Pourquoi n’existe-t-il pas de gauche ni de droite au théâtre ?

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Théâtre du Palais Royal  à Paris

Difficile pour le metteur en scène de théâtre assis dans la salle de dire à un acteur de sortir «à gauche» de la scène : s’agit-il de la gauche du metteur en scène ou de celle de l’acteur qui se trouve face au public ?

Pour pallier ce problème de droite et de gauche, sous l’Ancien Régime, les machinistes, qui étaient souvent d’anciens marins, avaient trouvé une alternative tirée du bâbord-tribord de la navigation : un «côté de la reine» et un «côté du roi» remplaçaient la droite et la gauche, et facilitaient la communication au sein de la troupe. Puis, lorsque la Comédie-Française fut installée au Palais des Tuileries entre  1770 et 1782, la troupe prit l’habitude de se référer au côté cour et au côté jardin du palais, qui correspondaient respectivement au côté droit et au côté gauche de la scène, lorsqu’on se trouve dans la salle.

Depuis l’usage est resté : au théâtre, la droite et la gauche n’existent pas. Il n’y a qu’un côté cour et un côté jardin …..même en l’absence de cour et de jardin !

Mais de quel auteur génial viennent ces dénominations fleuries ? Sophocle ? Shakespeare ?
Beaumarchais.
Sans qu’il n’y soit pour rien. Nous sommes en 1784, à Paris, où des acteurs répètent
Le Mariage de Figaro. Ces acteurs, ce sont les sociétaires de la Comédie Française.
Suite à des problèmes de place, l’intendance les a provisoirement installés aux Tuileries dans la salle des machines. L’endroit fait face à la Seine. Quand les acteurs regardent le fleuve, ils ont à leur gauche la cour du Palais des Tuileries et à leur droite un jardin qui s’étend à  l’époque jusqu’à la place de la Concorde. Ils ont donc à leur gauche le côté «cour», et à leur droite le côté «Jardin».

Présentée pour la première fois au public, la pièce connut un triomphe.
Et le binôme cour/jardin a lui aussi brûlé les planches.

Et pour ceux qui ont déjà oublié où étaient le côté  «cour» et le côté «jardin».

Les moyens mnémotechniques   les plus connus, pour savoir où se situent le jardin et la cour, consistent pour le public à se rappeler les initiales de Jésus-Christ  ;  J.-C.   pour les intimes ; comme Jardin/Cour en regardant la scène depuis la Régie (Rex/Romain); et pour les acteurs se remémorer la formule « côté cour, côté cœur» en regardant la salle, le cœur étant situé à gauche. De même pour les acteurs, jarDin comporte un D comme droite, tandis que cour n’en comporte pas.

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Je sais ça énerve ! 

Le vocabulaire du théâtre est riche de termes très imaginés, dont l’explication est souvent historique :

Une Italienne 

Au théâtre, une italienne est une répétition sans mettre le ton, d’une voix neutre qui permet aux acteurs de mémoriser leur texte sans se fatiguer.

Plus spécifiquement à l’opéra, l’italienne reprend les éléments caractéristiques au théâtre en y ajoutant qu’il s’agit en principe de la première répétition avec l’orchestre en fosse, et qu’elle réunit pour la première fois orchestre, chœurs et solistes en une seule séance de travail.

Le filage

la répétition, appelée aussi le filage, est un exercice d’apprentissage ou de  mémorisation d’une partie ou de la totalité d’une pièce de théâtre sous la direction du metteur en scène.

La générale

La répétition générale est la dernière répétition avant la première représentation. Elle couvre la totalité de la pièce dans les conditions de mise en scène de la représentation publique (durée, costumes, décors, son, éclairage…). Elle peut accueillir des amis, des invités, parfois la presse.

La Colonelle

C’est la répétition qui précède la générale. Dans la hiérarchie des grades militaires , le colonel est juste en dessous du général.

La couturière

C’est souvent aussi l’avant-dernière répétition avant la première représentation. Elle a pour objectif de tester la pièce avec tous les costumes, de fixer les dernières retouches, d’optimiser les changements et l’habillage.

Clou, corde et vipère

sont des mots proscrits dans le vocabulaire du théâtre (on est très superstitieux) Si on les dit, il faut payer une tournée à tout le monde pour exorciser l’effet de malchance qui pourrait se produire (on ne peut que constater que les théâtreux du monde entier aiment à boire entre collègues, car après avoir fait du théâtre quel grand plaisir que de parler de théâtre !…) Ne pas amener la couleur verte sur le plateau ni des œillets dans la loge, même effet et même remède…

Ne dites jamais « bonne chance » à un comédien, ça porte malheur ! Du temps où l’on venait au théâtre en calèche, les chevaux faisaient leurs besoins sur le parvis. Ainsi, plus il y avait de crottin, plus la pièce avait du succès. C’est pourquoi l’on dit « merde » pour souhaiter aux comédiens de faire salle comble. Et que répond-on ? Tout sauf « merci » !

Le quatrième mur

Le quatrième mur est un écran imaginaire qui sépare l’ acteur du spectateur. Parallèle au mur de fond de scène, il se situe entre le plateau et la salle, au niveau de la rampe. Avec ce système, les acteurs ont commencé à avoir des déplacements plus naturels   et quotidiens, ils pouvaient par exemple jouer dos au public.

Le public voit alors une action qui est censée se dérouler indépendamment de lui. Il se trouve en position de voyeur : rien ne lui échappe mais il ne peut pas intervenir. Le personnage peut briser cette illusion en faisant un commentaire directement au public, ou bien en aparté.

L’expression « briser le quatrième mur » fait référence aux comédiens sur scène qui s’adressent directement au public et, au cinéma, quand des acteurs le font par le biais de la caméra. Cette technique est considérée comme une technique de métafiction.

Brûler les planches

C’est le fait de jouer la comédie avec talent et de remporter un immense succès au théâtre. Le verbe brûler fait référence aux bougies que l’on plaçait jadis sur scène pour éclairer les acteurs. L’équivalent au cinéma ? Crever l’écran !

L’oeil du Prince

 Place d’où l’on voit le mieux le spectacle. En général, c’est le siège que choisit le metteur en scène lors des dernières répétitions, car il bénéficie d’une vue idéale sur la scène. L’œil du prince se situe aux environs du septième rang, au centre de la rangée. 

Être sous les feux de la rampe

À l’origine, cette expression signifie « être sur scène ». Ici, il n’est pas question de rampe d’escalier mais de rampe d’éclairage : des lattes en bois sur lesquelles on installait des chandelles afin d’éclairer la scène. L’arrivée de l’électricité a produit l’expression voisine « être sous le feu des projecteurs ».

Faire un four

L’expression faire un four signifie ne pas rencontrer le succès, échouer.
Cette expression provient du jargon du théâtre du XVIIème siècle. À l’époque, on faisait un four si le théâtre était plongé dans l’obscurité car cela signifiait qu’il y avait peu ou pas de spectateurs. D’ailleurs, s’il y avait peu de spectateurs, on éteignait pour inciter ces derniers à partir! À quoi bon jouer pour une poignée de personnes… On associait le four au manque de lumière comme dans l’expression il fait noir comme dans un four (peu utilisée aujourd’hui).

Également synonyme d’échouer, l’expression faire un bide est très utilisée de nos jours. Elle fait aussi partie du jargon du théâtre. En effet, les comédiens faisaient un bide (synonyme de ventre) si les spectateurs sortaient du théâtre sur le ventre , en rampant comme un serpent! Peut-être parce que, de cette manière, ils réussissaient à s’échapper du théâtre sans qu’on les voie!

À l’inverse, « tenir l’affiche », c’est rester plus longtemps que prévu à l’affiche en raison du succès remporté par la pièce.

Le Paradis

Dans un théâtre , le paradis (aussi appelé poulailler) est le dernier étage au-dessus des loges et des balcons.

Le film de Marcel Carné «Les enfants du paradis» (1945)  se situe au théâtre des Funambules   et évoque l’atmosphère populaire de cette partie d’un théâtre. Le scénario est de Jacques Prévert.  Arletty et Jean-Louis Barrault  en sont les interprètes principaux.

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À l’opposé, on trouve la baignoire qui ne sert pas à prendre des bains, mais à regarder le spectacle du rez-de-chaussée !

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