GRACE se remet au parfum

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Les marques prestigieuses s’y bousculent pour acquérir les fleurs d’exception cultivées sur place, les plus grands nez y cherchent l’inspiration…et la ville est candidate à l’inscription des savoir-faire liés au parfum au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Au royaume des senteurs, c’est ici que tout se joue !

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N°5 de Chanel ou J’Adore de Dior…ces parfums les plus vendus au monde ont en commun dans leurs formules les plus concentrées des essences dites «pays» de rose et de jasmin, terme désignant leur provenance locale. Et pourtant les crus de Grasse sont plus chers qu’ailleurs. Alors pourquoi les marques tiennent-elles plus que jamais à les exploiter ? peut-être parce que cette ville est unique, par son histoire, son terroir et ses habitants, et qu’elle répond aussi à notre envie actuelle de tracer nos achats et de revenir au bel artisanat.

Une longue histoire de la parfumerie

Au moyen Age, le lieu était surtout renommé pour ses tanneries grâce aux eaux qui coulaient de la montagne. Mais c’est Catherine de Médicis Résultat d’images pour catherine de médicis qui va permettre l’essor de la parfumerie au XVIIème siècle, en important en France la mode des gants de cuir parfumés, utiles aussi pour se protéger des nombreuses épidémies. Contre l’odeur tenace du cuir, les gantiers grassois infusaient leurs peaux dans des décoctions de fleurs. Un succès tel, dans les cours européennes, qu’il encouragea la culture de toutes sortes de plantes odorantes, favorisée par les importations de fleurs exotiques telles que le jasmin, la tubéreuse, le mimosa et la fleur d’oranger. Mais l’âge d’or de ces plantations en pays de Grasse se situe dans l’entre-deux-guerres, avant que les surfaces cultivées ne diminuent drastiquement avec le boom immobilier. En 1960, la commune comptait 850 hectares cultivés contre 40 environ aujourd’hui. Les fournisseurs de parfum ont, depuis, élargi leurs compétences en développant les arômes alimentaires où rayonnent actuellement des société comme Robertet, Mane, ainsi qu’une foule de petites entreprises. D’autres parfumeries, qui ont fleuri sur la Riviera avec l’essor du tourisme à la Belle Époque, proposent aujourd’hui des visites pédagogiques sur les méthodes de fabrication de parfum. Parmi elles Molinard, qui fit un tabac, jusqu’aux États-Unis dans les Années Folles avec Habanita. Mais aussi Fragonard, où la cinquième génération a ouvert, en plein centre-ville, plusieurs musées gratuits remarquablement fournis. Leur musée provençal du costume et du bijou , unique en son genre, permet de découvrir les indiennes, ces tissus inspirés par les premiers voyages en Orient du XVIIè siècle. La villa Jean-Honoré-Fragonard expose, quant à elle, dans un hôtel particulier de la fin du XVIIè siècle, la deuxième collection en France du peintre après celle du Louvre, à Paris, et les touristes du monde entier s’y pressent déjà.

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Un terroir unique

Même si Grasse n’est qu’à quelques kilomètres à vol d’oiseau de la Côte d’Azur, elle ne partage pas son climat. Sa situation sur un piton rocheux des Pré-alpes, à l’abri du vent, mais avec vue sur la mer, offre un biotope idéal pour les cultures. Les végétaux stressés par les températures fraîches de l’altitude et balayés par l’air iodé délivrent des arômes uniques, permettant au pays de Grasse de s’imposer comme la région privilégiée des plantes à parfum.

Un laboratoire pour le monde entier

La concurrence est rude entre les cultivateurs et les secrets, bien gardés. Depuis 2008, la famille Mul s’aventure dans la plantation d’Iris Pallida, traditionnellement cultivé à Florence, en Italie, mais en voie de disparition en raison d’un procédé long et coûteux. Les premières gouttes d’extrait d’iris distillent désormais leurs facettes poudrées boisées dans Misia, dernier né de la collection Les Exclusifs de Chanel.

Nous perfectionnons sans cesse nos cultures en tentant des expériences sur de petites parcelles, cela avec une agriculture raisonnée. Par exemple, nous avons mis au point notre jasmin en le greffant sur un pied plus robuste pour qu’il résiste aux gelées matinales.Notre vocation est de produire les fleurs les plus odorantes tout en garantissant le meilleure qualité dans le futur,  explique Fabrice Bianchi.

Aux Fontaines parfumées – un bel hôtel particulier du centre-ville récemment réhabilité par le groupe LVMH -, le nez Jacques Cavallier,  enfant du pays, teste des ingrédients inédits pour concocter les prochains parfums Louis Vuitton – telle cette extraction particulière de cuir, celui-là même utilisé sur les poignées des célèbres malles, qui exhale une senteur douce, délestée de ses accents fumés animaux. Il va y travailler «nez à nez» avec François Demachy, un autre Grassois compositeur des parfums Dior.

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On doit à Grasse d’énormes innovations dans les transformations des matières premières, notamment l’extraction aux solvants volatils au XXè siècle pour obtenir des absolus. D’ailleurs, c’est encore dans cette capitale du parfum que, en 1947, Jean Carles conçut le premier manuel d’apprentissage de la composition pour les laboratoires Roure. Jusqu’alors, tout se transmettait de maître à apprenti de façon orale. Aujourd’hui, la philosophie de cette méthode se retrouve dans les pédagogies d’enseignement du monde entier. La ville attend aussi beaucoup de l’initiative du Jean-Pierre Leleux, ancien maire de la ville et sénateur des Alpes-Maritimes, qui a posé la candidature des savoir-faire liés au parfum en pays de Grasse au patrimoine immatériel de l’Unesco.  Cette reconnaissance protégerait trois axes : «La culture du parfum – La transformation des matières et l’art de la composition».

Pourquoi les parfums les plus raffinés sont-ils si chers ?

La principale raison est le prix des huiles essentielles les plus raffinées. Prenons par exemple l’huile de jasmin. Celle de qualité supérieure vient de Grasse et coûte près de deux fois plus cher que l’or, car il faut six à sept millions de fleurs de jasmin pour produire un seul kilo d’absolue de jasmin. Afficher l'image d'origine Les fleurs doivent être cueillies à la main à l’aube, lorsque leur senteur est la plus intense. L’huile en est extraite grâce à la méthode ancienne de l’enfleurageAfficher l'image d'origine un processus long et coûteux par lequel les fragiles pétales sont placées manuellement sur des plateaux en verre enduits de graisse purifiée froide, qui absorbe lentement la précieuse huile.

L’absolue de tubéreuse est encore plus onéreuse. Quant à l’huile de rose, je vous laisse calculer son prix étant donné qu’un rosier ne fleurit que 25 jours par an en moyenne, de mi-mai à mi-juin, et qu’il faut environ 2 500 roses cueillies à la main pour produire un seul gramme d’essence de rose.Afficher l'image d'origine Ajoutez à cela le temps qu’il faut pour lancer un nouveau parfum vraiment différent ! Sans oublier qu’il est impossible de produire en trop grande quantité pour réduire les coûts, puisque le parfum se gâterait trop vite…. Rien d’étonnant, donc, à ce que le produit final soit très cher.

Un conseil, il faut prendre le temps d’apprivoiser une fragrance c’est important. Certaines ne nous correspondent pas, même si l’on est capable de les apprécier de manière esthétique. La véritable affirmation de soi se fait dans l’intimité et la discrétion, et non dans l’uniformisation de masse pratiquée par le marketing.

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