Jean de La Fontaine, l’auteur de près de 250 fables

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Trois siècles après leur parution, les Fables de La Fontaine continuent d’être récitées par les enfants. Malgré leur apparente puérilité, les Fables laissent deviner les idées de leur auteur, notamment son pessimisme. 

Jean de La Fontaine naît à Château-Thierry (Aisne) le 8 juillet 1621. Son père était maître des Eaux et Forêts et capitaine des Chasses.

Une jeunesse sans soucis.

Après le collège, il entre en 1641 à l’Oratoire, où il mène une vie monacale qui ne l’intéresse pas plus que le travail scolaire. Il quitte l’établissement 18 mois plus tard. En 1649, il décroche un diplôme d’avocat. En 1647, son père le marie à une jeune fille de 14 ans, Marie Héricart. En 1652, il retourne à Château-Thierry et hérite de la charge paternelle de maître des Eaux et Forêts. Ne parvenant pas à exercer cette lourde tâche, il revend la charge. 

Préciosité et Libertinage 

Quand il se rend à Paris, il fréquente les société précieuses et libertines. Sa vocation poétique s’éveille de plus en plus. Il passe de longues heures à lire, traduit l’Eunuque de Térence, compose un poème, Adonis, qu’il offre à Nicolas Fouquet. Au moment de la chute de Fouquet, La Fontaine reste son plus fidèle défenseur. Cette fidélité lui vaut la haine de Colbert, puis celle de Louis XIV lui-même. 

Ses protecteurs : 

Après Fouquet, il devient le protégé de la duchesse d’Orléans. En 1673, Mme de La Sablière le recueille et, après la mort de celle-ci en 1693, Mme d’Hervart. En 1684, il est élu à l’Académie française. Il y retrouve ses amis Boileau, Perrault et Furetière. Malade, il meurt chez ses derniers protecteurs, le couple d’Hervart

La FONTAINE a-t-il inventé la fable ?

Non, la fable est une forme littéraire très ancienne. Après avoir été longtemps oubliée, La Fontaine l’a remise au goût du jour. Avant lui, le fabuliste le plus célèbre est le Grec Ésope, mais aussi de Phèdre, du Moyen Age et du XVIe siècle. Il s’inspire aussi des légendes orientales, et notamment des récits exotiques de l’Indien Pilpay. Comme il le dit lui-même : «Mon imitation n’est point un esclavage,  / Je ne prends que l’idée, et les tours et les lois,/ Que nos maîtres suivaient eux-même autrefois…» Il essaie, en fait, de créer un genre nouveau. Son originalité réside d’abord dans la transposition de la prose en vers. Il se distingue aussi par un effort constant de la variation, afin que le lecteur ne s’ennuie pas.  Autre nouveauté : on ne trouve plus, comme chez Ésope, de sèche moralité à la fin du conte. La Fontaine s’amuse à en varier constamment à la place. Lorsqu’il arrive que celle-ci soit trop claire, il la supprime. Après lui, la fable devient une mode et influence des auteurs comme Perrault, Mme de Villedieu, ou encore Furetière. 

Une comédie animale et humaine. C’est ainsi que La Fontaine définit son recueil.

 

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Le fabuliste explique que ce sont toujours des hommes qui se cachent derrière les animaux : «Ce n’est pas aux hérons que je parle ; écoutez, humains.» Quelque 180 animaux peuplent ses fables. Parmi eux, il y a les puissants et les faibles. Les «Forts» sont souvent des carnivores (le lion, le loup, le renard, le chat…), des rapaces (le vautour, l’aigle…). Les victimes, ou «faibles», sont généralement symbolisées par l’agneau, l’âne ou la souris. Mais tous les personnages n’entrent pas forcément dans l’une de ces catégories. Les animaux utilisant la ruse peuvent parvenir à changer de classe : c’est le cas du renard ou du singe. 

L’Art d’instruire :

Les messages du premier recueil présentent une morale traditionnelle. La Fontaine signale au lecteur les dangers qui le menacent. Il lui propose de se contenter d’un bonheur simple. Il lui conseille de se méfier des autres, d’utiliser la ruse plutôt que la force brutale et, enfin, de ne compter que sur lui-même. Dans le 2ème recueil , il insiste souvent sur l’idée que l’homme est sot, avide et superficiel. Il l’accuse d’ingratitude, de cruauté et de manque de piété envers Dieu. Selon lui, il faut accepter la mort, savoir profiter de l’amitié, chercher la retraite dans la nature et respecter les autres peuples. Le fabuliste affirme aussi des idées politiques. Il défend la monarchie contre la démocratie, à condition que le peuple soit solidaire de son roi. Par ailleurs, la Fontaine est un catholique convaincu. Selon lui, seul Dieu peut guider les hommes. La sagesse passe par un équilibre entre l’âme et le corps. L’homme doit s’accepter tel qu’il est, supprimer ses désirs et ses passions. La Fontaine lui conseille de rester chez lui, de ne pas voyager ni de s’intéresser à la science. La sagesse passe par l’épicurisme : L’homme doit profiter de la vie, de façon modeste, en jouissant des biens que lui offre la nature. 

L’Art de divertir :

La Fontaine n’est pas un donneur de leçons. D’ailleurs, il sait ridiculiser les beaux discours, à l’image de celui du Pédant faisant la morale à l’Enfant qui se noie. Pour ne pas ennuyer le lecteur, il a recours au comique. La confusion qui règne entre le monde animal, humain, minéral, végétal et mythologique complique les récits. Mais elle permet surtout de jouer sur les mots et les situations. La Fontaine utilise la moquerie et la satire pour attaquer les vices. Le comique de description passe par la caricature. Celle du renard «Serrant la queue, et portant bas l’oreille» ou encore celle du Héron «au long bec emmanché d’un long cou». Les exemples de comique de geste sont également nombreux [L’Âne «se vautrant, grattant, et frottant»]. Enfin, l’auteur utilise aussi le comique de caractère pour grossir le défaut d’un personnage : La légèreté de la Cigale et l’avarice de la Fourmi, l’hypocrisie du Renard et la vanité du Corbeau. 

Son mot d’ordre : Plaire «On ne considère en France que ce qui plaît ; c’est la grande règle et pour ainsi dire la seule». Disait-il dans sa préface.  

Bien sûr, c’est la manière de dire les choses qui les rend légères ou sérieuses. La Fontaine joue sur le décalage. La fable est traditionnellement un genre qui s’adresse aux enfants. Or il est évident que La Fontaine a écrit cela pour les adultes. Les Fables de La Fontaine sont d’une richesse inépuisable. Mais elles sont également un texte difficile, pour les enfants comme pour les adultes.  Le langage de La Fontaine est en voie d’archaïsme. Il fait des allusions au langage savant. Son style est très allusif car il a souvent recours à l’ellipse. Tout cela fait que les Fables ne sont pas compréhensibles facilement. 

 

Par exemple : 

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Un loup affamé et affaibli rencontre un chien gras, beau et puissant. Le loup fait des compliments au chien qu’il admire, et celui-ci lui dit que si il veut être aussi bien soigné que lui, il n’a qu’à le suivre, et obéir à son Maître. Mais la contrepartie de ces soins est que le chien est attaché et qu’il est au service son Maître, justement. Le loup lui répond qu’il préfère être affamé mais libre, que bien nourri et asservi.

La morale de cette histoire est que la liberté n’a pas de prix. Il vaut mieux être libre mais affamé, que bien nourri mais attaché.

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