René GOSCINNY génial scénariste …

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Qui, mieux que Goscinny, peut nous introduire à Goscinny ? « J’ai touché la main de Brassens, je suis au mieux avec Sempé, j’ai bien connu René Fallet, un soir à Montmartre, j’ai même salué Marcel Aymé qui parlait aux pigeons. Alors si vous me demandez aujourd’hui qui je suis, je répondrai que je suis l’homme qui n’a pas dit bonjour à Goscinny. » Le ton est donné.

1.  D’un ailleurs à l’autre

Deux ans après son frère Claude, René Goscinny naît à Paris, le 14 août 1926, de Stanislas Goscinny, ingénieur chimiste venu de Pologne, et d’Anna Beresniak, d’origine ukrainienne. Son grand-père maternel, Lazare, qui a ouvert une imprimerie à Paris, est l’auteur du premier dictionnaire yiddish-hébreu.

Deux ans après la naissance de René, son père, appelé à de nouvelles fonctions, part avec femme et enfants pour Buenos Aires. René, comme son frère, effectue ses études primaires et secondaires dans les établissements français de la capitale argentine. En 1943, le décès de son père, terrassé par une hémorragie cérébrale, l’oblige à interrompre ses études. D’abord employé dans un service comptable, son talent de dessinateur lui vaut d’être engagé dans une agence de publicité.

En 1946, il embarque avec sa mère pour New York afin de rejoindre un membre de la famille. Les débuts professionnels aux États-Unis s’avèrent difficiles. À défaut d’exercer une activité satisfaisante, René Goscinny fait de nombreuses rencontres : celle de dessinateurs français et belges venus confronter l’idée qu’ils s’étaient faite d’un pays longtemps rêvé avec une réalité parfois rude ; celle de jeunes graphistes américains qui font leurs débuts dans un monde qui ne leur est pas plus accueillant qu’à leurs collègues étrangers.

René Goscinny trouve un emploi dans un studio où il côtoie Harvey Kurtsman, Will Elder et John Severin qui formeront, plus tard, le noyau de l’équipe de Mad Magazine. Tous se livrent alors à des besognes variées : publicités, illustrations de livres pour la jeunesse… C’est précisément chez un éditeur de livres pour enfants que Goscinny croit enfin avoir trouvé un emploi durable. Mais l’entreprise fait faillite. Au cours de ces péripéties professionnelles, Goscinny fait la connaissance de Morris qui a déjà lancé Lucky Luke, de Joseph Gillain, dit Jijé, auteur d’une bande dessinée intitulée Jean Valhardi et futur créateur du western Jerry Spring, de l’éditeur Dupuis et de Georges Troisfontaines, directeur de l’agence World Press qui livrait des bandes dessinées au journal Spirou. Incité par Jijé à orienter son activité vers la bande dessinée, il met en images le personnage de Dick Dicks.

2.  Le scénario selon Goscinny

De retour en France en 1951 (« Sept ans d’Amérique, ça commençait à bien faire »), Goscinny se voit confier la responsabilité de l’antenne parisienne de World Press par Georges Troisfontaines. Il y fait la connaissance d’Albert Uderzo, laquelle, après celle de Morris aux États-Unis, lui permet de comprendre le parti qu’il peut tirer des échanges entre auteur d’histoires et « metteur en images ». La division des activités – scénario, graphisme,  mise en couleurs et jusqu’à la fonction d’éditeur qui tend à ressembler à celle de producteur – rapproche la bande dessinée du cinéma, ce dernier exerçant par ailleurs une influence sur le développement de genres comme le western ou le thriller. On doit à Morris une très fine analyse de la manière dont on peut restituer le mouvement dans la bande dessinée : « J’ai remarqué que la phase qui donne le mieux l’idée du mouvement est celle où celui-ci est le plus lent. Je donne généralement l’exemple de Joe Dalton qui casse les pierres. Il faut dessiner la phase où le marteau est au sommet de son parcours parce que là il s’arrête un instant, et c’est ça que l’œil retient. »

Goscinny a appris auprès de Morris le rôle précis, pour ne pas dire minutieux, du découpage. Cette compréhension des exigences de l’image par le scénariste deviendra rapidement un fardeau pour le graphiste qui en a formulé les règles. Quand il sera question, après la mort de Goscinny, de remplacer ce dernier par Greg, Morris lâchera, agacé : « Je ne suis pas sorti des griffes de Goscinny pour tomber dans celles de Greg ! »

L’association Morris-Goscinny, qui débute en 1955, a donné naissance à une suite d’albums brillants. Goscinny, à l’occasion d’une mise au point concernant son apport personnel dans la série des Lucky Luke, rappelle qu’il a non seulement « ressuscité » les frères Dalton, imprudemment éliminés par leur géniteur lorsque ce dernier était l’unique auteur, mais qu’il a également introduit, dans divers épisodes, des personnages légendaires de la conquête de l’Ouest : Jesse James, Calamity Jane, Billy the Kid, sans oublier… le chien Ran Tan Plan, réplique « parlante » du Rintintin emprunté à une série télévisée américaine.

En 1956, sous le pseudonyme d’Agostini, Goscinny prend « en marche » Les Aventures du Petit Nicolas que Sempé avait jusqu’alors publié sous sa seule signature dans le magazine Le Moustique. Les sensibilités à vif de Sempé et de Goscinny se conjuguent pour faire vivre le personnage fragile et innocent du minuscule Nicolas, auquel ils prêtent des attitudes et des propos que l’enfant présent dans chaque lecteur pourrait adopter et tenir – attitudes et propos marquant un retrait par rapport à un monde décidément trop écrasant. Cette association entre texte et dessin d’humour, en marge de la bande dessinée, connaît encore un beau succès.

3.  Les années « Pilote »

En 1959, Goscinny, avec Uderzo et Jean-Michel Charlier, lance le magazine Pilote, Cette publication, dont il est le rédacteur en chef, vise un lectorat plus large que celui des enfants et des adolescents. L’humour et la satire aidant – Goscinny n’a jamais caché que sa publication de référence était Mad –, il souhaite amener les lecteurs adultes des bandes dessinées à ne plus se considérer comme des « attardés » tournés vers un genre de récit conçu pour des esprits immatures.

Le lancement de Pilote coïncide avec celui des Aventures d’Astérix le Gaulois. On a beaucoup commenté cette suite de prouesses née à une époque où la France vit dans l’ombre tutélaire du général de Gaulle. Goscinny et Uderzo taquinent l’identité française telle qu’elle s’est constituée au cours des siècles. De Gaulle, c’est l’exaltation de la nation, c’est également la décolonisation, celle-là compensant celle-ci. Astérix naît alors que la formule ressassée « Nos ancêtres les Gaulois… », qui figure dans les manuels d’histoire, ne peut plus s’appliquer à des enfants dont les origines diverses demandent à être reconnues. Astérix le Gaulois (1961) est le premier d’une série de 24 albums scénarisés par Goscinny (dont Astérix gladiateur en 1964, Le Combat des chefs en 1966, Astérix aux jeux Olympiques en 1968, Les Lauriers de César en 1972, Obélix et compagnie en 1976, etc.).

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Les singularités nationales ne suffisent pas à expliquer le succès que cette bande dessinée connaît dans nombre de pays étrangers. Ce qui paraît proprement français devient, grâce à la connivence entre Goscinny et Uderzo, le modèle de toute épopée. La force comique naît de l’écart croissant entre la légende quelle qu’elle soit et la réalité de plus en plus uniforme qui s’impose à tous les peuples. Il appartenait à un exilé de trouver la bonne distance entre mythe et réalité contingente. Le séjour aux États-Unis, lieu des mythes les plus récents, se sera révélé à cet égard une expérience décisive.

Goscinny participe à bien d’autres « séries » : La Potachologie (1963) et Le potache est servi (1965) avec Cabu, les Dingo dossiers (1965-1967) avec Gotlib, Jehan Pistolet (1952) et Oumpah-Pah (1952) avec Uderzo…

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Iznogoud, créé en 1962 avec l’aide de Tabary, est le personnage de plus radical imaginé dans la bande dessinée par Goscinny. Le récit trouve son origine dans un épisode des Aventures du Petit Nicolas. Lors d’un séjour de celui-ci en colonie de vacances, un moniteur conte l’histoire d’un méchant vizir qui veut devenir « calife à la place du calife ». Alors que Morris opposait une forte résistance aux « calembours atroces » que lui proposait Goscinny, Tabary s’en fait volontiers l’interprète. Iznogoud incarne la volonté d’exercer le pouvoir pour le pouvoir. C’est la face visible d’un vide insondable. Dépourvu du caractère « bon enfant » qui, dans les bandes dessinées, rend les « méchants » sympathiques, Iznogoud ne connaît qu’un succès limité. Sans doute donne-t-il une image trop négative de l’ambition – ambition par ailleurs encouragée par la société comme moteur de progrès – pour être accepté sans réticence. Iznogoud fera l’objet d’une série de 16 albums scénarisés par Goscinny.  Je Cite notamment Le Grand Vizir Iznogoud (1966), Les Vacances du calife (1968), Le Jour des fous (1972), Je veux être calife à la place du calife (1978), etc.

Les événements de mai 1968 et leurs suites devaient affecter profondément Goscinny. Des dessinateurs d’Hara Kiri, fondé au début des années 1960, sont également des collaborateurs de Pilote : Cabu, Mandryka, Fred, Reiser, Gébé… Lorsque Hara Kiri fait l’objet d’une interdiction de paraître, Pilote sert de refuge. Mais quand les critiques des dessinateurs envers le rédacteur en chef fusent, Goscinny se sent personnellement visé. Lorsqu’il refuse des planches de Mandryka, une crise est ouverte. Une dissidence s’organise qui aboutit à la création, en 1972, de L’Écho des savanes, par Claire Bretécher, Marcel Gotlib  et Nikita Mandryka. D’autres magazines, tournés vers un lectorat d’adultes, voient alors le jour : Fluide glacialMétal hurlant… Enfin, en 1974, Goscinny quitte « son » journal Pilote et fonde, avec Uderzo et Georges Dargaud, les studios d’animation Idéfix, qui produisent le dessin animé Les Douze Travaux d’Astérix en 1976.

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4.  Goscinny derrière son œuvre

Goscinny n’a cessé de vivre douloureusement ses échecs comme ses réussites. Pendant la guerre, encore adolescent, il avait voulu revenir en France pour se tenir auprès de parents, dont certains disparurent dans les camps de concentration. La mort subite de son père l’en avait empêché. La disparition d’une partie des siens laissa un vide que son activité frénétique ne parvint pas à combler. Une de ses histoires courtes, mise en images par North et publiée dans Pilote en 1974, nous permet de mesurer l’ampleur de son désespoir. À partir d’une fiction mettant en scène résistants et troupes d’occupation, il imagine une série d’actions contrariées par d’imprévisibles accidents de la route. Pour conclure sa démonstration sur « L’Ironie du sort » (titre de cette courte histoire), il remonte à la veille de la Première Guerre mondiale et tend à démontrer que si l’automobile de l’archiduc François-Joseph n’avait pas démarré par suite d’une panne d’allumage « il n’y aurait pas eu d’attentat, la guerre de 1914-1918 n’aurait pas eu lieu. Le destin de l’Allemagne aurait été différent. Le nazisme n’aurait peut-être pas existé… et, par conséquent, il n’y aurait pas de film sur l’Occupation ! ». Peut-être n’y aurait-il pas eu, non plus, un Goscinny transformant son désespoir d’être encore là en personnages pour rire, pour calmer la douleur de survivre à ce qu’aucun événement n’a pu empêcher.

5 – Ils sont fous ces cardiologues

Quand il quitte son domicile pour un examen médical anodin prescrit dans le cadre d’un bilan de sante, ce 5 novembre 1977 à neuf heures du matin, René Goscinny est un homme de cinquante et un ans qui a derrière lui une carrière peu commune de travail, de talent et d’innovation. Lui est quelques autres ont réussi en dix ans à hisser la bande dessinée sous les projecteurs des adultes, des artistes, du grand public. Il est parvenu à transformer une distraction légère pour enfants ou ados puérils en un mode d’expression à part entière, véhicule de création, de satire, de critique, voire outil de pédagogie. Avant lui, il y avait les petits Mickey des illustrés ; après lui, il y a eu la BD. Aucun créateur littéraire depuis Molière n’a pu jusqu’à ce jour se targuer d’autant d’expressions passées dans le langage courant : De «Ils sont fous, ces Romains» à «Quand est-ce qu’on mange ? », en passant par «le calife à la place du calife» ou «Tais-toi Averell», il a donné des munitions pour cinquante ans aux journalistes en mal de titres et aux dialoguistes à court d’inspiration. Et, quand, ce matin-là, son chauffeur le dépose en compagnie de sa femme Gilberte à la clinique internationale du parc Monceau, dans le XVII° arrondissement, il n’a aucune raison de douter que sa carrière poursuive son ascension, pour le bonheur de tous les publics.

Un pédalier, des électrodes : Le test d’effort est un outil indispensable pour la surveillance du cœur, d’une pratique banale et systématiquement utilisé. Il permet au cardiologue de détecter la moindre anomalie dans le cycle cardiaque. Mais quand ce matin-là la patient, entre deux coups de pédale, se plaint d’une douleur au bras, symptôme significatif, le patricien lui demande de continuer à pédaler encore un peu ; en présence d’une faiblesse manifeste, il a besoin d’affiner le diagnostic. Mais la faiblesse se révèle en l’occurrence une vraie défaillance. Au bout de quinze secondes, le patient s’écroule. Les tentatives de réanimation seront vaines, Goscinny est mort.

Un temps incriminé, le cardiologue sera mis hors de cause : l’écrivain souffrait d’une pathologie imprévisible à ce stade, il aurait pu s’effondrer le lendemain dans les escaliers ou dans la rue, argumenteront les experts.

Sa mort n’interrompra pas la carrière de ses héros qui continueront à grimper dans le hit-parade des ventes et des adaptations, tous repris, sauf Nicolas, par leur dessinateur ou d’autres auteurs avec des bonheurs divers. Mais pour les vrais Goscinnomanes, Astérix, Obelix, Lucky Luke, Rantanplan, Iznogoud et les autres sont morts avec lui ce jour-là. La potion magique n’a été d’aucun secours contre Caïus Infarctus.

Les BD en Europe et dans le monde.

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Suède

En Suède se révèle un auteur inclassable, Gunmar Lundkvist, qui crée en 1979 Klas Katt, BD Klas Kattune bande animalière dont le protagoniste est un chat qui évolue dans un univers absurde et sans espoir, proche de celui mis en scène par Samuel Beckett.

Italie

Contrairement à la France, où les petits formats se raréfient, l’Italie conserve une bande dessinée populaire, présentée dans des fascicules noir et blanc bon marché. Les deux séries les plus célèbres, éditées par Sergio Bonelli, sont Martin MystèreAfficher l'image d'origine (1982), l’histoire d’un archéologue aventurier, dessinée principalement par Giancarlo Alessandrini sur des scénarios d’Alfredo Castelli, et Dylan Dog Afficher l'image d'origine(1986), un détective confronté au surnaturel, série pour laquelle se relaient divers dessinateurs sur des textes de Tiziano Sclavi.

L’Italie est aussi le principal pays producteur et exportateur de bandes dessinées érotiques, qui connaissent parfois un succès international, comme Druuna Afficher l'image d'origine (1985) de Paolo Eleuteri Serpieri ou Les 110 Pilules Résultat de recherche d'images pour "110 pilules bd" (1986) de Magnus (Roberto Raviola, 1939-1996). Mais l’œuvre qui provoque le plus de remous est Ranxerox (1978) Afficher l'image d'origine de Tanino Liberatore, dont le protagoniste est un androïde d’une grande violence. Plus classique, Vittorio Giardino dépeint dans Afficher l'image d'origineMax Fridman (1982) l’Europe à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Les deux auteurs finalement les plus novateurs sont Massimo Mattioli, influencé par le pop art, et qui donne des parodies irrespectueuses de personnages de dessins animés américains (Squeak the Mouse, 1980), et Lorenzo Mattotti, qui fait régner la couleur dans Feux Afficher l'image d'origine (1985).

Grande-Bretagne

En Grande-Bretagne, le dernier quart du xxe siècle est dominé par l’hebdomadaire de science-fiction 2000 AD Afficher l'image d'origine (1977) et sa série principale, Judge Dredd, réalisée par de nombreux dessinateurs sur un scénario généralement écrit par John Wagner : la violence des personnages et la vision sans espoir qu’on y donne de l’avenir procure d’emblée à cette bande un retentissement considérable.

États-Unis

Les super-héros continuent à régner sur les comic books, Résultat d’images pour comic bookset bénéficient de dessinateurs talentueux comme Neal Adams, le Canadien d’origine britanique John Byrne, Mike Magnola ou Jim Steranko. L’année 1970 voit la naissance de deux événements qui deviendront annuels : La parution du Comic Book Price Résultat d’images pour comic books price , Guide de Robert Overstreet, tentative de recensement et de cotation de tous les fascicules parus, et la Convention de San Diego, où les fans peuvent rencontrer les professionnels.

Dans les quotidiens les bandes d’aventures continuent à décliner, mais quelques nouvelles séries d’humour sont de grandes réussites, comme  Garfield (1978) Résultat d’images pour garfield bd, un gros chat cynique, par Jim Davis, The Far SideRésultat d’images pour the far side bd (1979),  réflexion sur les rapports entre les hommes et les animaux par Gary Larson,  Calvin and Hobbes (1985), un jeune garçon et son tigre, par Bill Watterson ,  et Dilbert (1989)  Résultat d’images pour Dilbert par Scott Adams, satire du monde de l’entreprise.

La production underground est marquée par les œuvres érotico-fantastiques de Richard Corben comme Rowlf Résultat d’images pour Rowlf bd (1971) et Den (1984), et par le  début de la publication, en 1980, de Maus, où Art Spiegelman raconte, sous l’apparence d’une bande animalière, à la fois le génocide des Juifs de Pologne et ses relations difficiles avec son père. La parution en volume de la première partie de Maus Résultat d’images pour Maus  bd en 1986 est saluée comme un événement culturel majeur.

La même année voit deux tentatives intéressantes pour renouveler le monde des super-héros : dans The Dark Knight Returns, Frank Miller  montre un Batman vieilli, doutant du bien-fondé de ses actions ; dans Watchmen (Les Gardiens), Résultat d’images pour watchmen   bd deux Britanniques travaillant prioritairement pour les États-Unis,  le dessinateur Dave Gibbons et  le scénariste Alan Moore, mettent au premier plan non pas les actions des personnages, mais leurs rapports psychologiques complexes.

Argentine

La fin de la carrière d’Alberto Breccia est brillante. Son Perramus Résultat d’images pour Perramus   bd (1984), réalisé avec l’écrivain Juan Sasturain est l’itinéraire d’un amnésique perdu dans une dictature. Avec le scénariste Carlos Sampayo, un ancien élève de Breccia,  José Muñoz, crée Alack Sinner Résultat d’images pour Alack Sinner   bd (1975), un détective privé évoluant dans des bas-fonds new-yorkais qui rappellent plutôt ceux de Buenos Aires.

 L’irruption de la bande dessinée japonaise

Caractéristiques

La diffusion en Occident de dessins animés télévisés japonais avait été un signe avant-coureur : à la fin des années 1980 l’Europe et les États-Unis découvrent les bandes dessinées japonaises, ou mangas (le mot, qui aurait été forgé par le peintre Hokusai en 1814 avec le sens d’« images dérisoires », désigne aujourd’hui également les films d’animation). La bande dessinée japonaise est un monde très diversifié, mais  les séries qui déferlent alors sur l’Occident s’adressent surtout à des adolescents, et ne sont pas forcément les meilleures, ce qui explique le peu de considération dans lequel la plupart des adultes la tiennent. Mais les adolescents apprécient dans ces œuvres le dynamisme du graphisme et des thèmes proches de leurs préoccupations et de leur sensibilité.

Au Japon même, c’est dès les années 1950 que les mangas sont devenus un phénomène de masse : ils sont alors une distraction bon marché dans un pays encore ruiné par l’effort de guerre. À la fin du xxe siècle, le Japon est le plus gros producteur de bandes dessinées du monde. Les mangas représentent plus du tiers du marché de l’édition. Généralement très longs (parfois plusieurs milliers de pages), ils sont publiés, presque toujours en noir et blanc, dans des hebdomadaires épais (le plus connu est Shōnen Jump,Résultat d’images pour Shōnen Jump  bd qui tire à environ 2,5 millions d’exemplaires) ou dans des séries d’albums de petit format, appelés tankōbon. Les auteurs, qui doivent fournir parfois plusieurs dizaines de planches par semaine, travaillent souvent avec des collaborateurs. Le déclin de la bande dessinée juvénile est beaucoup moins sensible au Japon qu’en Occident, car un manga qui a du succès est automatiquement adapté en dessin animé télévisé et en film pour le marché de la vidéo : il n’y a donc pas rivalité, mais synergie. Contrairement à une opinion répandue en Occident, les mangas à caractère violent ou érotique sont minoritaires. L’histoire met souvent en scène un personnage, à l’origine banal, qui va subir un apprentissage, un parcours initiatique, et connaître des angoisses, parfois typiques de la culture  poétique et religieuse japonaise (instabilité de l’Univers, menace de monstres et de cataclysmes, pertes d’identité des personnages, sentiment que toute réalité n’est que transitoire). Les rapports psychologiques entre les protagonistes forment un élément essentiel de l’intrigue. Quant au dessin, il est au service du récit : il doit faciliter la lecture, et non pas risquer de la ralentir, d’où, dans de nombreux cas, sa simplicité apparente.

Panorama historique

Les fondateurs

La bande dessinée japonaise existait bien avant sa découverte par l’Occident. C’est en 1914 que l’éditeur Kodansha fonde son premier illustré pour la jeunesse, et en 1923 apparaissent des phylactères dans Shō-Chan No Bōken Résultat d’images pour Shō-Chan No Bōken  bd de Katsuichi Kabashima (1888-1965), histoire merveilleuse d’un petit garçon qui visite des mondes parallèles en compagnie de son écureuil.

Le premier manga célèbre est Norakuro (1931), un chien d’une bande animalière créée par Suihō Tagawa (de son vrai nom Nakataro Takamizawa, 1889-1989).  Mais la bande dessinée telle qu’elle existe aujourd’hui est fondée dans les années 1950 par Osamu Tezuka (1926-1989). Son œuvre est immense, et toujours teintée d’humanisme,  d’Astro BoyRésultat d’images pour Astro boy   bd (1951), un robot du futur, capable d’émotions, à L’Histoire des trois Adolf (1983), sur la Seconde Guerre mondiale, en passant par Phénix l’oiseau de feuRésultat d’images pour phénix l'oiseau de feu   bd (1967), où il montre un monde gouverné par des machines, et Bouddha (1972), biographie de quelque 3 000 pages. Osamu Tezuka ouvre la voie à des œuvres au climat très sombre, comme en 1970 Kozure Okami (Loup solitaire) du dessinateur Ḡoseki Kojima (1928-2000) et du scénariste Kazuo Koike, fresque tourmentée sur le Japon féodal, et en 1972 Gen, où l’auteur, Keiji Nakazawa (1939-2012), par ailleurs romancier, raconte l’explosion atomique d’Hiroshima, à laquelle il a assisté enfant.

Trois autres créateurs ont joué un rôle essentiel dans l’émergence d’une bande dessinée adulte : Shigeru Mizuki, auteur en 1959 de Kitaro le RepoussantRésultat d’images pour Kitaro le Repoussant   bd jeune héros qui s’efforce de régler les problèmes entre humains et esprits, et en 1992 de NonNonBā, Résultat d’images pour NonNonBā  bd histoire en partie autobiographique d’un petit garçon et d’une vieille dame mystique, dans la campagne japonaise des années 1930 ; Yoshihiro Tatsumi (1935-2015), qui inventa en 1957 le terme – aujourd’hui courant – de gegika (« images dramatiques ») pour ses propres œuvres, dans lesquelles il met souvent en scène des personnages névrotiques, perdus dans des mégalopoles (Blizzard noir, 1956) ; Yoshiro Tsuge, qui influença toute une génération, d’abord avec Système vissé (1968), récit cauchemardesque d’un adolescent blessé par une méduse, puis avec L’Homme sans talent (1985), histoire prosaïque et intimiste.

Les principaux mangas de 1980 à 2001

Les années 1980 et 1990 sont marquées par une profusion de mangas pour adolescents, qui pour la plupart relèvent soit de l’anticipation, soit du fantastique, soit de l’histoire sentimentale, certains pouvant appartenir en partie à deux de ces catégories, voire aux trois.

Dans le domaine de la science-fiction,  les grands succès sont Akira Résultat d’images pour Akira bd (1982), jeune seigneur de la guerre dans une mégalopole dévastée par un conflit nucléaire, de Katsuhirō Otomo, Ghost in the Shell (1991), où Masamune Shirow pose le problème de la frontière entre le réel et le virtuel, et Blame ! (1999) Résultat d’images pour Blame bd de Tsutomu Nihei, récit violent et quasi muet sur un univers souterrain cauchemardesque.

Dans le genre fantastique se détachent Nausicaä, qui a pour cadre une forêt toxique (1982), manga créé par le futur auteur de films d’animation Hayao Miyazaki, Dragon Ball Résultat d’images pour Dragon ball  bd (1984) d’Akira Toriyama, longue quête de boules de cristal magiques, Saint Seiya-Les Chevaliers du Zodiaque (1986) de Masami Kurumada, transposition de mythes grecs, et Please Save my Earth Résultat d’images pour Please Save my Earth bd (1987) de Saki Hiwatari, où les personnages prennent conscience de leurs vies antérieures.

Tout en exploitant la veine fantastique, des auteurs, généralement des dessinatrices, s’adressent prioritairement aux adolescentes à travers des intrigues où les sentiments des personnages – et parfois leurs relations amoureuses, plus ou moins avouées – ont une grande place.  C’est le cas de Sailor Moon Résultat d’images pour Sailor Moon bd (1992) de Naoko Takeuchi, dont les héroïnes s’inspirent de la mythologie gréco-romaine, d’Angel Sanctuary (1994) de Kaori Yuki, conflit de pouvoirs entre anges et démons, de X (1996) du studio Clamp (dirigé par Nanase Ōkawa), combat entre deux conceptions opposées de l’avenir de la Terre, et d’Ayashi no Cérès (1996) où Yuu Watase raconte l’histoire d’une lycéenne qui découvre qu’elle descend d’une nymphe céleste. La bande dessinée pour filles (shōjo manga) a aussi un auteur masculin à succès, Masakazu Katsura, qui présente les méandres des amours adolescentes dans Video Girl Aï (1989) et I »s (1997). Échappent à ces catégories Tsukasa Hōjō, auteur de la comédie policière City Hunter (1985) et de Family Compo (1996), récit humoristique sur une famille de travestis, Masashi Tanaka, dont la bande muette Gon (1992) met en scène un bébé dinosaure, et Taiyō Matsumoto, qui dans Amer béton (1993) Résultat d’images pour Amer béton  bd montre deux orphelins errant dans la jungle d’une cité moderne. La fin du siècle a vu le triomphe de Naoki Urasawa, notamment avec la série Monster (1995), dont le protagoniste est un tueur démoniaque.

Enfin, la bande dessinée adulte est dominée par un mangaka (dessinateur de manga) exceptionnel, Jiro Taniguchi, auteur notamment de L’Homme qui marche Résultat d’images pour l'homme qui marche  bd (1992), déambulation d’un héros contemplatif, et du Journal de mon père (1995), histoire d’un homme qui à l’occasion de la mort de son père se remémore son enfance, finit par comprendre ses parents, et par abandonner ses griefs à leur égard – une œuvre à la fois très japonaise et universelle.

La bande dessinée francophone de la fin du XXe siècle

Un environnement différent

Alors que, aux États-Unis, l’année 1986 est celle d’un renouveau, elle marque en France le début d’une période d’incertitudes, symbolisée par la cessation de parution du magazine Charlie mensuel, qui avait été en 1969 la première publication adulte. Lors des dix années suivantes, la plupart des revues de bandes dessinées s’arrêtent, faute de lecteurs : c’est par exemple le cas de Métal hurlant Résultat d’images pour métal hurlant   bd (1987), Pilote Résultat d’images pour pilote 1989   bd (1989), Tintin (1989) et son successeur Hello Bédé (1993), Pif (1994) et d’(À suivre) (1997). Les seules créations notables sont 9e art, revue annuelle du musée de la Bande dessinée d’Angoulême (1996), et le mensuel BoDoï (1997). Les survivants sont peu nombreux (Le Journal de Mickey Résultat d’images pour journal de mickey    bd , Spirou Résultat d’images pour spirou   bd , Fluide glacial Résultat d’images pour Fluide glacial  bd sont les principaux). Les fascicules de petit format disparaissent presque totalement des kiosques (Rodéo, mensuel des éditions Semic, ex-Lug, fête cependant en 2001 son cinquantième anniversaire). La grande presse ne publie plus guère de bandes dessinées, sauf l’été, en feuilleton.  Par contre, la production d’albums devient pléthorique (plus de mille titres par an, la majorité ne se vendant qu’à quelques milliers d’exemplaires).

À la suite de problèmes de gestion, les principaux éditeurs se résolvent à être absorbés par des groupes financiers internationaux : en 1985, les éditions Dupuis sont achetées par la banque Bruxelles-Lambert, Dargaud et Le Lombard entrent en 1988 dans le giron de Média-Participations, lui-même dépendant d’associations familiales néerlandaises ; en 1999, Casterman est vendu à Flammarion, qui l’année suivante passe aux mains de la société italienne Rizzoli. Malgré l’inauguration de Centres nationaux de la bande dessinée à Bruxelles (1989) et à Angoulême (1990), et la tenue d’une exposition de planches originales à la Bibliothèque nationale de France (2000), la culture officielle continue à considérer la bande dessinée comme une activité marginale. L’histoire du « neuvième art » ne reste connue que de spécialistes, ses grands classiques sont rarement disponibles, son actualité, à l’exception de la période du festival d’Angoulême (dernière semaine de janvier), n’est que rarement traitée dans les grands médias (presse, radio, télévision).

Au début du xxie siècle, il existe bien sur Internet  plus de 10 000 sites consacrés à la bande dessinée mais, outre que l’information n’y est pas toujours fiable, ils ne donnent généralement que des vues parcellaires, peu utilisables par le grand public.  La fin du xxe siècle a vu aussi le développement d’un marché spéculatif de planches originales et d’éditions rares. En 2001 un exemplaire (proche de l’état neuf) de l’édition originale de Tintin au pays des Soviets Résultat d’images pour Tintin au pays des soviets  bd est adjugé 160 000 francs (24 392 euros) et une planche du Nid des Marsupilamis Résultat d’images pour Nid des Marsupilamis  bd de Franquin 980 000 francs (149 400 euros). Cette période n’est finalement pas tant marquée par un déclin qualitatif que par une réorganisation de la profession. Soucieux de satisfaire leurs actionnaires,  les grands éditeurs désirent surtout publier des séries (interminables si possible) destinées à un vaste lectorat. Les auteurs débutants ou à la production moins convenue doivent souvent avoir recours à de petits éditeurs, au risque de voir leur œuvre, mal diffusée, passer inaperçue. La production est donc écartelée entre une « BD grand public », peu ambitieuse, répétitive, et une « BD d’auteur », peu accessible et fière de sa spécificité. Rares sont les auteurs, comme jadis Hergé, qui savent marier qualité et popularité.

Une nouvelle génération d’auteurs

Deux séries ont particulièrement séduit les adolescents de la fin du siècle :  Titeuf Résultat d’images pour Titeuf  bd (1992) par Zep (le Suisse Philippe Chapuis), facéties d’un gamin très en phase avec son époque, et Lanfeust de Troy Résultat d’images pour Lanfeust de Troy  bd (1994) par le dessinateur Didier Tarquin et le scénariste Scotch Arleston (Christophe Pelinq), aventures héroïco-fantastiques non dénuées d’humour. Dans la bande dessinée adulte, de nombreux auteurs ont émergé. À partir de 1990, Philippe Dupuy et Charles Berbérian mettent en scène les histoires drôles et tendres de Monsieur JeanRésultat d’images pour Monsieur jean   bd Baru (Hervé Baruela) publie (d’abord au Japon, en 1994) L’Autoroute du SoleilRésultat d’images pour L'autoroute du soleil   bd longue errance de deux loubards. Edmond Baudoin est le pionnier en France du genre autobiographique avec Couma Aco (1991) ou Le Voyage (1996). Florence Cestac campe avec humour la femme abandonnée dans Le Démon de midi Résultat d’images pour le démon de midi   bd (1996).

D’autres auteurs se lancent dans des adaptations inattendues, comme Pascal Rabaté, avec le roman d’Alexis Tolstoï Ibicus (1998), et Stéphane Heuet, avec À la recherche du temps perdu de Marcel Proust  (1999). Blutch (Christian Hincker) crée Blotch (1998), une série où il fait la satire de la presse de l’entre-deux-guerres.

Une bande dessinée qui cherche à élargir ses possibilités et à se dégager du conformisme des grands éditeurs se développe au sein de L’ Association , une maison d’édition fondée en 1990, et animée par Jean-Christophe Menu.  Les principaux auteurs qui s’y révèlent sont Lewis Trondheim (Laurent Chabosy), père de Lapinot Résultat d’images pour lapinot bd (1992), un lapin très intellectuel, David B. (Pierre-François Beauchard), qui entreprend en 1996 L’Ascension du haut mal,Résultat d’images pour l'ascension du haut mal  bd où il raconte les difficultés de son enfance marquée par l’épilepsie de son frère, enfin  Emmanuel Guibert qui rapporte les souvenirs d’un soldat américain dans La Guerre d’Alan (2000), s’associe à David B. pour Le Capitaine écarlate (2000), d’après une nouvelle de l’écrivain symboliste Marcel Schwob, et à Joann Sfar pour Les Olives noires Résultat d’images pour les olives noires   bd (2001), récit de l’itinéraire intellectuel et spirituel d’un jeune garçon juif dans la Palestine occupée par l’armée romaine.  Scénariste le plus prolifique de sa génération, Joann Sfar est parfois scénariste et dessinateur, comme dans Les Dossiers du professeur Bell Résultat d’images pour les dossiers du professeur bell   bd (1998), aventures d’un chirurgien occultiste, ou dans Pascin Résultat d’images pour Pacsin  bd (2000), interprétation très libre de la vie du peintre.

Parmi les œuvres à caractère autobiographique éditées par L’Association, l’une est particulièrement frappante : Persépolis (2000) de l’Iranienne en exil Marjane Satrapi qui se souvient de son enfance, à l’époque de la révolution islamique.

En dehors de L’Association, d’autres auteurs livrent des œuvres graves :

Enki Bilal revient au premier plan avec le récit d’anticipation Le Sommeil du monstre Résultat d’images pour le sommeil du monstre  bd (1998), premier volet d’une tétralogie inspirée par les guerres de Yougoslavie, Jean-Pierre Gibrat évoque un petit village français sous l’occupation allemande dans Le Sursis Résultat d’images pour le sursis  bd (1999) et le Belge Jean-Philippe Stassen dénonce le génocide du Rwanda dans Déogratias Résultat d’images pour Déogratias  bd (2000).

(A suivre…)

Les chiens devenus Stars

Si bien des acteurs se conduisent en cabot, on ne compte plus en revanche, les chiens devenus vedettes. Quelle belle affiche ne pourrait-on pas réaliser avec les chiens célèbres du cinéma, du dessin animé, de la littérature, de la bande dessinée, de la pub ou de la télé !

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Mickey sans son chien PLUTO , Lucky Luke sans RANTANPLAN, Tintin sans MILOU, Obelix sans IDEFIX, c’est aussi impossible à concevoir que Laurel privé de Hardy.laurel hardy Et on peut, à la suite de ces quatre là, citer d’un trait DINGO, SNOOPY, DROOPY, BELLE et le CLOCHARD, Les CENT UN DALMATIENS, RINTINTIN, RIC ET RAC, PIF, POLLUX du manège enchanté, GAI LURON (Gotlib) CUBITUS, LASSIE, CROC BLANC, MABROUK qui fut la vedette de l’émission TV «Trente millions d’amis» etc…. N’ayons garde d’oublier NIPPER, le fox célèbre qui écoutait la voix de son Maître et le boxer de Kléber-Colombes.

Nipper, le fox-terrier, La Voix de son Maître, Publicité RCA, Cl1/2. Elisabeth Poulain

♦ Aussi loin qu’on remonte dans le temps, on trouve le chien au côté de l’homme. Dans les plus anciens textes du Zend Avesta, Résultat d’images pour zend avesta on lit déjà cet hommage à notre compagnon à quatre pattes : Le monde ne subsiste que par l’intelligence du chien.

Le grand zoologiste CUVIER écrivait  :

La conquête la plus remarquable, la plus complète, la plus utile que l’homme ait jamais faite, c’est celle du chien. Il est le seul animal qui ait suivi l’homme sur toute la surface de la terre.

Ce que Maxime DUCAMP résumait en une formule célèbre : «Ce qu’il y a de meilleur en l’homme, c’est le chien »  Rien n’est plus vrai, mais à deux conditions toutefois :

  • La première, c’est que le nombre des chiens ne dépasse pas un seuil de tolérance ; la difficulté étant précisément de définir ce seuil en France, en Angleterre, en Irlande, au Danemark ,  on trouve un chien dans plus d’un foyer sur quatre. En Allemagne, en Norvège, en Autriche ou en Suisse, moins de 10% des foyers possèdent un chien.
  • La deuxième condition est que les chiens reçoivent de leur maître les bases d’une éducation correcte. Mais, à notre époque d’incivisme galopant et de laisser aller généralisé, qui donc se chargera d’assurer l’éducation des maîtres ?

♦ En dépit de campagnes  invitant les maîtres à pipi «apprendre le caniveau» à leur chien, circuler sur les trottoirs de certaines villes relève au mieux de la course d’obstacle, au pis du patinage artistique.  Mais il serait vain d’adresser au chien des reproches que son maître est seul à mériter.

Le chien accomplit au service de l’homme une infinité de travaux où ses qualités innées ou acquises font merveille : Il existe des chiens de garde, des chiens de berger, des chiens de chasse, des chiens de compagnie, des chiens policiers, des chiens d’avalanche, des chiens soldats, des chiens dressés à découvrir aussi bien la drogue que les truffes, et surtout des chiens d’aveugles qui s’acquittent de leur tâche avec un sérieux et une conscience admirables.

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♦ De la longue cohabitation entre l’homme et le chien, notre langue a gardé des traces importantes : Il existe une infinité de mots, d’expressions ou de proverbes dont le chien est la référence. Il y a la constellation du chien, les îles Canaries, la canicule, le chiendent, la chenille (petite chienne) la chiennerie, le chien-assis, le chien du fusil, le chien couchant, le chien-chien à sa mémère….aussi  caniche

Il fait un temps de chien, on a subi un coup de chien, on est entre chien et loup, on est malade comme un chien, on dort en chien de fusil. On garde à quelqu’un un chien de sa chienne, on le reçoit comme un chien dans un jeu de quilles, on se regarde en chien de faïence, on est comme chien et chat. Il prend un air de chien battu. Cette femme a du chien, elle se coiffe à la chien. Cet homme est d’une humeur de dogue, il l’a suit comme un toutou, il est frisé comme un caniche . Les chiens aboient, la caravane passe. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage…etc.

Il est a remarquer que la plupart de ces expressions sont péjoratives. Ce qui suffirait à démontrer que si la fidélité est la principale qualité du chien. L’ingratitude pourrait bien être le pire défaut de l’homme !

Le chien a inspiré quelques pensées nobles, drôles ou perfides :

  • Les chiens n’ont qu’un défaut : ils croient aux hommes ( Elian Finbert)
  • Ne laissez pas votre chien en laisse si vous voulez qu’il vous soit attaché (Albert Willemetz)
  • Celui qui promène son chien est au bout de la laisse promenade  (Maurice Jeanneret)
  • Glouton, coureur, méchant, lâche et galeux ; en somme feu mon chien était presque un homme ( Jules Janin)
  • J’ai connu un homme qui adorait son chien. Toutefois, un jour de famine, il s’est résigné à le manger. Mais en regardant les os qu’il laissait dans le plat, il ne put s’empêcher de dire : «Pauvre Médor ! comme il se serait régalé !» (Jules Renard)

Pour finir sur une citation tendre, voici l’inscription qui figurait sur le collier du chien d’un homme célèbre :

  • Je m’appelle FOLETTE. Beaumarchais m’appartient. Nous habitons rue Vieille-du-Temple au 28.

On pourrait parodier Beaumarchais en disant : Aux qualités qu’on exige d’un chien, connaissez-vous beaucoup de maîtres qui soient dignes d’être adoptés ?

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Histoire de la BANDE DESSINÉE

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♦ De tout temps, l’homme éprouva le besoin de raconter des histoires au moyen d’images. Déjà, cent trente siècles avec J-C., quelques uns de nos ancêtres de l’époque magdalénienne, représentaient sur les parois de la grotte de LASCAUX leur combat quotidien contre les bêtes sauvages.

Dix mille ans après eux, les Égyptiennes couvraient de dessins et d’hiéroglyphes les murs des temples de leurs dieux et des tombeaux de leurs pharaons. Plus près de nous, en 1077, la reine MATHILDE finissait de broder sur une toile longue de 70.34 m et haute de 0.50 m le récit des exploits de son Conquérant d’époux. Guillaume 1er, duc de Normandie qui, en 1066, était monté sur le trône d’Angleterre.

Vers la fin du XIXè quelques créateurs géniaux entreprirent de raconter des histoires en images. Mais, ce n’étaient pas là de vraies bandes dessinées puisqu’il leur manquait cet élément essentiel à la B.D qu’on nomme la bulle ou, plus scientifiquement le phylactère. Il ne faut pas se tromper : c’est le phylactère qui fait la B.D, plus sûrement que l’habit fait le moine. Le mot existe depuis la nuit des temps. C’était à l’origine un porte bonheur, un étui que les Juifs pratiquants portaient toujours sur eux et à l’intérieur duquel ils glissaient un morceau de parchemin sur lequel ils avaient écrit un verset de la Torah. Au Moyen Age, on appelait phylactère un banderole que les peintres ou les maîtres verriers dessinaient au-dessus des Saints Personnages qu’ils représentaient et dans laquelle ils inscrivaient une phrase attribuée aux dits personnages.

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Cette origine religieuse et savante de leurs bulles n’est sûrement pas pour déplaire aux fervents adeptes de la B.D

LES ANCÊTRES DE LA B.D

♦ Parmi les véritables ancêtres de la Bande Dessinée, quelques noms sont à retenir, celui du Suisse TOPFFER, de l’Allemand WILHELM BUSH (1832-1908), ainsi que ceux de trois Français dont deux sont connus, même d’un public enfantin, ce sont CARAN D’ACHE, CHRISTOPHE et BENJAMIN RABIER.

CARAN D’ACHE  ( 1859-1909) ce dessinateur né à Moscou se nommait en réalité EMMANUEL POIRÉ. Il avait choisi son pseudonyme d’après le mot KANRANDASH qui signifie «crayon» en russe. Il est connu pour ses dessins nationalistes et anti-Dreyfusards  

CHRISTOPHE (1856-1945) était, sous son véritable nom de Georges COLOMB, le très sérieux sous-directeur du laboratoire de botanique à la Sorbonne. Pour amuser les enfants, il imaginait les Aventures du Sapeur Camembert, du Savant Cosimus, et de la famille Fenouillard, qu’il signait Christophe ( parce que Christophe …Colomb…Ah,  ah, ah !)

BENJAMIN RABIER ( 1864-1939) est le père de Gédéon, un canard français presque aussi célèbre que son confrère américain Donald.

Mais pour l’historien de la B.D, les œuvres de ces ancêtres n’étaient que balbutiements. Il leur manquait encore la fameuse bulle.

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La bande dessinée est née aux États-Unis. Elle est un phénomène directement lié à la presse et qui s’est développé avec  elle. La naissance officielle de la bande dessinée remonte à 1896, avec THE YELLOW KID ( le gamin jaune) crée par OUTCAULT. A cette époque, deux journaux se livraient une guerre acharnée : York World de Joseph PULITZER et le Morning Journal de William Randolp HEARST . C’est dans le New-York World que parut pour la première fois un feuilleton en couleur relatant les aventures d’un gamin aux traits chinois qu’on baptisa YELLOW KID.

Immédiatement, le journal concurrent allait contre attaquer et les créations se succéder à un rythme d’enfer.

• En 1897, RUDOLF DIRKS crée les KATZEN JAMMER, ces affreux jojos encore connus de nos jours, en France sous le nom de PIM-PAM-POUM.

• En 1902, OUTCAULT crée BUSTER BROWN

• En 1913, BRINGING UP FATHER ( en français : LA FAMILLE ILLICO) par Mac Manus.

• En 1920, WINNIE WINKLE ( en français : BICOT) par BRANNER.

• En 1924, apparaît pour la première fois LITTLE ORPHAN ANNIE ( la petite annie) par GRAY.

LA B.D EN FRANCE

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♦ Comment prononcer en France le mot d’«image». sans évoquer aussitôt «Les images d’ÉPINAL» qui naquirent en 1825 dans l’imprimerie PELLERIN. D’un dessin naïf, souvent patriotique et toujours moralisatrice, l’image d’Épinal était vendue en feuilles uniques par les colporteurs. Elle connut un succès éclatant rendant tout le XIXème siècle.

• En 1889, l’éditeur ARMAND COLIN lance Le Petit Illustré Français, un journal qui offrait la particularité de présenter chaque semaine sur une double page une histoire en images. Ce journal publia les aventures de LA FAMILLE FENOUILLARD et du SAPEUR CAMEMBER de CHRISTOPHE.

• 1905 naissance de la Semaine de Suzette ou, dès le numéro 1, apparaît BÉCASSINE, l’immortelle héroïne de Joseph Porphyre PINCHON. Son succès incita un éditeur concurrent à publier un journal destiné également aux jeunes filles et ce fut FILLETTE dans lequel paraîtra une histoire qui connaîtra pendant des années un véritable triomphe.

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LES MILLE ET UN TOUTS DE L’ESPIÈGLE LILI imaginée par JO WALLE et dessinée par A.VALLET.

Toutes ces parutions étaient trop sages au goût des cinq frères OFFENSTADT qui décidèrent de lancer des journaux plus populaires. Après le petit illustré, ils firent paraître L’ÉPATANT le 9 avril 1908. Dès son numéro 9, le journal publiait la série en images qui allait assurer sa gloire et consacrer le nom de son auteur : LES PIEDS NICKELÉS de Louis FORTON.

• 3 mai 1925 : Voici la date historique que doit connaître tout amateur de B.D ; c’est celle de la parution du n°114 du journal Le Dimanche illustré. Afin de remplacer à la dernière minute une publicité, on cherche un bouche trou. Ce sera le premier épisode de la première véritable bande dessinée française : ZIG ET PUCE veulent aller en Amérique d’Alain SAINT-OGAN.

En 1929, Paul WINKLER, un journaliste d’origine Hongroise fonde l’agence de presse OPERE MUNDI qui représentera en france le King Feature Syndicate le plus grand producteur de B.D aux USA.

♦ Comme la plupart des journaux de l’époque se font tirer l’oreille pour publier des histoires en images. Winkler en est réduit à créer son propre journal. Avec l’autorisation de WALT DISNEY qui a inventé MICKEY en 1929,  il sortira le 21 octobre 1934 le premier numéro du Journal de Mickey. Ce sera un succès prodigieux qui dure encore aujourd’hui.

Paul Winkler consolidera cet engouement pur la B.D américaine en faisant paraître en 1936 Robinson et Hop-la en 1937 . Le public français fait ses délices de MANDRAKE, du FANTÔME,  de JIM LA JUNGLE, de GUY L’ÉCLAIR [FLASH GORDON] , de BRICK BRADFORD et de l’AGENT SECRET X9.

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La première B.D française quotidienne est apparue en 1934. Ce sont les AVENTURES DU PROFESSEUR NIMBUS de A.DAIX.

LA B.D EN BELGIQUE

L’histoire de la B.D en Belgique, puis dans le monde, est dominée par la personnalité d’HERGÉ. Né le 22 Mai 1907, GEORGES RÉMI publie es premiers dessins dans une petite feuille de chou – tout étonnée d’être entrée dans la légende – le Boy Scout belge, en février 1924. C’est dans ce même journal qu’il publiera le première bande dessinée belge : TOTOR C.P DES HANNETONS à partir de juillet 1926 et jusqu’en 1929 TOTOR annonce déjà TINTIN.

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HERGÉ entre ensuite, en 1927, au quotidien belge Le Vingtième Siècle. les dirigeants du journal ont la bonne idée de lui confier un supplément pour les jeunes. Une grande page qui, une fois pliée, forme un petit journal de 8 pages – Le petit vingtième. Le premier numéro paraît le 1er novembre 1928. Dès le numéro 11, le 10 janvier 1929, HERGÉ commence à faire publier TINTIN AU PAYS DES SOVIETS. Le jeune reporter TINTIN ne connaîtra plus désormais un instant de repos. Il découvrira le Congo (1930) – L’Amérique (1931) L’Orient avec LES CIGARES DU PHARAON (1932) . L’Extême Orient dans LE LOTUS BLEU ( 1934) , l’Amérique du Sud avec L’OREILLE CASSÉE (1935) , l’Angleterre et  l’Écosse dans L’ÎLE NOIRE (1937) , l’imaginaire royaume de Syldavie avec le SCEPTRE D’OTTOKAR (1938) , la série de L’OR NOIR  qui conduisit TINTIN  dans les Émirats arabes sera interrompue par l’invasion allemande au bas de la planche 56. Le Vingtième Siècle ayant cessé de paraître le 8 mai 1940, les lecteurs devront patienter plus de huit ans avant de connaître la suite : le 28 octobre 1948. L’OR NOIR paraîtra, mais dans l’hebdomadaire TINTIN, cette fois.

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Autre grand journal de B.D : Spirou, lancé par l’éditeur Belge JEAN DUPUIS, voit le jour le 21 avril 1938. C’est le dessinateur français Robert Velter (ROB-VEL) qui est chargé de créer le personnage de SPIROU (en wallon, un «Spirou » est un gamin déluré) qui travaille comme groom au Moustic-Hôtel Mobilisé en 1939. Velter confie à sa femme Davine le soin de continuer la série. Après elle, le personnage passera aux mains de Gillain (JIJE) , de Franquin et de Fournier.

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C’est dans les hebdomadaires Tintin et Spirou – qui seront rejoints, à partir de 1959, par Pilote – que vont naître tous les héros de la B.D. d’aujourd’hui.

En France, à partir de 1962, critiques et exégètes commencent à s’intéresser à la bande dessinée. Peu à peu on voit naître la B.D pour adultes, qu’officialisera en 1972 L’Echo des Savanes.

♦ Puis, c’est la floraison des grands mensuels de la B.D moderne : Charlie Métal Hurlant, Fluide Glacial, Circus, A suivre, Vécu, qui révéleront la plupart des créateurs d’aujourd’hui : TARDI, BILAL, BOURGEON, MOEBUIS, MARGERIN, VICOMTE ET MAKYO, JUILLARD…Et tant, tant d’autres. Comment le citer tous lorsqu’on pense qui paraissent chaque année près de 700 albums et peut-être plus, publiés par les grands éditeurs spécialisés. C’est l’âge d’or de la B.D dont les albums se vendent à plusieurs millions d’exemplaires chaque année.

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♦ Aujourd’hui la bande dessinée a sa capitale : ANGOULÊME. qui accueille depuis 1974 le festival de la Bande Dessinée.

J’en suis arrivée  à me demander si les petits personnages d’encre et de papier dont les aventures nous enchantent ne sont pas vivants parmi nous ?  Comme n’importe quel général ou politicien célèbres, TINTIN et MILOU possèdent leur statue dans le Parc de Volvendeel à Uccle (Belgique) Dans le château de la chapelle d’Angillon (Loire) , MICKEY, LES SCHTROUMPS, ASTERIX LE GAULOIS revivent dans de gigantesques parcs d’attraction.

Sans doute éprouvons-nous le besoin d’échapper à la pesanteur de notre planète malade pour nous réfugier dans le monde de la B.D, où les rêves ont la légèreté d’une bulle.

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