Dans la maison de COLETTE

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L’écrivaine en a fait un personnage à part entière dans ses romans : La demeure de son enfance, à Saint-Sauveur-en-Puisaye, en Bourgogne vient d’ouvrir au public après une magnifique restauration.

Vue du « Jardin-d’en-Face », la façade blanche et son toit d’ardoise.

La passion d’une poignée de personnes, réunies dans une association, a permis la restauration de la maison natale de Colette, l’inspiration de son œuvre. Une demeure où elle a passé des moments merveilleux. La famille ruinée, elle la quitte à 18 ans….mais elle continue d’exister dans ses livres. Un de ses admirateurs la rachète et lui en donne la jouissance. Mais, en 1950, réalisant qu’elle ne pourra plus quitter son appartement du Palais-Royal à Paris Afficher l'image d'origine, elle la rend au propriétaire…Qui la revend à un médecin. Puis, en 2006, la voilà de nouveau en vente ! Partis de zéro euro, des passionnés et amoureux de l’écrivaine – son biographe, le président de la Société des amis de Colette et quelques autres – remuent alors ciel et terre et rassemblent 500 000 euros pour le rachat et les travaux. Cinq années plus tard, nous voilà dans la maison du bonheur.

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La restauration de l’intérieur et des jardins et d’autant plus impressionnante quand on sait le minutieux travail qu’elle a exigé.

Le projet était clair, Colette ayant fait de sa maison un personnage de son œuvre, nous avons reconstitué le décor de son enfance, le plus proche possible de la réalité, raconte Frédéric Maget, président de la Société des amis de Colette et directeur de la maison de Colette.

Architectes, biographes, historiens, paysagistes se sont mobilisés pour restituer l’ambiance de l’époque. Le décor a été reconstruit à partir de souvenirs, d’écrits de photos. Des traces de papier peint ont été retrouvées sous d’épaisses couches de peinture. Aucun élément moderne ne perturbe le sentiment de se replonger dans la fin du XIXème siècle. Les lits sont faits, la table est mise …

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«La maison était grande, coiffée d’un haut grenier», écrit Colette en préambule à La Maison de Claudine. «La pente raide de la rue obligeait les écuries et les remises, les poulaillers, la buanderie, la laiterie, à se blottir en contrebas tout autour d’une cour fermée…Accoudée au mur du jardin, je pouvais gratter du doigt le tout du poulailler»

Pour celle qui fut une amoureuse des chats, cette maison lui rappellera toute sa vie combien elle y a été heureuse, entourée de Sido, sa mère, de son père et de ses trois frères et sœurs.

«Colette a eu une enfance idyllique avec des parents qui s’aimaient », relate Frédéric Maget. Même si la famille n’était pas appréciée dans le village, «ils étaient trop artistes, trop bohèmes». Résultat : «Minet Chéri» comme la surnommait sa mère, y passe la plupart du temps. Au rez de chaussée, dans la salle à manger, la table ronde est dressée pour six convives, pas plus. Les Colette ne recevaient jamais. On croit entendre de la musique. Vient-elle de la pièce du salon ? Le piano de Colette est là, ainsi que le guéridon derrière lequel sa mère cousait. Le visiteur a la sensation que les deux femmes viennent juste de quitter les lieux.

  - Radio France

Une porte s’ouvre sur la chambre des époux aux deux lits séparés. De gros édredons sont posés sur des draps brodés, et les rideaux en fil d’Indienne sont comme à l’identique.

Sido trouvait le mariage dépassé et prévoyait l’avènement de l’amour libre. Pour elle, chaque époux devait avoir son lit surmonté d’un ciel pour garder son intimité, confie Frédéric Maget.

Quelques marches conduisent à la chambre de l’écrivaine. Le papier peint à croisillons gris a été retrouvé sous le peinture et réimprimé par un atelier spécialisé dans les décorations des grandes manufactures de l’époque. De la petite fenêtre on observe la rue.

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Une forte grille de clôture, au fond, en bordure de la rue des Vignes, eût dû protéger les deux jardins ; mais je n’ai jamais connu cette grille que tordue, arrachée au ciment de son mur, emportée et brandie en l’air par les bras invincibles d’une glycine centenaire….

  - Radio France

Colette aimait jouer et se promener dans ce paradis, entre le jardin du haut, avec ses allées dorées sinueuses, ses massifs de fleurs, ses rosiers odorants, tous replantés à profusion, et celui du bas, dans lequel le potager laisse à nouveau pousser les légumes de son enfance. La glycine est toujours là, invaincue, tordant la barrière avec la même force que jadis, si envahissante qu’elle surmonte de ses bouquets mauves des ifs immenses.

2 commentaires sur « Dans la maison de COLETTE »

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