L’argent un outil de pouvoir ?

Nous sommes tous égaux devant une commune nécessité, celle où nous nous trouvons de devoir travailler pour gagner de l’argent. Bien sûr, l’inégalité commence avec la somme d’argent reçue par chacun en échange de son travail, ou parfois sans travail du tout. Ce que les économistes nomment la hiérarchie (ou l’éventail) des salaires est plus ou moins accentuée selon les pays. En France, que l’on classe volontiers parmi les pays les moins égalitaires, la différence s’accroît encore avec le vocabulaire : Il n’existe pas moins d’une bonne douzaine de façons de gagner sa vie.

  • Un employé touche des appointements
  • Un officier ministériel perçoit des émoluments
  • Un médecin, un avocat, des honoraires
  • Un commerçant, des bénéfices
  • Un propriétaire, un loyer
  • Un fonctionnaire , un traitement
  • Un militaire, une solde
  • Un comédien, un cachet
  • Etc…

Le mot qui pourrait convenir à la plupart des cas serait le mot salaire, dont l’étymologie rappelle les temps lointains ou l’homme travaillait pour gagner son sel.

Et voici quelques unes des pensées profondes que l’argent a inspirées :

  • L’argent ne fait pas le bonheur de celui qui n’en a pas. (Boris Vian)
  • Nous ne pensons qu’à l’argent : celui qui en a pense au sien, celui qui n’en a pas pense à celui des autres (Sacha Guitry)
  • Quand j’étais jeune, je croyais que, dans la vie, l’argent était le plus important. Maintenant que je suis vieux, je le sais ! (Oscar Wilde)
  • Si l’argent ne fait pas le bonheur….Rendez-le ! (Jules Renard)

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Ces derniers temps, la fascination que l’argent exerce n’ayant fait qu’empirer, les croyants se sont dit que les seules études méritoires dans ce monde étaient la finance ou le marketing. Mais attention la vérité c’est que « le vrai riche est né pour être riche. Il est prédestiné. Il s’agit d’un destin, d’un état naturel, qui ne peut se discuter ni se refuser. C’est pourquoi les riches réservent le plus grand mépris aux nouveaux riches ». Dit autrement, pour calquer la religion monothéiste il faut considérer qu’y a des élus ou des miraculés. dans les 1% de la population mondiale. Et si les 99% leur doivent respect, ultimement, c’est parce qu’ils sont les élus du dieu argent que l’on contemplera extasié dans la lucarne de la télévision dans des émissions et des séries télé sur les riches. Très populaires. Et on comprend pourquoi. On peut ainsi prolonger l’extase du peuple lui
faisant croire dans les miracles (par définition rarissimes) de l’ascension sociale. On lui dira, pour lui laisser croire qu’il en fera un jour partie, que « les riches méritent de l’être par leur travail, leur invention, leur activité ». Mais par contre, avec la même morale, il faudra culpabiliser les pauvres. « Dans un pays de libre entreprise généralisée comme les États-unis d’Amérique, si la misère est un malheur… elle est aussi, et surtout une honte ». La preuve que si vous avez manqué de travail, de persévérance, de rigueur, pour ne pas avoir suivi à la lettre les conseils donnés par les apôtres de l’argent, vous avez mérité votre échec. « Toutes les portes leur étaient ouvertes, toutes les armes fournies ».  Donc vous êtes responsable de votre état lamentable et vous méritez le blâme ; la pauvreté est « le fruit d’une activité « immorale ». Tout pauvre est suspect, c’est un assisté. Tout pauvre a commis une faute. Il la paie. Par effet de miroir, tout riche est méritoire et doit être félicité. Peut être même récompensé » ! Fascination ultime : la société doit idolâtrer et couvrir d’or les très riches pour leur richesse et vilipender et mépriser les pauvres pour leur indécrottable pauvreté. Ou bien vous êtes de basse naissance et vous devrez ramer pour survivre ou vous n’avez pas bien appris les leçons du capital et c’est bien fait pour vous si vous galérez. Mais vous pouvez élever vos regards vers le ciel et regarder ….

Depuis plus de 200 ans dans le système de gouvernement représentatif  l’argent permet de se faire élire et de s’acoquiner de plus en plus étroitement avec les puissances de l’argent. L’intrication est telle qu’au final la volonté politique sert majoritairement les intérêts des 1%  bien plus qu’elle ne se met à la disposition du bien commun pour les 99%. Historiquement, le gouvernement représentatif a été fondé par la bourgeoisie montante et elle ne s’est même pas cachée pour dire que le gouvernement représentatif n’était pas la démocratie. … il ne restait plus qu’à inventer en direction des masses la plus extraordinaire supercherie : prétendre que nous étions en démocratie, que la démocratie était notre conquête, alors même que nous n’avons eu de cesse, décennie après décennie, de construire en sous-main une oligarchie  financière.

C’est la même histoire qui continue et l’homme n’a pas changé. La même avidité, mais surmultipliée, magnifiée,  sans que l’on y prenne garde. La même démesure démentielle de l’ego devenue le mot d’ordre de la dernière idéologie qui tienne encore debout, le profit. Il fallait une sacrée propagande pour nous faire avaler le contraire en prétendant que le système laissé à lui-même allait se « réguler ». Ah « la main invisible  » ! Parangon de toutes les vertus. Le « marché » ! Ce tour de magie a été accompli dans le discours des économistes libéraux qui, par un enchantement prodigieux, sont parvenus à nous faire croire que nous pourrions ne tirer de la dette que des avantages, sans qu’elle ne vienne gangrener nos libertés… En les rendant fictives. Illusoires. Il fallait donc lors de la crise de 2008  « sauver les banques ». C’est incroyable les sommes d’argent que l’on peut trouver pour les banques, des milliards, quand on doit par ailleurs mendier auprès de l’État pour le service véritable du bien commun !

Le système économique actuel est ainsi fait que s’il n’y avait pas de dette contractée auprès des banques, il n’y aurait pas d’argent du tout ! Pas de dettes, pas d’argent. Donc, non seulement il faudrait un jubilé des dettes, mais immédiatement après une réforme radicale du système économique. Rendre la monnaie aux citoyens. Notre situation est bien plus dramatique que ce que laisse circuler à tire d’informations les mass média quand elles parlent de la « crise ».

Ce qui en bas relèverait du crime  devient en haut des «frasques».
Quand l’argent nimbe de ses flagrances irrésistibles le vice, le vice cesse d’être identifié comme tel et devient « normal » pour un ordre du monde qui n’appartient qu’aux puissants. … qui doivent vivre sous la férule des lois, mais qui rêvent d’une liberté fantasque que l’argent seul promet. Penser à l’intérieur de ce brouillard de représentations confuses   étourdit tout jugement critique et empêche de voir les choses comme elles sont.

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Au risque de me répéter,  l’essence du capitalisme  réside dans l’accroissement du capital, donc du profit,  il en résulte que dans le système économique qui est le nôtre, la richesse se mesure aux bénéfices générés et surtout accumulés, donc dans les sommes déposées sur des comptes en banques : du capital.  Dans la plupart des pays développés, la part des revenus détenus par les 10% les plus riches a fortement augmenté depuis 2007 et celle des 40% les plus pauvres a diminué. Tous ces chiffres parlent de l’argent déposé sur des comptes en banque  et si les riches ne connaissent pas la crise, c’est bien évidemment que la monnaie n’a plus du tout la fonction qui devrait être la sienne.

Le fonctionnement de l’argent est aliéné dans un système financier qui se contrefiche du bien commun. Ce que nous avons oublié, c’est que la fonction première de l’argent n’est pas d’être une richesse, mais seulement un intermédiaire  pour faciliter l’échange des vraies richesses. Les surimpositions maladives que nous avons projetées sur l’argent ont fini par nous mettre dans une situation démentielle où paradoxalement l’argent manque et où les richesses abondent. Et nous filons notre existence légère de consommateur, le nez en l’air, au milieu des contradictions les plus folles en attendant qu’elles nous éclatent à la figure. Il y a des gens qui passent leurs journées avec l’estomac vide, et on jette à la poubelle en moyenne 43 % de notre nourriture. On n’a pas d’argent pour payer des infirmières et des profs dont on a cruellement besoin, mais il y a des montagnes d’argent qui sortent des contribuables pour aller vers les banques. Pour quoi faire ? Pour alimenter des jeux de casino stériles. Ce sont les mêmes politiques qui disent que nous manquons d’argent et qui laissent une manne financière prodigieuse dormir dans des paradis fiscaux. Des personnes pleines de dévouement et d’abnégation reçoivent un salaire de misère et on balance l’argent public à la pelle dans des dépenses de prestige. Un chercheur qui se démène pour trouver un remède à une maladie doit quémander de l’argent partout et on jette des fortunes, par exemple,  à la figure des vedettes du sport. L’argent qui dort, qui s’accumule à foison et que l’on fait grossir au casino ne sert à rien, et partout il manque là justement où les initiatives se lèvent où l’énergie se dépense de manière vraiment utile. Mais voilà… c’est trop bête ! Il n’y a pas de « moyens ! ». Les riches pourraient se rendre utiles en servant ceux qui travaillent, mais voilà, le fin du fin dans le monde de l’argent, c’est de ne pas le dépenser, … mais de le placer pour en obtenir encore plus, afin d’en avoir encore plus, faire plus de profit pour en avoir encore plus, même si cela ne sert qu’à vouloir jouir de toutes les formes de pouvoir que  donne l’argent, à commencer par la possibilité de transgresser en toutes circonstances la loi commune pour y substituer la sienne. Et au bout du compte, ceux-là qui sont les plus riches, les 1%, lors d’une crise financière, coûteront très cher aux 99% (les pauvres qui devront payer aux riches), car il faudra renflouer les banques sur le dos du contribuable. Une ligne d’écriture informatique sur un compte qui ne sert à rien vaut plus que le bien-être de centaines de milliers de personnes. Parce que filtrée par les croyances inconscientes, elle gonfle d’importance celui qui en dispose et que les masses sont étrangement subjuguées devant ces gens qui semblent bien plus puissants, puisqu’ils sont très riches. Une époque qui marche sur la tête, avec des images de jeunes gens du monde entier se révoltant contre la misère.

On se moque trop facilement de tant de chefs d’ Etat africains, dont le seul but est de se constituer d’immenses fortunes personnelles au dépens de leurs peuples maintenus dans la misère, alors qu’ils n’ont été que l’avant-garde d’une évolution générale.

 

 

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