Les BD en Europe et dans le monde.

pho1b07213a-a04d-11e3-90d1-3659442b4727-805x453

Suède

En Suède se révèle un auteur inclassable, Gunmar Lundkvist, qui crée en 1979 Klas Katt, BD Klas Kattune bande animalière dont le protagoniste est un chat qui évolue dans un univers absurde et sans espoir, proche de celui mis en scène par Samuel Beckett.

Italie

Contrairement à la France, où les petits formats se raréfient, l’Italie conserve une bande dessinée populaire, présentée dans des fascicules noir et blanc bon marché. Les deux séries les plus célèbres, éditées par Sergio Bonelli, sont Martin MystèreAfficher l'image d'origine (1982), l’histoire d’un archéologue aventurier, dessinée principalement par Giancarlo Alessandrini sur des scénarios d’Alfredo Castelli, et Dylan Dog Afficher l'image d'origine(1986), un détective confronté au surnaturel, série pour laquelle se relaient divers dessinateurs sur des textes de Tiziano Sclavi.

L’Italie est aussi le principal pays producteur et exportateur de bandes dessinées érotiques, qui connaissent parfois un succès international, comme Druuna Afficher l'image d'origine (1985) de Paolo Eleuteri Serpieri ou Les 110 Pilules Résultat de recherche d'images pour "110 pilules bd" (1986) de Magnus (Roberto Raviola, 1939-1996). Mais l’œuvre qui provoque le plus de remous est Ranxerox (1978) Afficher l'image d'origine de Tanino Liberatore, dont le protagoniste est un androïde d’une grande violence. Plus classique, Vittorio Giardino dépeint dans Afficher l'image d'origineMax Fridman (1982) l’Europe à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Les deux auteurs finalement les plus novateurs sont Massimo Mattioli, influencé par le pop art, et qui donne des parodies irrespectueuses de personnages de dessins animés américains (Squeak the Mouse, 1980), et Lorenzo Mattotti, qui fait régner la couleur dans Feux Afficher l'image d'origine (1985).

Grande-Bretagne

En Grande-Bretagne, le dernier quart du xxe siècle est dominé par l’hebdomadaire de science-fiction 2000 AD Afficher l'image d'origine (1977) et sa série principale, Judge Dredd, réalisée par de nombreux dessinateurs sur un scénario généralement écrit par John Wagner : la violence des personnages et la vision sans espoir qu’on y donne de l’avenir procure d’emblée à cette bande un retentissement considérable.

États-Unis

Les super-héros continuent à régner sur les comic books, Résultat d’images pour comic bookset bénéficient de dessinateurs talentueux comme Neal Adams, le Canadien d’origine britanique John Byrne, Mike Magnola ou Jim Steranko. L’année 1970 voit la naissance de deux événements qui deviendront annuels : La parution du Comic Book Price Résultat d’images pour comic books price , Guide de Robert Overstreet, tentative de recensement et de cotation de tous les fascicules parus, et la Convention de San Diego, où les fans peuvent rencontrer les professionnels.

Dans les quotidiens les bandes d’aventures continuent à décliner, mais quelques nouvelles séries d’humour sont de grandes réussites, comme  Garfield (1978) Résultat d’images pour garfield bd, un gros chat cynique, par Jim Davis, The Far SideRésultat d’images pour the far side bd (1979),  réflexion sur les rapports entre les hommes et les animaux par Gary Larson,  Calvin and Hobbes (1985), un jeune garçon et son tigre, par Bill Watterson ,  et Dilbert (1989)  Résultat d’images pour Dilbert par Scott Adams, satire du monde de l’entreprise.

La production underground est marquée par les œuvres érotico-fantastiques de Richard Corben comme Rowlf Résultat d’images pour Rowlf bd (1971) et Den (1984), et par le  début de la publication, en 1980, de Maus, où Art Spiegelman raconte, sous l’apparence d’une bande animalière, à la fois le génocide des Juifs de Pologne et ses relations difficiles avec son père. La parution en volume de la première partie de Maus Résultat d’images pour Maus  bd en 1986 est saluée comme un événement culturel majeur.

La même année voit deux tentatives intéressantes pour renouveler le monde des super-héros : dans The Dark Knight Returns, Frank Miller  montre un Batman vieilli, doutant du bien-fondé de ses actions ; dans Watchmen (Les Gardiens), Résultat d’images pour watchmen   bd deux Britanniques travaillant prioritairement pour les États-Unis,  le dessinateur Dave Gibbons et  le scénariste Alan Moore, mettent au premier plan non pas les actions des personnages, mais leurs rapports psychologiques complexes.

Argentine

La fin de la carrière d’Alberto Breccia est brillante. Son Perramus Résultat d’images pour Perramus   bd (1984), réalisé avec l’écrivain Juan Sasturain est l’itinéraire d’un amnésique perdu dans une dictature. Avec le scénariste Carlos Sampayo, un ancien élève de Breccia,  José Muñoz, crée Alack Sinner Résultat d’images pour Alack Sinner   bd (1975), un détective privé évoluant dans des bas-fonds new-yorkais qui rappellent plutôt ceux de Buenos Aires.

 L’irruption de la bande dessinée japonaise

Caractéristiques

La diffusion en Occident de dessins animés télévisés japonais avait été un signe avant-coureur : à la fin des années 1980 l’Europe et les États-Unis découvrent les bandes dessinées japonaises, ou mangas (le mot, qui aurait été forgé par le peintre Hokusai en 1814 avec le sens d’« images dérisoires », désigne aujourd’hui également les films d’animation). La bande dessinée japonaise est un monde très diversifié, mais  les séries qui déferlent alors sur l’Occident s’adressent surtout à des adolescents, et ne sont pas forcément les meilleures, ce qui explique le peu de considération dans lequel la plupart des adultes la tiennent. Mais les adolescents apprécient dans ces œuvres le dynamisme du graphisme et des thèmes proches de leurs préoccupations et de leur sensibilité.

Au Japon même, c’est dès les années 1950 que les mangas sont devenus un phénomène de masse : ils sont alors une distraction bon marché dans un pays encore ruiné par l’effort de guerre. À la fin du xxe siècle, le Japon est le plus gros producteur de bandes dessinées du monde. Les mangas représentent plus du tiers du marché de l’édition. Généralement très longs (parfois plusieurs milliers de pages), ils sont publiés, presque toujours en noir et blanc, dans des hebdomadaires épais (le plus connu est Shōnen Jump,Résultat d’images pour Shōnen Jump  bd qui tire à environ 2,5 millions d’exemplaires) ou dans des séries d’albums de petit format, appelés tankōbon. Les auteurs, qui doivent fournir parfois plusieurs dizaines de planches par semaine, travaillent souvent avec des collaborateurs. Le déclin de la bande dessinée juvénile est beaucoup moins sensible au Japon qu’en Occident, car un manga qui a du succès est automatiquement adapté en dessin animé télévisé et en film pour le marché de la vidéo : il n’y a donc pas rivalité, mais synergie. Contrairement à une opinion répandue en Occident, les mangas à caractère violent ou érotique sont minoritaires. L’histoire met souvent en scène un personnage, à l’origine banal, qui va subir un apprentissage, un parcours initiatique, et connaître des angoisses, parfois typiques de la culture  poétique et religieuse japonaise (instabilité de l’Univers, menace de monstres et de cataclysmes, pertes d’identité des personnages, sentiment que toute réalité n’est que transitoire). Les rapports psychologiques entre les protagonistes forment un élément essentiel de l’intrigue. Quant au dessin, il est au service du récit : il doit faciliter la lecture, et non pas risquer de la ralentir, d’où, dans de nombreux cas, sa simplicité apparente.

Panorama historique

Les fondateurs

La bande dessinée japonaise existait bien avant sa découverte par l’Occident. C’est en 1914 que l’éditeur Kodansha fonde son premier illustré pour la jeunesse, et en 1923 apparaissent des phylactères dans Shō-Chan No Bōken Résultat d’images pour Shō-Chan No Bōken  bd de Katsuichi Kabashima (1888-1965), histoire merveilleuse d’un petit garçon qui visite des mondes parallèles en compagnie de son écureuil.

Le premier manga célèbre est Norakuro (1931), un chien d’une bande animalière créée par Suihō Tagawa (de son vrai nom Nakataro Takamizawa, 1889-1989).  Mais la bande dessinée telle qu’elle existe aujourd’hui est fondée dans les années 1950 par Osamu Tezuka (1926-1989). Son œuvre est immense, et toujours teintée d’humanisme,  d’Astro BoyRésultat d’images pour Astro boy   bd (1951), un robot du futur, capable d’émotions, à L’Histoire des trois Adolf (1983), sur la Seconde Guerre mondiale, en passant par Phénix l’oiseau de feuRésultat d’images pour phénix l'oiseau de feu   bd (1967), où il montre un monde gouverné par des machines, et Bouddha (1972), biographie de quelque 3 000 pages. Osamu Tezuka ouvre la voie à des œuvres au climat très sombre, comme en 1970 Kozure Okami (Loup solitaire) du dessinateur Ḡoseki Kojima (1928-2000) et du scénariste Kazuo Koike, fresque tourmentée sur le Japon féodal, et en 1972 Gen, où l’auteur, Keiji Nakazawa (1939-2012), par ailleurs romancier, raconte l’explosion atomique d’Hiroshima, à laquelle il a assisté enfant.

Trois autres créateurs ont joué un rôle essentiel dans l’émergence d’une bande dessinée adulte : Shigeru Mizuki, auteur en 1959 de Kitaro le RepoussantRésultat d’images pour Kitaro le Repoussant   bd jeune héros qui s’efforce de régler les problèmes entre humains et esprits, et en 1992 de NonNonBā, Résultat d’images pour NonNonBā  bd histoire en partie autobiographique d’un petit garçon et d’une vieille dame mystique, dans la campagne japonaise des années 1930 ; Yoshihiro Tatsumi (1935-2015), qui inventa en 1957 le terme – aujourd’hui courant – de gegika (« images dramatiques ») pour ses propres œuvres, dans lesquelles il met souvent en scène des personnages névrotiques, perdus dans des mégalopoles (Blizzard noir, 1956) ; Yoshiro Tsuge, qui influença toute une génération, d’abord avec Système vissé (1968), récit cauchemardesque d’un adolescent blessé par une méduse, puis avec L’Homme sans talent (1985), histoire prosaïque et intimiste.

Les principaux mangas de 1980 à 2001

Les années 1980 et 1990 sont marquées par une profusion de mangas pour adolescents, qui pour la plupart relèvent soit de l’anticipation, soit du fantastique, soit de l’histoire sentimentale, certains pouvant appartenir en partie à deux de ces catégories, voire aux trois.

Dans le domaine de la science-fiction,  les grands succès sont Akira Résultat d’images pour Akira bd (1982), jeune seigneur de la guerre dans une mégalopole dévastée par un conflit nucléaire, de Katsuhirō Otomo, Ghost in the Shell (1991), où Masamune Shirow pose le problème de la frontière entre le réel et le virtuel, et Blame ! (1999) Résultat d’images pour Blame bd de Tsutomu Nihei, récit violent et quasi muet sur un univers souterrain cauchemardesque.

Dans le genre fantastique se détachent Nausicaä, qui a pour cadre une forêt toxique (1982), manga créé par le futur auteur de films d’animation Hayao Miyazaki, Dragon Ball Résultat d’images pour Dragon ball  bd (1984) d’Akira Toriyama, longue quête de boules de cristal magiques, Saint Seiya-Les Chevaliers du Zodiaque (1986) de Masami Kurumada, transposition de mythes grecs, et Please Save my Earth Résultat d’images pour Please Save my Earth bd (1987) de Saki Hiwatari, où les personnages prennent conscience de leurs vies antérieures.

Tout en exploitant la veine fantastique, des auteurs, généralement des dessinatrices, s’adressent prioritairement aux adolescentes à travers des intrigues où les sentiments des personnages – et parfois leurs relations amoureuses, plus ou moins avouées – ont une grande place.  C’est le cas de Sailor Moon Résultat d’images pour Sailor Moon bd (1992) de Naoko Takeuchi, dont les héroïnes s’inspirent de la mythologie gréco-romaine, d’Angel Sanctuary (1994) de Kaori Yuki, conflit de pouvoirs entre anges et démons, de X (1996) du studio Clamp (dirigé par Nanase Ōkawa), combat entre deux conceptions opposées de l’avenir de la Terre, et d’Ayashi no Cérès (1996) où Yuu Watase raconte l’histoire d’une lycéenne qui découvre qu’elle descend d’une nymphe céleste. La bande dessinée pour filles (shōjo manga) a aussi un auteur masculin à succès, Masakazu Katsura, qui présente les méandres des amours adolescentes dans Video Girl Aï (1989) et I »s (1997). Échappent à ces catégories Tsukasa Hōjō, auteur de la comédie policière City Hunter (1985) et de Family Compo (1996), récit humoristique sur une famille de travestis, Masashi Tanaka, dont la bande muette Gon (1992) met en scène un bébé dinosaure, et Taiyō Matsumoto, qui dans Amer béton (1993) Résultat d’images pour Amer béton  bd montre deux orphelins errant dans la jungle d’une cité moderne. La fin du siècle a vu le triomphe de Naoki Urasawa, notamment avec la série Monster (1995), dont le protagoniste est un tueur démoniaque.

Enfin, la bande dessinée adulte est dominée par un mangaka (dessinateur de manga) exceptionnel, Jiro Taniguchi, auteur notamment de L’Homme qui marche Résultat d’images pour l'homme qui marche  bd (1992), déambulation d’un héros contemplatif, et du Journal de mon père (1995), histoire d’un homme qui à l’occasion de la mort de son père se remémore son enfance, finit par comprendre ses parents, et par abandonner ses griefs à leur égard – une œuvre à la fois très japonaise et universelle.

La bande dessinée francophone de la fin du XXe siècle

Un environnement différent

Alors que, aux États-Unis, l’année 1986 est celle d’un renouveau, elle marque en France le début d’une période d’incertitudes, symbolisée par la cessation de parution du magazine Charlie mensuel, qui avait été en 1969 la première publication adulte. Lors des dix années suivantes, la plupart des revues de bandes dessinées s’arrêtent, faute de lecteurs : c’est par exemple le cas de Métal hurlant Résultat d’images pour métal hurlant   bd (1987), Pilote Résultat d’images pour pilote 1989   bd (1989), Tintin (1989) et son successeur Hello Bédé (1993), Pif (1994) et d’(À suivre) (1997). Les seules créations notables sont 9e art, revue annuelle du musée de la Bande dessinée d’Angoulême (1996), et le mensuel BoDoï (1997). Les survivants sont peu nombreux (Le Journal de Mickey Résultat d’images pour journal de mickey    bd , Spirou Résultat d’images pour spirou   bd , Fluide glacial Résultat d’images pour Fluide glacial  bd sont les principaux). Les fascicules de petit format disparaissent presque totalement des kiosques (Rodéo, mensuel des éditions Semic, ex-Lug, fête cependant en 2001 son cinquantième anniversaire). La grande presse ne publie plus guère de bandes dessinées, sauf l’été, en feuilleton.  Par contre, la production d’albums devient pléthorique (plus de mille titres par an, la majorité ne se vendant qu’à quelques milliers d’exemplaires).

À la suite de problèmes de gestion, les principaux éditeurs se résolvent à être absorbés par des groupes financiers internationaux : en 1985, les éditions Dupuis sont achetées par la banque Bruxelles-Lambert, Dargaud et Le Lombard entrent en 1988 dans le giron de Média-Participations, lui-même dépendant d’associations familiales néerlandaises ; en 1999, Casterman est vendu à Flammarion, qui l’année suivante passe aux mains de la société italienne Rizzoli. Malgré l’inauguration de Centres nationaux de la bande dessinée à Bruxelles (1989) et à Angoulême (1990), et la tenue d’une exposition de planches originales à la Bibliothèque nationale de France (2000), la culture officielle continue à considérer la bande dessinée comme une activité marginale. L’histoire du « neuvième art » ne reste connue que de spécialistes, ses grands classiques sont rarement disponibles, son actualité, à l’exception de la période du festival d’Angoulême (dernière semaine de janvier), n’est que rarement traitée dans les grands médias (presse, radio, télévision).

Au début du xxie siècle, il existe bien sur Internet  plus de 10 000 sites consacrés à la bande dessinée mais, outre que l’information n’y est pas toujours fiable, ils ne donnent généralement que des vues parcellaires, peu utilisables par le grand public.  La fin du xxe siècle a vu aussi le développement d’un marché spéculatif de planches originales et d’éditions rares. En 2001 un exemplaire (proche de l’état neuf) de l’édition originale de Tintin au pays des Soviets Résultat d’images pour Tintin au pays des soviets  bd est adjugé 160 000 francs (24 392 euros) et une planche du Nid des Marsupilamis Résultat d’images pour Nid des Marsupilamis  bd de Franquin 980 000 francs (149 400 euros). Cette période n’est finalement pas tant marquée par un déclin qualitatif que par une réorganisation de la profession. Soucieux de satisfaire leurs actionnaires,  les grands éditeurs désirent surtout publier des séries (interminables si possible) destinées à un vaste lectorat. Les auteurs débutants ou à la production moins convenue doivent souvent avoir recours à de petits éditeurs, au risque de voir leur œuvre, mal diffusée, passer inaperçue. La production est donc écartelée entre une « BD grand public », peu ambitieuse, répétitive, et une « BD d’auteur », peu accessible et fière de sa spécificité. Rares sont les auteurs, comme jadis Hergé, qui savent marier qualité et popularité.

Une nouvelle génération d’auteurs

Deux séries ont particulièrement séduit les adolescents de la fin du siècle :  Titeuf Résultat d’images pour Titeuf  bd (1992) par Zep (le Suisse Philippe Chapuis), facéties d’un gamin très en phase avec son époque, et Lanfeust de Troy Résultat d’images pour Lanfeust de Troy  bd (1994) par le dessinateur Didier Tarquin et le scénariste Scotch Arleston (Christophe Pelinq), aventures héroïco-fantastiques non dénuées d’humour. Dans la bande dessinée adulte, de nombreux auteurs ont émergé. À partir de 1990, Philippe Dupuy et Charles Berbérian mettent en scène les histoires drôles et tendres de Monsieur JeanRésultat d’images pour Monsieur jean   bd Baru (Hervé Baruela) publie (d’abord au Japon, en 1994) L’Autoroute du SoleilRésultat d’images pour L'autoroute du soleil   bd longue errance de deux loubards. Edmond Baudoin est le pionnier en France du genre autobiographique avec Couma Aco (1991) ou Le Voyage (1996). Florence Cestac campe avec humour la femme abandonnée dans Le Démon de midi Résultat d’images pour le démon de midi   bd (1996).

D’autres auteurs se lancent dans des adaptations inattendues, comme Pascal Rabaté, avec le roman d’Alexis Tolstoï Ibicus (1998), et Stéphane Heuet, avec À la recherche du temps perdu de Marcel Proust  (1999). Blutch (Christian Hincker) crée Blotch (1998), une série où il fait la satire de la presse de l’entre-deux-guerres.

Une bande dessinée qui cherche à élargir ses possibilités et à se dégager du conformisme des grands éditeurs se développe au sein de L’ Association , une maison d’édition fondée en 1990, et animée par Jean-Christophe Menu.  Les principaux auteurs qui s’y révèlent sont Lewis Trondheim (Laurent Chabosy), père de Lapinot Résultat d’images pour lapinot bd (1992), un lapin très intellectuel, David B. (Pierre-François Beauchard), qui entreprend en 1996 L’Ascension du haut mal,Résultat d’images pour l'ascension du haut mal  bd où il raconte les difficultés de son enfance marquée par l’épilepsie de son frère, enfin  Emmanuel Guibert qui rapporte les souvenirs d’un soldat américain dans La Guerre d’Alan (2000), s’associe à David B. pour Le Capitaine écarlate (2000), d’après une nouvelle de l’écrivain symboliste Marcel Schwob, et à Joann Sfar pour Les Olives noires Résultat d’images pour les olives noires   bd (2001), récit de l’itinéraire intellectuel et spirituel d’un jeune garçon juif dans la Palestine occupée par l’armée romaine.  Scénariste le plus prolifique de sa génération, Joann Sfar est parfois scénariste et dessinateur, comme dans Les Dossiers du professeur Bell Résultat d’images pour les dossiers du professeur bell   bd (1998), aventures d’un chirurgien occultiste, ou dans Pascin Résultat d’images pour Pacsin  bd (2000), interprétation très libre de la vie du peintre.

Parmi les œuvres à caractère autobiographique éditées par L’Association, l’une est particulièrement frappante : Persépolis (2000) de l’Iranienne en exil Marjane Satrapi qui se souvient de son enfance, à l’époque de la révolution islamique.

En dehors de L’Association, d’autres auteurs livrent des œuvres graves :

Enki Bilal revient au premier plan avec le récit d’anticipation Le Sommeil du monstre Résultat d’images pour le sommeil du monstre  bd (1998), premier volet d’une tétralogie inspirée par les guerres de Yougoslavie, Jean-Pierre Gibrat évoque un petit village français sous l’occupation allemande dans Le Sursis Résultat d’images pour le sursis  bd (1999) et le Belge Jean-Philippe Stassen dénonce le génocide du Rwanda dans Déogratias Résultat d’images pour Déogratias  bd (2000).

(A suivre…)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s