VICTOR LUSTIG, l’homme qui vend la TOUR EIFFEL est escroque AL CAPONE. (2)

Victor Lustig, vient de rencontrer le banquier Tormut Green, auquel il s’est présenté comme le comte Victor Lustig, un réfugié venu d’Europe, à ce qu’il lui  raconte…

Résultat de recherche d'images pour "Victor lustig"Victor Lustig, parle bien, avec une classe, un don de persuasion proprement irrésistibles ! Issu d’une vieille famille qui remonterait aux croisades, il possédait terres et château dans le Tyrol lorsque soudain, patatras ! À l’annonce de la défaite autrichienne, ses paysans se sont révoltés, se sont emparés de tout, terres et château, et ont chassé les maîtres ! Une histoire à dormir debout…Quel gogo peut gober pareilles balivernes ? Mais Lustig n’est pas un conteur ordinaire. C’est un acteur. Et un acteur prodigieux, capable de faire prendre des vessies pour des lanternes. 

L’autre, le banquier,  écoute. 

Je suis un sans-abri…Je n’ai plus rien. Je voudrais refaire ma vie ici, aux États-Unis, poursuit Lustig. 

  • Soit, mais que puis-je fait pour vous ? lui demande Green, un tantinet embarrassé. 
  • Je veux acheter une ferme, lui répond Lustig.

Green regarde fixement l’individu sans lâcher un mot. Le bonhomme ressemble furieusement à quelqu’un qui dit la vérité. Un type, un émigrant qui vient aux États-Unis acheter une ferme, pourquoi pas ? 

  • J’ai un peu regardé alentour. On m’a parlé de la ferme Marsten. Vous la connaissez ? poursuit notre escroc.
  • Si je la connais ! C’est même ma banque qui en est devenue propriétaire. 
  • Est-elle chère, monsieur ? s’enquiert Lustig, un brin d’inquiétude dans la voix.
  • Chère ….non. Elle est disons, au juste prix ! 

Green a de la peine à cacher sa satisfaction. Hier encore, il s’arrachait les cheveux en pensant à cette ruine dont personne ne voulait, et voilà qu’aujourd’hui un aristocrate déplumé veut l’acquérir. Green songe que la vie ménage décidément de satanées surprises. Précisément, il n’est pas au bout de celles-ci. Voici que l’autre lui dit : «cher monsieur Green, je n’ai pas grand-chose. Juste le produit de la vente des bijoux de famille….Tenez, voici…» Et Victor de sortir de son cartable une enveloppe. Il l’ouvre. «Voici 25 000 dollars, monsieur Green…Est-ce que ça suffira ? ». Décidément, ces aristocrates sont des gogos. Pas un de ces fins de race qui ait les pieds sur terre. 25 000 dollars ? Cette ruine en vaut trois fois moins ! Mais puisque l’autre en offre 25 000, va pour 25 000 ! «C’est OK, monsieur Lustig !». 

Reste à accomplir une formalité délicate : la visite. Quand le comte va voir la ruine, il est probable qu’il prenne les jambes à son cou. Eh bien, pas du tout ! Lustig semble satisfait. «Au boulot», dit-il en serrant la main du banquier. 

  • À propos, monsieur Green, je compte sur vous pour m’apporter les papiers demain à mon hôtel, n’est-ce pas ? 
  • Bien sûr, monsieur Lustig ! 

Il sont sur le point de se séparer quand, soudain, Lustig semble hésiter. Il aurait une dernière requête à formuler. Il lâche le morceau : 

  • Voilà, monsieur Green, j’aurais besoin d’un petit capital pour commencer….Il y a, vous l’aurez remarqué, des travaux à faire. J’ai encore 25 000 dollars de bons, vous savez ! Pourriez-vous me les échanger ? 
  • Bien entendu ! lui répond Green avec un large sourire.

Marché conclu. Le lendemain, Green est dans la chambre du Lustig.

  • Voilà le titre de propriété, monsieur Lustig ! entame le banquier. Et là-dedans, j’ai vos 25 000 dollars en argent ; vous avez vos bons ? 
  • Bien sûr, reprend Lustig, les voici. 

Et il extrait d’un tiroir une enveloppe contenant une liasse de bons. «Mais avant de conclure l’affaire, trinquons, cher monsieur…. Une bonne affaire mérite un bon verre !» Un verre, puis deux, trois….Au bout du dixième verre, Green, complètement saoul, prend l’enveloppe que lui tend Lustig, lui donne les titres de propriété et les 25 000 dollars en liquide et s’en va en titubant. Au bureau, il s’effondre dans son fauteuil et examine le contenu de l’enveloppe, tout joyeux. Il manque soudain de se trouver mal : l’enveloppe ne contient que de vieux journaux au lieu de 50 000 dollars espérés. Il fonce à l’hôtel. La chambre est vide. L’oiseau s’est envolé. 


L’honorable Mr Green lance une meute de détectives à ses trousses, qui retrouvent le fameux comte Lustig dans une chambre d’hôtel de New York. Victor ne se cache pas le moins du monde.

Résultat de recherche d'images pour "Victor lustig"

Comme tous les grands escrocs, il sait que rares sont les victimes qui veulent étaler leur infortune à la une : peur du scandale, du ridicule…les deux peut-être. Quoi qu’il en soit, l’animal étant coincé, on lui passe les menottes. Direction : Salina et le Kansas ! Ils sont cinq à l’escorter : quatre flics et l’avocat du banquier floué. 

Le voyage est long de New-York jusqu’au Kansas. Alors, Lustig parle tranquillement à l’avocat. Et ce faisant, il jauge sa personnalité : un type bien, droit, mais très conformiste. Un de ces bonhommes qui n’aiment ni les histoires ni les embrouilles. 

  • Ça va bouger, à Salina, n’est-ce pas, cher monsieur ? hasarde-t-il 
  • Sans aucun doute ….répond l’autre 
  • C’est pas joli, un escroc, j’en conviens. Un escroc, ça exploite les bas-fonds de l’âme humaine, reprend le « comte ».

L’avocat ne comprend pas bien où Lustig veut en venir, et il réprime une furieuse envie de hausser les épaules. Voilà que les escrocs se piquent d’être philosophes, songe-t-il ! 

  • Ah, les bas instincts de ces banquiers…poursuit énigmatiquement Lustig en lissant sa moustache. 

L’autre comprend d’un coup : Green a vendu à Lustig 25 000 dollars une ferme pourrie qui en valait 10 000 ! Pas honnête pour deux sous, le banquier! 

  • Je crains le pire pour la banque, renchérit soudain l’escroc.
  • Et pourquoi ? 
  • Se faire taper avec de vieux papiers journaux ! C’est pas bon pour un banquier ! La confiance des clients va ficher le camp ! C’est là hélas plus que probable ! 

L’avocat a compris au quart de tour. Il prend le téléphone et appelle Green. Lustig ? Monsieur Green, on a tout intérêt à le laisse filer. On étouffe l’affaire, et par-dessus le marché il promet de rembourser. Il s’y engage même par écrit. Green renâcle un peu. C’est tout de même un escroc ! Le banquier pèse le pour et le contre des heures durant. Puis il tranche : «OK…On le laisse filer !». La couleuvre est difficile à avaler, mais le scandale serait bien pire ! 

Ce qu’il ne sait pas, le bon Mr Green – et que Lustig, lui, sait -, c’est que les histoires finissent toujours pas remonter à la surface. Les rumeurs courent vite. Peut-on empêcher les rumeurs ? Sans doute pas….Et, un beau jour, cette histoire fâcheuse revient à Mr Green comme un boomerang. Les clients de la banque commencent alors à lâcher le banquier gogo. Comment garder sa confiance à une buse qui se fait croquer par un aigrefin, surtout quand cette buse est un banquier ? Lustig n’a évidemment pas remboursé les 25 000 dollars.

A suivre……

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s