Cabourg dans les pas de Marcel Proust

Le Grand Hôtel où Proust prenait ses quartier d’été, dresse toujours son imposante façade devant la Manche.

Résultat de recherche d'images pour "cabourg le grand hotel"

Cabourg, appelée «Balbec» dans l’oeuvre de Marcel Proust,

 Description de cette image, également commentée ci-après

n’a cessé d’inspirer l’écrivain. Pour soigner son asthme, il a passé plusieurs étés, entre 1907 et 1914, au célèbre Grand Hôtel, dont il a fait le décor d’A l’ombre des jeunes filles en fleurs….

Né le 10 juillet 1871 à Auteuil, qui était alors une village de l’ouest de Paris, Marcel Proust est considéré comme l’un des plus grands romanciers du XXème siècle. Son oeuvre majeure est : A la recherche du temps perdu, un roman comprenant sept tomes, écrits en 1906 et 1922 et publiés entre 1913 et 1927.

L’un des volumes les plus connus, A l’ombre des jeunes filles en fleurs, a reçu le prix Goncourt en 1919. A cela s’ajoute une correspondance abondante (22 tomes de lettres) publiées après sa mort, survenue à la suite d’une pneumonie le 18 novembre 1922.

Proust's "Room" 414 at the Grand Hotel. From a blog http://www.marclefrancois.net/article-pelerinage-proustien-au-grand-hotel-de-cabourg-48394486.html. English translation: http://translate.google.com/translate?sl=auto&tl=en&js=n&prev=_t&hl=en&ie=UTF-8&u=http%3A%2F%2Fwww.marclefrancois.net%2Farticle-pelerinage-proustien-au-grand-hotel-de-cabourg-48394486.html

Derrière la porte de la chambre 414, au quatrième étage du Grand Hôtel de Cabourg, le temps s’est arrêté. A côté d’un grand lit, un petit bureau donne sur la Manche. Rien d’exceptionnel, à première vue, dans ce cadre certes confortable, mais épuré. Sauf qu’ici ont été rédigées les plus belles pages de la littérature française du XXème siècle. Du moins le croit-on. «Rien n’indique qu’il s’agisse de la chambre exacte de Marcel Proust, souligne Jean-Paul Henriet, historien, ancien maire de Cabourg et grand spécialiste de l’auteur. «Mais peu importe. On sait que l’écrivain a séjourné à l’hôtel, dans une chambre similaire, reconstituée ici à l’identique».

En juillet 1907, le romancier, âgé de 36 ans, a peu publié et se languit à Paris. Il vient de perdre sa mère dont il était très proche et est secoué par de violentes crises d’asthme, maladie dont il souffre depuis l’enfance. En quête d’air marin, il recherche un lieu en Bretagne où passer l’été, quand il tombe sur une annonce en première page du Figaro, journal pour lequel il écrit alors. Il découvre qu’un hôtel avec tout le confort moderne vient d’ouvrir à Cabourg, cette côte normande qu’il connaît bien pour y avoir séjourné enfant et lors de son service militaire. Séduit par le charme de la petite station balnéaire qui, en ce début de XXème siècle, accueille ses premiers estivants, Marcel Proust y reviendra sept été de suite.

Comme nombre d’asthmatiques, Proust, qui redoute les crises nocturnes, dort le jour et vit la nuit. Les clients de l’hôtel ne sont pas étonnés de le voir émerger sur les coups de 15 heures dans «L’aquarium», la grande salle de déjeuner située en face de la mer. Là, le romancier s’installe et observe la vie mondaine du palace. Il discute aussi bien avec les grooms et les maîtres d’hôtel qu’avec les riches clients en villégiature. Depuis l’hôtel, il a directement accès au casino, où il passe des heures à jouer et à converser avec les représentants de l’aristocratie. Il les fait parler de leurs mœurs et de leur façon de vivre. A l’époque, c’est une société fermée, mais lui va réussir à obtenir tout un tas d’informations dont il va se servir. Riche de ces confessions et après un dîner frugal fait d’une sole et d’un café au lait, l’écrivain remonte dans sa chambre et couche toute la nuit, sur le papier, le compte-rendu de ces précieux entretiens.

Résultat de recherche d'images pour "promenade marcel proust à cabourg"

Aujourd’hui le nom du célèbre écrivain a été donné aux 3.6 kilomètres de promenade longeant la digue qui protège la ville.

Plus rarement, cet homme, qui craint le froid et porte en plein été manteau, chapeau et foulard, s’aventure sur la digue devant l’hôtel, sur la promenade qui porte aujourd’hui son nom. Il écoute des concerts et observe cette micro-société qui l’amuse et qui, encore une fois, nourrit son oeuvre. Durant ces étés, Proust découvre aussi les premiers «taximètres» qui, au départ de l’hôtel, permettent de parcourir la côte en quelques heures. Une révolution ! Il est ragaillardi par le grand air, son asthme le laisse tranquille. Ce passionné d’histoire et d’architecture visite Lisieux, Bayeux, Houlgate et s’en inspire.  «Balbec», que l’on retrouve dans A la recherche du temps perdu, est une ville tout droit sortie de l’imagination de Proust et qui se compose d’éléments puisés dans les stations normandes. La mer et la digue décrites dans A l’ombre des jeunes filles en fleurs, c’est le paysage qu’il voyait depuis la fenêtre de sa chambre, à Cabourg ; La nef de la cathédrale de Balbec, c’est celle de la cathédrale de Bayeux, explique Jean-Paul Henriet.

Résultat de recherche d'images pour "alfred Agostinelli"Alfred Agostinelli, son chauffeur rencontré à Cabourg, deviendra même plus tard son secrétaire et son grand amour : Albertine, qui a donné son nom au sixième tome de la Recherche, c’est lui.

En 1914, le Grand Hôtel est réquisitionné pour accueillir les premiers blessés de la Grande Guerre. Proust n’y remettra plus les pieds. La mer et les paysages normands de ce «temps perdu» restent heureusement à jamais gravés dans son oeuvre.

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s