BALSAMO CAGLIOSTRO, l’escroc des Lumières (2)

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Si la maçonnerie est florissante en cette seconde moitié du XVIIIème siècle dans l’Europe entière, nulle part elle n’affiche une influence aussi considérable qu’en Angleterre. Georges III, reconnaissant de l’appui qu’elle fournit à la monarchie Hanovrienne, la loue et la défend contre tous ses ennemis. Avec lui, les loges d’obédience anglaise essaiment sur tout le continent. Bientôt, Cagliostro va s’y illustrer.  D’abord, il ouvre à Londres un cabinet d’alchimiste qui acquiert pignon sur rue. Toute la bonne société se persuade qu’il possède le secret de la fabrication de l’or. Ce serait là l’explication de son luxueux train de vie, de cet argent qu’il dépense à tout va, des parures et des toilettes de Lorenza. La rumeur court : Londres abrite un personnage inouï, aux immenses pouvoirs. Il serait plus riche que Crésus. 

Cette fortune, d’où provient-elle ?

probablement de l’ordre de Malte, qui a choisi Giuseppe comme un agent en Angleterre, ce nirvana des spiritualistes. Le grand maître de l’ordre, Emmanuel de Rohan, l’a sûrement désigné, lui, Balsamo, comme le représentant de l’ordre dans le monde.  Certes, le bonhomme apparaît un peu trop voyant et sûr de lui, mais qu’importe….La fin ne justifie-t-elle pas les moyens ? 

Peu à peu, toutes les personnalités qui comptent se pressent chez Balsamo : des grands de ce monde, attirés par les talents du personnage, mais aussi, on s’en doute, des aigrefins qui flairent l’or. Un couple de concubins, les Scott – qui se prétendent «Lord» et «Lady» -, ne comprend rien au «grand oeuvre» mais en revanche s’y entend à merveille pour faire fortune. Et Giuseppe frappe fort : Il leur prédit, avec succès, les numéros gagnants de la grande loterie d’Angleterre. 

Bref, Cagliostro rameute vers sa demeure la foule des requins

 désireux de faire fortune à peu de frais. 

Dépassé par son succès, il doit leur fermer la porte au nez : tous ces gens n’en veulent qu’à l’or. Du reste, c’est-à-dire de la «connaissance suprême», ils n’ont que faire.

Les Scott prennent peur. Ils font le siège de Lorenza. ils tempêtent, pleurent à chaudes larmes. Giuseppe veut-il les ruiner ? Lorenza s’interpose et convainc son mari. Dame ! c’est pour de si braves gens….D’autres numéros de loterie gagnante vont bientôt sortir, et les Scott remplissent leur bourse. Désormais, ils tiennent le mage, ou croient le tenir ….grâce à Lorenza

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La rumeur enfle dans Londres : il existe un voyant, un fabricant d’or, qui enrichit tous ceux qui l’approchent. Un être unique, comme il n’y en a jamais eu.

Évidemment, pareil individu  ne saurait se contenter de servir des parasites comme les Scott et de prédire de bons numéros de loterie. Giuseppe profite de son séjour Londonien pour fréquenter les cercles théosophes, où il s’imprègne de la pensée de Swendenborg, «spirituel» suédois mort cinq ans plut tôt et dont les travaux occultes font alors fureur. 

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Ce Swedenborg qui s’est autoproclamé le fils spirituel de Paracelse (l’alchimiste de la Renaissance) a lancé sur le marché de la spiritualité un mouvement, l’«illuminisme», qui prend de l’ampleur.

Pour Swedenborg, l’Église ne détient pas le monopole de la connaissance de Dieu. Cette connaissance n’est pas un savoir rabâché dans tous les catéchismes mais le fruit d’une illumination.

Balsamo est séduit par la pensée de Swedenborg, qui conforte sa propre intuition. Swedenborg, est par ailleurs l’un des maîtres de la maçonnerie anglaise, qui assure la synthèse entre la pensée du maître suédois, la tradition ésotérique des Rose-Croix et celle, chevaleresque et templière, de jadis. Balsamo se sent désormais suffisamment mûr pour habiter enfin son vrai nom : Cagliostro. En 1777, c’est sous ce nom, «comte Joseph Cagliostro», qu’il entre en maçonnerie au sein de l’Observance, petite loge templière. Il y est reçu d’emblée comme maître. C’est dire son prestige. 

Les Scott, ces parasites, furieux d’être éconduits par le mage, portent plainte en justice et l’accusent de sorcellerie. Cagliostro s’en tire sans trop de mal mais décide de quitter sans tarder l’Angleterre : Albion sent le soufre. 

Trois ans plus tard, Scott, condamné à mort pour vol avec effraction, finira au bout d’une corde. De là à évoquer la vengeance de Cagliostro, il n’y a qu’un pas – et la rumeur, évidemment, le franchit ! Entre-temps, notre mage découvre les antiques usages de la maçonnerie égyptienne et osiriaque, enfouis sou les siècles de traditions médiévales et templières. Et ses contemporains le désignent comme le patron de cette maçonnerie. On l’appelle «Le Grand Cophte». C’est dit. Joseph Balsamo est mort. 

Il ne reste plus qu’Alexandre Cagliostro, celui qui diffuse sa lumière sur le monde.

Le mage est flanqué de sa compagne, son double, une sorte d’ange qui prend le nom de «Serafina» : Lorenza a eu droit, elle aussi, à un nouveau baptême. Elle est le séraphin qui protège Cagliostro ! Le comte et la comtesse de Cagliostro reprennent leur vie d’errance. Mais celle-ci n’a plus rien à voir avec les pérégrinations de jadis. Le couple d’escrocs semble assagi. Attiré d’abord par la Hollande, Cagliostro fonde à la Haye la première loge de son rite égyptien en 1778. 

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Puis, les voici en Belgique ; de là, ils vont à Innsbruck, puis à Nuremberg, où ils sont accueillis en héros. En effet, l’Allemagne de Frédéric II, versée dans un mysticisme romanesque et préromantique, reçoit avec faste le Grand Cophte et sa compagne. 

En 1778, ils sont à Berlin et , de là, vont à Leipzig, où ils rencontrent le fameux dom Pernety, ancien aumônier dans l’escadre de Bougainville, disciple idolâtre de Swedenborg qui s’est réfugié en Allemagne, où il jouit de la protection du grand Frédéric. 

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La Russie de Catherine II attire maintenant Cagliostro :

 tant de légendes courent sur la souveraine hors norme

 qui protège les philosophes et collectionne les amants…. 

Las, Cagliostro, qui s’est juré de la conquérir, tombe sur un bec : Catherine refuse de le recevoir. La tsarine voit d’un mauvais oeil ce Cagliostro frais émoulu des loges anglaises venir sur ses terres lui faire la leçon à elle qui, pour des raisons toutes politiques, tresse des couronnes aux loges suédoises. 

Mais le renom du Grand Cophte est si extraordinaire que les grands de Russie lui ouvrent leurs portes pour se régaler du bonhomme. PotemkineRésultat de recherche d'images pour "potemkine amant de catherine ii"  l’amant et favori de l’impératrice, est fasciné par le couple – spécialement par la comtesse. 

Tout l’arsenal des pouvoir, réels ou supposés, de Cagliostro est mis à contribution, même si le Grand Cophte se plaint de devoir en faire étalage comme un vulgaire charlatan.

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Il sort des palais, se balade dans les rues de Saint-Saint-Pétersbourg et se met à guérir à qui mieux mieux  les pauvres et leurs fièvres et scrofules – guérisons inexpliquées, donc miraculeuses, qui font enfler la rumeur : Cagliostro guérit les mourants. Bientôt, il ressuscitera les morts ! Son cabinet de guérisseur ne désemplit pas. 

Non content de soigner les pauvre, il s’attaque aux maux des riches. Cagliostro guérit à tout va : le fils du prince Galitzine, la baronne Stroganov, qui a perdu la tête, et un certain Isleniew, cancéreux condamné par la médecine, sont sauvés grâce à un élixir à base d’or potable. 

Les rationalistes qualifient Cagliostro de «sorcier». Le propre médecin de la tsarine l’accuse d’exercice illégal de la médecine. Le comte le provoque alors en un curieux duel : «Vous allez avaler deux pilules d’arsenic que je vous donnerai, et j’avalerai moi le poison que vous me donnerez, quel qu’il soit. Celui de nous deux qui mourra sera considéré par les hommes comme un porc». (Philippe brunet, Cagliostro, Paris, François Bourin, 1994, page 79).

L’archiatre, couard, se le tient pour dit et s’abstient. La rumeur, ce poison, court de plus belle : le mage ne serait qu’un imposteur. Sa femme ne serait qu’une putain à la cuisse légère qui se prête à des jeux interdits en compagnie du beau Potemkine. 

Pour L’impératrice Résultat de recherche d'images pour "catherine ii de russie" c’en est trop….Elle va sévir. Ce sera le Knout ou la geôle – voire les deux. 

Très peu pour eux ! prudemment, les Cagliostro repassent d’urgence la frontière pour se réfugier en Pologne. 

À suivre …..

 

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