance officielle de la bande dessinée remonte à 1896, avec THE YELLOW KID ( le gamin jaune) crée par OUTCAULT. A cette époque, deux journaux se livraient une guerre acharnée : York World de Joseph PULITZER et le Morning Journal de William Randolp HEARST . C’est dans le New-York World que parut pour la première fois un feuilleton en couleur relatant les aventures d’un gamin aux traits chinois qu’on baptisa YELLOW KID.

Immédiatement, le journal concurrent allait contre attaquer et les créations se succéder à un rythme d’enfer.

• En 1897, RUDOLF DIRKS crée les KATZEN JAMMER, ces affreux jojos encore connus de nos jours, en France sous le nom de PIM-PAM-POUM.

• En 1902, OUTCAULT crée BUSTER BROWN

• En 1913, BRINGING UP FATHER ( en français : LA FAMILLE ILLICO) par Mac Manus.

• En 1920, WINNIE WINKLE ( en français : BICOT) par BRANNER.

• En 1924, apparaît pour la première fois LITTLE ORPHAN ANNIE ( la petite annie) par GRAY.

LA B.D EN FRANCE

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♦ Comment prononcer en France le mot d’«image». sans évoquer aussitôt «Les images d’ÉPINAL» qui naquirent en 1825 dans l’imprimerie PELLERIN. D’un dessin naïf, souvent patriotique et toujours moralisatrice, l’image d’Épinal était vendue en feuilles uniques par les colporteurs. Elle connut un succès éclatant rendant tout le XIXème siècle.

• En 1889, l’éditeur ARMAND COLIN lance Le Petit Illustré Français, un journal qui offrait la particularité de présenter chaque semaine sur une double page une histoire en images. Ce journal publia les aventures de LA FAMILLE FENOUILLARD et du SAPEUR CAMEMBER de CHRISTOPHE.

• 1905 naissance de la Semaine de Suzette ou, dès le numéro 1, apparaît BÉCASSINE, l’immortelle héroïne de Joseph Porphyre PINCHON. Son succès incita un éditeur concurrent à publier un journal destiné également aux jeunes filles et ce fut FILLETTE dans lequel paraîtra une histoire qui connaîtra pendant des années un véritable triomphe.

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LES MILLE ET UN TOUTS DE L’ESPIÈGLE LILI imaginée par JO WALLE et dessinée par A.VALLET.

Toutes ces parutions étaient trop sages au goût des cinq frères OFFENSTADT qui décidèrent de lancer des journaux plus populaires. Après le petit illustré, ils firent paraître L’ÉPATANT le 9 avril 1908. Dès son numéro 9, le journal publiait la série en images qui allait assurer sa gloire et consacrer le nom de son auteur : LES PIEDS NICKELÉS de Louis FORTON.

• 3 mai 1925 : Voici la date historique que doit connaître tout amateur de B.D ; c’est celle de la parution du n°114 du journal Le Dimanche illustré. Afin de remplacer à la dernière minute une publicité, on cherche un bouche trou. Ce sera le premier épisode de la première véritable bande dessinée française : ZIG ET PUCE veulent aller en Amérique d’Alain SAINT-OGAN.

En 1929, Paul WINKLER, un journaliste d’origine Hongroise fonde l’agence de presse OPERE MUNDI qui représentera en france le King Feature Syndicate le plus grand producteur de B.D aux USA.

♦ Comme la plupart des journaux de l’époque se font tirer l’oreille pour publier des histoires en images. Winkler en est réduit à créer son propre journal. Avec l’autorisation de WALT DISNEY qui a inventé MICKEY en 1929,  il sortira le 21 octobre 1934 le premier numéro du Journal de Mickey. Ce sera un succès prodigieux qui dure encore aujourd’hui.

Paul Winkler consolidera cet engouement pur la B.D américaine en faisant paraître en 1936 Robinson et Hop-la en 1937 . Le public français fait ses délices de MANDRAKE, du FANTÔME,  de JIM LA JUNGLE, de GUY L’ÉCLAIR [FLASH GORDON] , de BRICK BRADFORD et de l’AGENT SECRET X9.

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La première B.D française quotidienne est apparue en 1934. Ce sont les AVENTURES DU PROFESSEUR NIMBUS de A.DAIX.

LA B.D EN BELGIQUE

L’histoire de la B.D en Belgique, puis dans le monde, est dominée par la personnalité d’HERGÉ. Né le 22 Mai 1907, GEORGES RÉMI publie es premiers dessins dans une petite feuille de chou – tout étonnée d’être entrée dans la légende – le Boy Scout belge, en février 1924. C’est dans ce même journal qu’il publiera le première bande dessinée belge : TOTOR C.P DES HANNETONS à partir de juillet 1926 et jusqu’en 1929 TOTOR annonce déjà TINTIN.

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HERGÉ entre ensuite, en 1927, au quotidien belge Le Vingtième Siècle. les dirigeants du journal ont la bonne idée de lui confier un supplément pour les jeunes. Une grande page qui, une fois pliée, forme un petit journal de 8 pages – Le petit vingtième. Le premier numéro paraît le 1er novembre 1928. Dès le numéro 11, le 10 janvier 1929, HERGÉ commence à faire publier TINTIN AU PAYS DES SOVIETS. Le jeune reporter TINTIN ne connaîtra plus désormais un instant de repos. Il découvrira le Congo (1930) – L’Amérique (1931) L’Orient avec LES CIGARES DU PHARAON (1932) . L’Extême Orient dans LE LOTUS BLEU ( 1934) , l’Amérique du Sud avec L’OREILLE CASSÉE (1935) , l’Angleterre et  l’Écosse dans L’ÎLE NOIRE (1937) , l’imaginaire royaume de Syldavie avec le SCEPTRE D’OTTOKAR (1938) , la série de L’OR NOIR  qui conduisit TINTIN  dans les Émirats arabes sera interrompue par l’invasion allemande au bas de la planche 56. Le Vingtième Siècle ayant cessé de paraître le 8 mai 1940, les lecteurs devront patienter plus de huit ans avant de connaître la suite : le 28 octobre 1948. L’OR NOIR paraîtra, mais dans l’hebdomadaire TINTIN, cette fois.

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Autre grand journal de B.D : Spirou, lancé par l’éditeur Belge JEAN DUPUIS, voit le jour le 21 avril 1938. C’est le dessinateur français Robert Velter (ROB-VEL) qui est chargé de créer le personnage de SPIROU (en wallon, un «Spirou » est un gamin déluré) qui travaille comme groom au Moustic-Hôtel Mobilisé en 1939. Velter confie à sa femme Davine le soin de continuer la série. Après elle, le personnage passera aux mains de Gillain (JIJE) , de Franquin et de Fournier.

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C’est dans les hebdomadaires Tintin et Spirou – qui seront rejoints, à partir de 1959, par Pilote – que vont naître tous les héros de la B.D. d’aujourd’hui.

En France, à partir de 1962, critiques et exégètes commencent à s’intéresser à la bande dessinée. Peu à peu on voit naître la B.D pour adultes, qu’officialisera en 1972 L’Echo des Savanes.

♦ Puis, c’est la floraison des grands mensuels de la B.D moderne : Charlie Métal Hurlant, Fluide Glacial, Circus, A suivre, Vécu, qui révéleront la plupart des créateurs d’aujourd’hui : TARDI, BILAL, BOURGEON, MOEBUIS, MARGERIN, VICOMTE ET MAKYO, JUILLARD…Et tant, tant d’autres. Comment le citer tous lorsqu’on pense qui paraissent chaque année près de 700 albums et peut-être plus, publiés par les grands éditeurs spécialisés. C’est l’âge d’or de la B.D dont les albums se vendent à plusieurs millions d’exemplaires chaque année.

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♦ Aujourd’hui la bande dessinée a sa capitale : ANGOULÊME. qui accueille depuis 1974 le festival de la Bande Dessinée.

J’en suis arrivée  à me demander si les petits personnages d’encre et de papier dont les aventures nous enchantent ne sont pas vivants parmi nous ?  Comme n’importe quel général ou politicien célèbres, TINTIN et MILOU possèdent leur statue dans le Parc de Volvendeel à Uccle (Belgique) Dans le château de la chapelle d’Angillon (Loire) , MICKEY, LES SCHTROUMPS, ASTERIX LE GAULOIS revivent dans de gigantesques parcs d’attraction.

Sans doute éprouvons-nous le besoin d’échapper à la pesanteur de notre planète malade pour nous réfugier dans le monde de la B.D, où les rêves ont la légèreté d’une bulle.

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Benoîte Grould, une grande figure du féminisme a disparu.

Morte à 96 ans en juin dernier, Benoîte Groult a incarné avec grâce et intelligence le combat pour les droits des femmes. Sa vie et ses livres illustrent la générosité et l’engagement de cette femme éprise de liberté.

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Si l’on devait résumer en un mot la longue vie de Benoîte Groult, celui de « liberté » s’imposerait sans l’ombre d’un doute. Car c’est bien une femme libre, une inlassable militante pour la liberté, qui vient de disparaître, à 96 ans, dans sa maison d’Hyères dont elle aimait tellement le climat méditerranéen et la lumière.

Elle est morte dans son sommeil comme elle l’a voulu, sans souffrir

a indiqué sa fille Blandine de Caunes, ajourant :

Il y a  le choc de la mort, mais c’est mieux ainsi car elle n’allait pas très bien.

Avec ce décès, c’est une des grandes figures du féminisme français qui disparaît. Pas une icône intellectuelle et intimidante comme Simone de Beauvoir, l’auteure du Deuxième Sexe, qu’elle admirait tant. Pas non plus une pasionaria vindicative et inquiétante. Non, une femme solaire, généreuse, qui savait trouver les mots les plus justes pour toucher ses lectrices et ses lecteurs, une femme qui nourrissait ses combats des expériences de sa propre vie et les racontait avec sincérité dans des livres qui, dès le départ, connurent le succès : en 1975, Ainsi soit-elle, est vendu à plus d’un million d’exemplaires en France et est traduit dans le monde entier ! Un an après le vote de la loi Veil sur l’avortement qu’elle a beaucoup soutenue, elle y dénonce la condition de second ordre des femmes à travers l’histoire, et y condamne, comme personne avant elle, l’excision. Elle a alors 55 ans, et déjà une sacrée vie derrière elle, fait de joies et de douleurs, de légèreté et d’engagements. La joie, c’est celle d’une gamine de la bourgeoisie intellectuelle des Années Folles née en 1920. Son père, André, est un brillant créateur de meubles. Sa mère, Nicole, sœur du couturier Paul Poiret, dessine des vêtements.

Il y a de l’insouciance dans l’adolescence de Benoîte et de Flora, sa cadette, son inséparable. Les années de guerre ne sont simples pour personne, elles sont particulièrement cruelles pour elle : ses deux premiers maris, Blaise qu’elle épouse en 1943, et Pierre en 1945, meurent quelques mois après leur mariage. Il en restera toujours une blessure. A la libération, elle entre à la Radiodiffusion française. C’est là qu’elle fait la connaissance d’un fringuant journaliste, Georges de Caunes. Coup de foudre, Noces. Mais l’amour fou est de courte durée, et, malgré la naissance de Blandine et Lison, le couple se sépare.

La rencontre qui va bouleverser sa vie a lieu en 1952, un journaliste de la radio là encore, Paul Guimard. Ils ne se quitteront plus jusqu’au décès de celui-ci en 2004, dans la maison d’Hyères, déjà. Ensemble, ils vont tout partager, la passion pour la mer, le goût de l’écriture et celui des combats politiques. Ils auront une autre fille, Constance. Benoîte soutient Guimard lorsqu’il décide de se lancer dans une carrière de romancier, il la pousse à faire de même : en 1958, elle signe son premier livre, Journal à quatre mains, coécrit avec Flora, sa sœur.

Benoite et Flora Groult

La complicité des deux sœurs Groult est telle qu’elles semblent ne pouvoir se passer l’une de l’autre, et les livres écrits à deux s’accumulent. Ce n’est qu’en 1972, à partir de La Part Des Choses, un roman, que Benoîte osera prendre seule son envol littéraire, avec notamment Ainsi soit-elle.

Cet essai marque l’aboutissement du cheminement féministe de Benoîte Groult. » Je me suis réveillée tard », dira-t-elle à ce propos. Ce n’est en effet qu’après Mai 68 qu’elle prend réellement conscience des batailles à mener pour les droits des femmes. Elle s’y lance à corps perdu, devenant dans les médias  » La féministe de service », comme elle en souriait elle-même.

Femme de gauche, proche de François Mitterrand, elle se voit confier, par celui-ci, la responsabilité d’une commission chargée de féminiser les noms de métiers : Cela ne se fera pas sans remous, mais renforce sa conviction dans le fait que rien n’est encore gagné pour ce qui est de la place des femmes dans la société.

Ces dernières années, cette inlassable militante avait choisi de s’engager pour la légalisation de l’euthanasie et du droit de mourir dans la dignité. Comme toujours, elle en avait fait le sujet d’un livre, le bouleversant  » La Touche étoile » .

Le 20 juin dernier, Benoîte Groult est morte digne et libre, comme elle a vécu.

3 choses à savoir 

  • Durant tout sa jeunesse, ses parents et ses proches préféraient l’appeler Rosie. Trouvant Benoîte trop dur pour une fillette
  • Journaliste pendant près de quarante ans, elle a toujours privilégié la presse féminine et progressiste comme Elle ou Marie-Claire, créant même en 1978 le mensuel féministe F.Magazine.
  • En 1982, elle vient jurée du prix fémina, un prix littéraire sont les membres sont des femmes, qui fut crée en 1904 pour s’opposer au Goncourt dominé par les hommes.

CHRISTINE JANIN – l’Histoire d’une femme exceptionnelle

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Alpiniste de l’extrême, elle soutient le peuple népalais.

Depuis 1994, cette Française met toute son énergie au service des enfants malades. Aujourd’hui, elle vient en aide aux Népalais victimes, en avril 2015, d’un séisme.

Portrait d’un femme au grand cœur :

Enfant, Christine Janin se rêvait médecin humanitaire, pour voyager et sauver la terre entière. Médecin, elle l’est devenue, mais elle n’a jamais pratiqué. La vie l’a guidée sur un autre chemin . Le 5 octobre 1990, elle est entrée dans la légende en devenant, à 33 ans, la première Française à gravir l’Everest, avec oxygène.

Pendant quinze ans, elle a enchaîné les expéditions et les exploits. Quand elle est redescendue de ses montagnes, elle a transformé ses conquêtes en une oeuvre utile. En 1994, elle a crée l’association « A chacun son Everest »  qui aide les enfants atteints de cancer ou de leucémie à reprendre confiance en eux. Il y  parviennent en participant à des défis sportifs que Christine Janin organise durant les vacances scolaires, dans sa grande maison de Chamonix. Depuis 2011, l’établissement accueille aussi les femmes en rémission d’un cancer du sein.

C’est une vie intense, pleine d’amour, parfois fatigante, mais quel bonheur de rendre les gens heureux !  explique-t-elle.

Le 25 avril 2015, un tragique événement a poussé Christine à se lancer dans une nouvelle aventure humanitaire. Ce jour-là, un séisme de magnitude 7.8 sur l’échelle de Richter a frappé le Népal. Quelques jours plus tard, le 12 mai, une seconde réplique est tout aussi ravageuse. Bilan de la catastrophe : près de 9 000 morts, quelque 20 000 blessés et plus de 500 000 maisons détruites. Christine était en Inde pour ce peuple si généreux.

L’Everest fait partie de mon histoire. Il m’a tout donné, tout offert. Il a changé ma vie. Je ne pouvais pas rester sans rien faire. C’était à mon tour de tendre la main.

Pour récolter des dons et venir en aide aux sinistrés, Christine crée l’association « Bikram Solidarité Népal », du nom de Bikram Singh, un guide népalais de 35 ans qu’elle considère comme son fils adoptif. Christine l’a pris sous son aile après le décès, des suites d’un cancer, de son épouse Française.

Il était seul, désespéré. Je lui ai promis de venir travailler à l’association pour lui donner un but. Un lien très fort s’est crée entre nous.

En décembre 2014, après avoir vécu quatre années en France. Bikram rentre au Népal, car son pays lui manque. Mais une fois encore, le guide voit sa vie s’effondrer.

Trois semaines après le séisme, Christine s’est envolée pour le Népal avec 24 000 euros de dons et deux tonnes et demie de matériel ( tentes, couvertures, chaussures, vêtements..) Depuis Christine retourne là-bas deux fois par an pour suivre les actions qu’elle et Bikram mettent en place et pour recevoir ceux qu’ils ont aidés. A commencer par Sumjio et ses trois petites filles que Christine a connues lors d’un trekking, en décembre 2014. Au moment de la catastrophe, la mère de famille a eu le bassin fracturé. Elle a perdu sa maison et, pire, son mari. Sans revenu et à la rue, elle a été prise en charge par l’association. Aujourd’hui, Sumjio a retrouvé le sourire. Elle remarche, ses filles vont à l’école et la reconstruction de sa maison est bientôt terminée. L’association Bikram Solidarité Népal est aussi venue en aide à une trentaine d’enfants handicapés qui n’avaient plus de toit. Il dorment désormais dans une maison en dur et sur des matelas.

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http://www.bikram-solidarite-nepal.org/a-propos/

Christine a encore de beaux projets en tête, comme reconstruire des maisons et des écoles, aider à la scolarisation de jeunes filles par le biais de parrainages, amener l’eau dans les villages….Sur place, elle peut compter sur la générosité et de dévouement de Bikram.

En juillet, elle refera le voyage, les bras chargés de matériels et de donc. le pays se reconstruit lentement.

Il va falloir dix ans pour qu’il se remette debout, confie Christine. Les Népalais ont encore besoin d’aide et, surtout, ils ont besoin de savoir qu’on ne les oublie pas.

Pour Christine, la meilleure façon de le faire, et d’y retourner et de leur donner du travail.

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3 choses à savoir sur la reconstruction du Népal

  • Un an après le séisme, la communauté internationale a versé 1.1 milliard de dollars au Népal pour l’aide à la reconstruction du pays, sur les 4.1 milliards promis
  • La plupart des famille sinistrées ont touché moins de 230€ sur les 2 000 € promis
  • Selon la croix-rouge, près de quatre millions de personnes vivent encore dans des abris de fortune, sans sanitaires ni eau potable.