JACK DANIEL, le distillateur avait du coffre !

Jack Daniel, l'inventeur du whisky, se tue bêtement en tapant dans son coffre-fort.

Mister Daniel est un homme heureux, même si ce bonheur s’est construit aux dépens de la santé cardio-vasculaire de ses contemporains. Il a acheté en 1863, à son oncle pasteur, une vieille distillerie dans un trou perdu du Tennessee et en a fait une affaire de renommée internationale.

On se doute qu’un patron qui mène une entreprise à ce degré de réussite est un homme de caractère, doté d’une énergie et d’un tempérament considérables. Aussi, quand ce matin de 1911, pressé et de mauvaise humeur, il a besoin de retirer d’urgence de l’argent de son coffre, une exaspération paroxystique l’envahit quand il constate que la combinaison qu’il vient de composer n’est pas la bonne, ni la deuxième, ni la troisième. La porte reste obstinément close : Une fois de plus il a oublié le numéro.

Il a mené en quarante ans son usine au zénith du succès, il y a élaboré un des whiskies les plus célèbres du monde, le Jack Daniel’s ; il a essaimé dans tous les pays ses bouteilles si reconnaissables par leur forme carrée et leur étiquette noire Afficher l'image d'origine, il a fait de son breuvage une boisson nationale, à tel point que l’appellation contrôlée «whisky du Tennessee» n’a été crée que pour lui ; au seuil de la retraite, il a laissé sa florissante entreprise à son neveu de confiance, son nom est sur toute la planète synonyme de saveur et de qualité, on se retourne sur son passage, et il est là, désemparé, devant un foutu bloc de métal inerte qui refuse de lui livrer son argent.

Il est en retard, nul autre que lui ne connaît la combinaison et , le temps qu’il appelle un serrurier, sa journée sera perdue. Il recompose pour la dixième fois une tentative de code, mais la porte ne veut rien savoir : on peut imaginer le boss écumant, hurlant des «saloperie de saloperie de machine à la con» en américain avec plein de Fuck. En vain. Sa puissance de grand industriel couvert de gloire ne peut rien contre l’acier intraitable. Alors fou de rage, il donne un coup de pied dans le meuble, de toute la force de sa colère…..Et sa colère était grande, car la douleur est immédiate et insupportable. Le médecin diagnostique une fracture de l’orteil avec plaie ouverte. En ces temps d’asepsie incertaine, la plaie a la mauvaise idée de s’infecter puis de dégénérer en septicémie. Jack Daniel meurt au bout de quelques jours et, dans son coin, le coffre ricane.

Le coffre tueur existe toujours,  il n’a pas bougé de son emplacement dans le bureau du fondateur, et personne n’a osé le braquer ! On le montre aux touristes,  venus du monde entier visiter la distillerie en leur racontant l’anecdote, et tous se photographient hilares en train de frapper le meuble ingrat.

Ils n’ont d’ailleurs que ça à faire, les touristes, parce que, si on peut s’avaler le whisky Tennessien dans le monde entier, à la distillerie Jack Daniel’s et dans ses environs, on ne peut pas. On a pas le droit. En effet, le trou perdu où se situe l’usine, près de Lunchburg, s’appelle le comté de Moore. Or, ce comté fait partie de ces quelques localités dites «sèches», curiosités typiquement américaines car, conservant des lois inchangées depuis la prohibition, elles interdisent toujours la vente et la consommation d’alcool sur leur territoire.

A la boutique de la distillerie, on ne peut donc acheter que des éditions collector: c’est la bouteille que vous payez… et en remerciement de votre visite le whiskey contenu à l’intérieur vous est offert. Délicate hypocrisie des lois puritaines.

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