Le Palais idéal du facteur Cheval ..

Arrêtez-vous à Hauterives, bourg tranquille de la Drôme, remontez une rue banale et poussez la porte d’une maison apparemment sans histoire.

Non ! surprvous ne rêvez pas !   Au milieu d’un jardin que vous auriez imaginé voué à la culture potagère se dresse le monument le plus étrange, le plus incroyable qui soit. Afficher l'image d'origineTemple hindou ou cambodgien transporté par magie au cœur de la Drôme, vous êtes devant le Palais idéal, né de l’imagination du FACTEUR CHEVAL Description de cette image, également commentée ci-après

Ferdinand CHEVAL (1836-1924) était le facteur de Hauterives, un pauvre facteur rural qui effectuait, tous les jours et par tous les temps, une tournée de trente deux kilomètres à pied. Souvent les nuits du facteur étaient hantées par un rêve précis et insistant, celui d’un palais éblouissant dont il notait au réveil, les formes, les proportions, les moindres détails. Comme il ne comprenait pas le sens de ces visions nocturnes, il finit par oublier dans un fond de tiroir les dessins de son château en Espagne et il continua, en bon facteur qu’il était, à distribuer le courrier.

♦ Mais il arrive que le destin ait de la suite dans les idées. Ferdinand Cheval avait 43 ans, lorsqu’un jour son pied trébucha sur un caillou qui n’était sûrement pas venu là par hasard. Il le ramassa, le trouva beau et , en regardant autour de lui, il s’aperçut que les coteaux, les vallées, les rivières d’alentour fourmillaient de pierres étranges, de minéraux rongés par les millénaires, façonnés par le travail de la nature. N’était-ce point là le matériau qui allait lui permettre de matérialiser son rêve ?  – Désormais, il entasse dans un panier qu’il porte sur le dos les pierres trouvées sur son chemin : quarante kilos par jour qu’il dépose par petits tas et qu’il vient rechercher le soir avec sa brouette.  Son trajet quotidien s’en trouvait rallongé de huit à vingt kilomètres par jour. Il l’appelait «le long Charroi» Il se levait à deux heures du matin l’été, à trois heures l’hiver pour travailler à son projet fou. Il traça les fondations d’un monument de 26 mètres de façade et de 14 mètres de largeur. A la fois architecte, sculpteur et maçon, il lui fallut trente trois années d’un travail incessant pour venir à bout de l’oeuvre de sa vie.

C’est un fou, disaient les gens du village, un fou qui remplit son jardin avec des pierres!

Mais lui n’entendait pas les railleries, il était conscient d’avoir été appelé entre tous pour mettre au monde une oeuvre de génie. Il s’étonne souvent lui-même des formes qu’il crée et il se demande comment il a pu les réaliser lui qui n’a aucune connaissance artistique ni technique.

Fichier:Palais Idéal du Facteur Cheval (14).jpg

♦ En 10 000 journées représentant 93 000 heures de travail, il édifiera un extraordinaire ensemble où se trouvent juxtaposés, accolés, enchevêtrés : un temple hindou, une mosquée et ses minarets, un château du Moyen Age, un chalet suisse, la maison Blanche, la maison carrée d’Alger et un tombeau égyptien. 

Trois géants de pierre, coiffés d’un chapeau, lèvent un doigt vers le ciel : Ce sont César (le grand conquérant romain). Archimède (le grand savant grec) et Vercingétorix (le défenseur de la Gaule). Ils ressemblent étrangement aux «Moaïs» les géants de l’Île de Pâques.

Entre leurs jambes, deux déesses, Vélèda, la druidesse,  et Inize ou Isis,  l’Égyptienne, lèvent les bras vers eux.

♦ Sur l’ensemble du monument, Cheval a gravé les légendes ou les pensées naïves que la vie lui a inspirées.

« Sur cette terre, comme l’ombre nous passons, sortis de la poussière, nous y retournerons. »

« Heureux l’homme libre, brave et travailleur. »

« L’hiver comme l’été, nuit et jour j’ai marché, j’ai parcouru la plaine et le coteau, de même que le ruisseau, pour apporter la pierre dure ciselée par la nature, c’est mon dos qui a payé l’écot. j’ai toujours bravé la mort. »

♦ Émerveillé par ce Palais des Mille et une Nuits sorti de son cerveau, le facteur CHEVAL, ne pouvait s’empêcher de proclamer sa fierté.

  • travail d’un seul homme
  • Tout ce que tu vois, passant, est l’oeuvre d’un paysan
  • Au champ du labeur, j’attends mon vainqueur
  • En créant ce rocher, j’ai voulu prouver ce que peut la volonté
  • Dieu, dont les desseins sont impénétrables se sert de ses humbles créatures pour les accomplir.

♦ Il semble au touriste qui déchiffre ces inscriptions maladroites que le facteur Cheval ne cesse de l’accompagner tout au long de sa visite.

De chaque côté de l’édifice part un escalier permettant d’accéder à une terrasse située à 4 mètres du sol et qui mesure 23 mètres de long sur 3 mètres de large. De là on peut grimper au sommet du temple hindou et à la tour de Barbarie. Le point le plus élevé du Palais idéal se trouve à 10.80 mètres.

L’ensemble représente 1 000 m² de maçonnerie. Pour assurer la solidité de sa construction, Ferdinand Cheval eut l’idée de noyer des tiges de fer dans le ciment. Si l’on considère que le béton armé ne reçut sa toute première application qu’à partir de 1890, on peut estimer que seul, dans sa campagne perdue, loin de toute information technique, notre facteur a inventé de son côté le béton armé et coffré.

♦ En 1912, à 76 ans, Cheval ayant achevé l’oeuvre de sa vie, l’ouvrait au public. Il bâtit un belvédère  afin de contempler son Palais Idéal au soleil couchant. Il avait aussi entre temps construit sa maison et ceinturé son domaine d’un mur.

Lorsque son épouse mourut en 1914, le facteur travailla à l’édification de son tombeau au cimetière d’Hauterives. La maîtrise de son art touche maintenant à la perfection. Il achève ce nouveau chef d’oeuvre en 1924, juste à temps pour pouvoir, après tant d’années de travail, s’y reposer pour l’éternité. tombeau2.jpg

♦ Le 23 septembre 1969, André MALRAUX fit classer le Palais Idéal du Facteur CHEVAL monument historique avec la mention «Architecture naïve unique au monde».

Ferdinand Cheval a été la source d’inspiration et d’hommages de nombreux artistes issus du courant des surréalistes : André Breton, Pablo Picasso, Max Ernst, Niki de Saint Phalle…

Parlant un jour, non sans illusions, des visiteurs du palais, Cheval les imagine disant, tout émerveillés : « C’est incroyable ! C’est impossible ! » Un monument de l’impossible, un monument à l’impossible, c’est bien ainsi que le désigne, aujourd’hui encore, notre abasourdissement.

Pour visiter le Site officiel du Palais idéal du Facteur Cheval cliquez fleche-962  ici 

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