Le Corbusier (1887-1965) Une maison est une machine à habiter.

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Charles-Édouard Jeanneret-Gris voit le jour le 6 octobre 1887, dans le Jura  Suisse. Ce n’est qu’en 1920 qu’il se fera appeler par son pseudonyme : Le Corbusier. Figure du mouvement moderne, c’est un homme à multiples casquettes. Bien connu pour ses réalisations architecturales et ses réflexions sur l’urbanisme, Le Corbusier exerçait aussi dans de nombreux autres domaines tels que l’art de la sculpture, la peinture, les lettres, le graphisme… Ses diverses expériences ont nourri son travail d’architecte tout au long de sa vie.

Visionnaire et créateur, il a dessiné notre quotidien, inventé de nouvelles formes, donné au béton ses lettres de noblesse et terrorisé souvent l’académisme par ses audaces. Il n’est pas seulement le père des HLM sinistres et des grandes barres cauchemardesques, mais un grand poète de notre habitat, sobre, élégant et lumineux à la fois. D’abord peintre, Le Corbusier n’est pas homme à rester enfermé dans un atelier. Il faut qu’il ressente physiquement les choses qu’il représente. Une culture autodidacte fondée sur l’expérience personnelle du regard et sur le rôle du dessin. À trente ans, il s’installe à Paris. Il admire les machines avec leur fuselage parfait. Il veut une maison aussi belle et commode qu’un avion ou une automobile. Avec le peintre Ozenfant et sa revue «l’Esprit nouveau», il défend le purisme contre un art décoratif. Durant l’exposition des Arts décoratifs de 1925, Le Corbusier fait sensation en présentant des «cellules d’habitation» avec des casiers, des chaises, des tables. Ici pas de superflu, que de l’épure. Trop à l’étroit sur la toile, Le Corbusier s’oriente vers l’architecture, qui lui permet de trouver d’autres espaces pour créer.

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La villa Savoye de Poissy

En 1926, Le Corbusier définit les «cinq points d’une architecture nouvelle» : Le plan libre, la façade libre, la fenêtre courante, les pilotis, le toit-jardin. Cette manière inédite de bâtir n’est possible que par l’utilisation du béton. Ce matériau autorise une plus grande liberté. On peut par exemple créer des jardins suspendus ou de grandes terrasses sur les toits. Le Corbusier conçoit immédiatement des villas puristes (la villa Savoye de Poissy notamment) sortes de maisons-sculptures toutes blanches, dépouillés mais ouvertes sur la nature et le soleil. Un art d’habiter inscrit dans sa doctrine de l’urbanisme, la Charte d’Athène (1930). Marqué par la vie en communauté, il invente l’université d’habitation, immeuble collectif transformé en ville.

Parfois ses utopies peuvent dégénérer. Ainsi son insensé Plan Voisin (1925) qui prévoit de raser le Marais, un des plus beaux quartiers de Paris, pour le remplacer par un parc d’où surgissent d’immenses bâtiments de deux cents mètres de haut.

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La Chapelle de Ronchamp (Haute-Saône)

Dans les années 1950, avec la Chapelle de Ronchamp, le couvent des Tourettes et la ville de Chandigarh en Inde :  Résultat de recherche d'images pour "le corbusier Chandigarh inde" l’architecte joue avec les matières brutes (béton, pierre), exploite toutes leurs potentialités, les rend sensuelles, étranges. Puis Le Corbusier éprouve le besoin de retrouver une forme d’habitation minimale pour mener une vie de moine. Le «Cabanon» du cap Martin Image associée répond à cette exigence. C’est une cellule de 3.66 mètres de côté et de 2.26 mètres de hauteur. Ce cube est la quintessence de son art de vivre.

Le Corbusier ne consacre pourtant pas tout son temps à l’architecture. Chaque jour, de 8h à 13h, il se consacre à la création, à la peinture, Résultat de recherche d'images pour "le corbusier peinture" la sculpture, les collages. Une « pause artistique » dans son activité d’architecte, qu’il considère comme nécessaire. Il dessine énormément durant ses voyages, constituant une véritable collection de carnets de croquis. Il est à l’origine de nombreuses statues, notamment en bois, qu’il peint parfois : bleu, jaune, rouge, vert, ses couleurs de prédilections, qu’on retrouve d’ailleurs dans certaines œuvres architecturales ou encore dans ses peintures.

Homme de rigueur et rationnel, Le Corbusier invente une unité de mesure qu’il nomme Le Modulor. Résultat de recherche d'images pour "le corbusier le modulor" Basé sur le nombre d’or et les proportions humaines, il défini les mesures de son architecture : la hauteur des plafonds, la largueur et hauteur d’une chaise, la largeur d’un couloir… Bon nombre de ses réalisations sont basées sur ce rapport : le couvent de la Tourette, les unités d’habitation… L’architecte utilise également le Modulor dans la réalisation d’affiches, ou pour ces peintures. Il met en place des tracés régulateurs, qui lui permettent d’ordonner ses compositions, de fixer la géométrie de l’ouvrage de manière non-arbitraire.

Il va aussi subir l’opposition des architectes conservateurs qui affirment que les habitants développeront des maladies mentales en vivant dans ces bâtiment ! La Cité radieuse de Marseille sera par exemple baptisée « La maison du fada » par les marseillais…

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Départ de Marseille. Ce soir on dort chez Corbu ! Dans la « Maison du Fada », il y a un hôtel avec des « suites », tout là-haut, qui promettent. Sortie métro Prado, à peine un œil sur le mythique stade Vélodrome, construit en 1937. La Cité Radieuse se profile bientôt sur le trottoir d’en face. Arrivé au pied du bâtiment, c’est le choc : que c’est grand ! 56 mètres de haut, 165 de long, 337 appartements.

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Le hall d’entrée, façade de la Cité Radieuse

De près, dedans, les charmes de la Cité Radieuse finissent par opérer. Ceux du béton brut, des couleurs, des beaux appartements traversants — mais pas très larges —, du balcon du bar-restaurant… La chambre, « dans son jus » n’est pas mal, même si «la suite» annoncée n’est qu’un studio côté mer.

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Mais le mieux, c’est le toit-terrasse tout là-haut, sous le ciel cobalt de Marseille. Avec son école, sa pataugeoire où les habitants barbotent, sa petite scène de théâtre, son gymnase devenu récemment galerie d’art … Bien vu, Corbu !

Et si, vue d’en bas, la Cité radieuse écrase le paysage, son toit-terrasse est un havre de sérénité. Vraiment moderne par son approche des formes, simples, orthogonales, mais très dessinées, et son utilisation des matériaux de son temps, le métal, et surtout le béton qu’il coffre à sa volonté, Le Corbusier fait de ses bâtiments de véritables sculptures. Un architecte n’est-ce pas  aussi un artiste ?

Les détracteurs de Le Corbusier le critiquent souvent pour son côté « froid » et brutal, car il a toujours privilégié le béton et le dépouillement. Ce n’est pourtant pas le sentiment que l’on a en visitant la Cité radieuse. Dans les espaces publics comme à l’intérieur des appartements, l’ambiance est chaleureuse, conviviale et vivante. Lors de ma visite, j’ai eu l’occasion d’échanger avec quelques habitants de la Cité. Ils m’ont tous dit s’y sentir très bien et ne veulent pas quitter ce « village vertical ». Les appartements sont  des pièces d’un jeu de construction, et la grande différence avec ce que l’on appelle les «clapiers» HLM construites dans des ZUP – c’est la qualité des matériaux et l’excellente isolation phonique. Dans la cité radieuse, on emménage avec ses valises, sans avoir besoin de meubles, tous les meubles sont intégrés ou presque. «Dès qu’il fait beau, j’organise des pique-niques sur le toit-terrasse, dit Cécile. Sous la grande cheminée, on a l’impression d’être à bord d’un transatlantique quittant la côte !» La lumière, le silence, la mer, l’absence de vis-à-vis, l’intimité alternant avec la vie communautaire : tels sont les ingrédients de l’inoxydable affection que «radieux» et «radieuses» vouent à leur chère Cité. Sans oublier l’essentiel, rappelle un habitant :  «Le Corbusier a mis beaucoup de lui-même dans cet immeuble. Son esprit est à l’intérieur.»

A la Cité Radieuse de Marseille, il y a même des appartements à vendre, comme celui-ci :

Ces logements sociaux avaient été conçus pour des gens modestes. Mais aujourd’hui, ce sont plutôt des personnes aisées, enseignants ou architectes, qui y habitent.

Depuis 2016, 17 de ses réalisations ont été reconnues «patrimoine mondial de l’UNESCO» qui comprend, dans l’ordre chronologique : les maisons La Roche et Jeanneret Résultat de recherche d'images pour "le corbusier lles maisons La Roche et Jeanneret" (1923) à Paris, une villa au bord du Lac Léman (1923) à Corseaux (Suisse), la Cité Frugès (1924) à Pessac (Gironde), la Maison Guiette (1926) à Anvers (Belgique), les Maisons de la Weissenhof-Siedlung Résultat de recherche d'images pour "le corbusier  les Maisons de la Weissenhof-Siedlung" (1927) à Stuttgart (Allemagne), la villa Savoye et la loge du jardinier (1928) à Poissy (Yvelines), l’immeuble Clarté (1930) à Genève, l’immeuble locatif de la Porte Molitor (1931) à Boulogne-Billancourt (Haut-de-Seine), l’Unité d’habitation (1945), dite « Cité Radieuse », à Marseille (Bouches-du-Rhône), la Manufacture (1946) à Saint-Dié-des-Vosges (Lorraine), la maison du Docteur Curutchet (1949) à La Plata (Argentine), la Chapelle Notre-Dame-du-Haut (1950) à Ronchamp (Haute-Saône), le Cabanon de Le Corbusier (1951) à Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes), le Complexe du Capitole (1952) à Chandigarh (Inde), le Couvent Sainte-Marie-de-la-Tourette (1953) Résultat de recherche d'images pour "le corbusier le couvent de la tourette" à Eveux (Rhône), le Musée National des Beaux-arts de l’Occident (1955) à Taito-Ku (Japon) et la Maison de la Culture (1953) à Firminy (Loire).

A une époque où les voyages sont difficiles, cet homme n’hésite jamais, saute dans un paquebot, un Zeppelin, un avion, traverse les océans et, quasi seul de sa génération, construit partout.  Et tout récemment redécouvert, un gymnase à Bagdad… Dans chaque édifice, il met la même force, le même engagement, sans concession. Pas de doute, il s’agit là d’une œuvre-manifeste du XXe siècle qui justifie son classement au patrimoine de l’huma­nité.

Le Corbusier a construit ou pensé nos villes modernes. Il est l’un des rares architectes connus du public, au point de soulever des passions contradictoires.

A Marseille, la Cité Radieuse est désormais le troisième monument le plus visité de la ville. Nombreux sont les visiteurs étrangers, fans d’architecture, venus notamment du Japon.

 

 

 

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