Histoire de la BANDE DESSINÉE

hommage_bd

♦ De tout temps, l’homme éprouva le besoin de raconter des histoires au moyen d’images. Déjà, cent trente siècles avec J-C., quelques uns de nos ancêtres de l’époque magdalénienne, représentaient sur les parois de la grotte de LASCAUX leur combat quotidien contre les bêtes sauvages.

Dix mille ans après eux, les Égyptiennes couvraient de dessins et d’hiéroglyphes les murs des temples de leurs dieux et des tombeaux de leurs pharaons. Plus près de nous, en 1077, la reine MATHILDE finissait de broder sur une toile longue de 70.34 m et haute de 0.50 m le récit des exploits de son Conquérant d’époux. Guillaume 1er, duc de Normandie qui, en 1066, était monté sur le trône d’Angleterre.

Vers la fin du XIXè quelques créateurs géniaux entreprirent de raconter des histoires en images. Mais, ce n’étaient pas là de vraies bandes dessinées puisqu’il leur manquait cet élément essentiel à la B.D qu’on nomme la bulle ou, plus scientifiquement le phylactère. Il ne faut pas se tromper : c’est le phylactère qui fait la B.D, plus sûrement que l’habit fait le moine. Le mot existe depuis la nuit des temps. C’était à l’origine un porte bonheur, un étui que les Juifs pratiquants portaient toujours sur eux et à l’intérieur duquel ils glissaient un morceau de parchemin sur lequel ils avaient écrit un verset de la Torah. Au Moyen Age, on appelait phylactère un banderole que les peintres ou les maîtres verriers dessinaient au-dessus des Saints Personnages qu’ils représentaient et dans laquelle ils inscrivaient une phrase attribuée aux dits personnages.

Résultat de recherche d'images pour "bulles de bd vierge"

Cette origine religieuse et savante de leurs bulles n’est sûrement pas pour déplaire aux fervents adeptes de la B.D

LES ANCÊTRES DE LA B.D

♦ Parmi les véritables ancêtres de la Bande Dessinée, quelques noms sont à retenir, celui du Suisse TOPFFER, de l’Allemand WILHELM BUSH (1832-1908), ainsi que ceux de trois Français dont deux sont connus, même d’un public enfantin, ce sont CARAN D’ACHE, CHRISTOPHE et BENJAMIN RABIER.

CARAN D’ACHE  ( 1859-1909) ce dessinateur né à Moscou se nommait en réalité EMMANUEL POIRÉ. Il avait choisi son pseudonyme d’après le mot KANRANDASH qui signifie «crayon» en russe. Il est connu pour ses dessins nationalistes et anti-Dreyfusards  

CHRISTOPHE (1856-1945) était, sous son véritable nom de Georges COLOMB, le très sérieux sous-directeur du laboratoire de botanique à la Sorbonne. Pour amuser les enfants, il imaginait les Aventures du Sapeur Camembert, du Savant Cosimus, et de la famille Fenouillard, qu’il signait Christophe ( parce que Christophe …Colomb…Ah,  ah, ah !)

BENJAMIN RABIER ( 1864-1939) est le père de Gédéon, un canard français presque aussi célèbre que son confrère américain Donald.

Mais pour l’historien de la B.D, les œuvres de ces ancêtres n’étaient que balbutiements. Il leur manquait encore la fameuse bulle.

Afficher l'image d'origine

La bande dessinée est née aux États-Unis. Elle est un phénomène directement lié à la presse et qui s’est développé avec  elle. La naissance officielle de la bande dessinée remonte à 1896, avec THE YELLOW KID ( le gamin jaune) crée par OUTCAULT. A cette époque, deux journaux se livraient une guerre acharnée : York World de Joseph PULITZER et le Morning Journal de William Randolp HEARST . C’est dans le New-York World que parut pour la première fois un feuilleton en couleur relatant les aventures d’un gamin aux traits chinois qu’on baptisa YELLOW KID.

Immédiatement, le journal concurrent allait contre attaquer et les créations se succéder à un rythme d’enfer.

• En 1897, RUDOLF DIRKS crée les KATZEN JAMMER, ces affreux jojos encore connus de nos jours, en France sous le nom de PIM-PAM-POUM.

• En 1902, OUTCAULT crée BUSTER BROWN

• En 1913, BRINGING UP FATHER ( en français : LA FAMILLE ILLICO) par Mac Manus.

• En 1920, WINNIE WINKLE ( en français : BICOT) par BRANNER.

• En 1924, apparaît pour la première fois LITTLE ORPHAN ANNIE ( la petite annie) par GRAY.

LA B.D EN FRANCE

Afficher l'image d'origine

♦ Comment prononcer en France le mot d’«image». sans évoquer aussitôt «Les images d’ÉPINAL» qui naquirent en 1825 dans l’imprimerie PELLERIN. D’un dessin naïf, souvent patriotique et toujours moralisatrice, l’image d’Épinal était vendue en feuilles uniques par les colporteurs. Elle connut un succès éclatant rendant tout le XIXème siècle.

• En 1889, l’éditeur ARMAND COLIN lance Le Petit Illustré Français, un journal qui offrait la particularité de présenter chaque semaine sur une double page une histoire en images. Ce journal publia les aventures de LA FAMILLE FENOUILLARD et du SAPEUR CAMEMBER de CHRISTOPHE.

• 1905 naissance de la Semaine de Suzette ou, dès le numéro 1, apparaît BÉCASSINE, l’immortelle héroïne de Joseph Porphyre PINCHON. Son succès incita un éditeur concurrent à publier un journal destiné également aux jeunes filles et ce fut FILLETTE dans lequel paraîtra une histoire qui connaîtra pendant des années un véritable triomphe.

Afficher l'image d'origine

LES MILLE ET UN TOUTS DE L’ESPIÈGLE LILI imaginée par JO WALLE et dessinée par A.VALLET.

Toutes ces parutions étaient trop sages au goût des cinq frères OFFENSTADT qui décidèrent de lancer des journaux plus populaires. Après le petit illustré, ils firent paraître L’ÉPATANT le 9 avril 1908. Dès son numéro 9, le journal publiait la série en images qui allait assurer sa gloire et consacrer le nom de son auteur : LES PIEDS NICKELÉS de Louis FORTON.

• 3 mai 1925 : Voici la date historique que doit connaître tout amateur de B.D ; c’est celle de la parution du n°114 du journal Le Dimanche illustré. Afin de remplacer à la dernière minute une publicité, on cherche un bouche trou. Ce sera le premier épisode de la première véritable bande dessinée française : ZIG ET PUCE veulent aller en Amérique d’Alain SAINT-OGAN.

En 1929, Paul WINKLER, un journaliste d’origine Hongroise fonde l’agence de presse OPERE MUNDI qui représentera en france le King Feature Syndicate le plus grand producteur de B.D aux USA.

♦ Comme la plupart des journaux de l’époque se font tirer l’oreille pour publier des histoires en images. Winkler en est réduit à créer son propre journal. Avec l’autorisation de WALT DISNEY qui a inventé MICKEY en 1929,  il sortira le 21 octobre 1934 le premier numéro du Journal de Mickey. Ce sera un succès prodigieux qui dure encore aujourd’hui.

Paul Winkler consolidera cet engouement pur la B.D américaine en faisant paraître en 1936 Robinson et Hop-la en 1937 . Le public français fait ses délices de MANDRAKE, du FANTÔME,  de JIM LA JUNGLE, de GUY L’ÉCLAIR [FLASH GORDON] , de BRICK BRADFORD et de l’AGENT SECRET X9.

Afficher l'image d'origine

La première B.D française quotidienne est apparue en 1934. Ce sont les AVENTURES DU PROFESSEUR NIMBUS de A.DAIX.

LA B.D EN BELGIQUE

L’histoire de la B.D en Belgique, puis dans le monde, est dominée par la personnalité d’HERGÉ. Né le 22 Mai 1907, GEORGES RÉMI publie es premiers dessins dans une petite feuille de chou – tout étonnée d’être entrée dans la légende – le Boy Scout belge, en février 1924. C’est dans ce même journal qu’il publiera le première bande dessinée belge : TOTOR C.P DES HANNETONS à partir de juillet 1926 et jusqu’en 1929 TOTOR annonce déjà TINTIN.

Afficher l'image d'origine

HERGÉ entre ensuite, en 1927, au quotidien belge Le Vingtième Siècle. les dirigeants du journal ont la bonne idée de lui confier un supplément pour les jeunes. Une grande page qui, une fois pliée, forme un petit journal de 8 pages – Le petit vingtième. Le premier numéro paraît le 1er novembre 1928. Dès le numéro 11, le 10 janvier 1929, HERGÉ commence à faire publier TINTIN AU PAYS DES SOVIETS. Le jeune reporter TINTIN ne connaîtra plus désormais un instant de repos. Il découvrira le Congo (1930) – L’Amérique (1931) L’Orient avec LES CIGARES DU PHARAON (1932) . L’Extême Orient dans LE LOTUS BLEU ( 1934) , l’Amérique du Sud avec L’OREILLE CASSÉE (1935) , l’Angleterre et  l’Écosse dans L’ÎLE NOIRE (1937) , l’imaginaire royaume de Syldavie avec le SCEPTRE D’OTTOKAR (1938) , la série de L’OR NOIR  qui conduisit TINTIN  dans les Émirats arabes sera interrompue par l’invasion allemande au bas de la planche 56. Le Vingtième Siècle ayant cessé de paraître le 8 mai 1940, les lecteurs devront patienter plus de huit ans avant de connaître la suite : le 28 octobre 1948. L’OR NOIR paraîtra, mais dans l’hebdomadaire TINTIN, cette fois.

Afficher l'image d'origine

Autre grand journal de B.D : Spirou, lancé par l’éditeur Belge JEAN DUPUIS, voit le jour le 21 avril 1938. C’est le dessinateur français Robert Velter (ROB-VEL) qui est chargé de créer le personnage de SPIROU (en wallon, un «Spirou » est un gamin déluré) qui travaille comme groom au Moustic-Hôtel Mobilisé en 1939. Velter confie à sa femme Davine le soin de continuer la série. Après elle, le personnage passera aux mains de Gillain (JIJE) , de Franquin et de Fournier.

Afficher l'image d'origine

C’est dans les hebdomadaires Tintin et Spirou – qui seront rejoints, à partir de 1959, par Pilote – que vont naître tous les héros de la B.D. d’aujourd’hui.

En France, à partir de 1962, critiques et exégètes commencent à s’intéresser à la bande dessinée. Peu à peu on voit naître la B.D pour adultes, qu’officialisera en 1972 L’Echo des Savanes.

♦ Puis, c’est la floraison des grands mensuels de la B.D moderne : Charlie Métal Hurlant, Fluide Glacial, Circus, A suivre, Vécu, qui révéleront la plupart des créateurs d’aujourd’hui : TARDI, BILAL, BOURGEON, MOEBUIS, MARGERIN, VICOMTE ET MAKYO, JUILLARD…Et tant, tant d’autres. Comment le citer tous lorsqu’on pense qui paraissent chaque année près de 700 albums et peut-être plus, publiés par les grands éditeurs spécialisés. C’est l’âge d’or de la B.D dont les albums se vendent à plusieurs millions d’exemplaires chaque année.

Afficher l'image d'origine

♦ Aujourd’hui la bande dessinée a sa capitale : ANGOULÊME. qui accueille depuis 1974 le festival de la Bande Dessinée.

J’en suis arrivée  à me demander si les petits personnages d’encre et de papier dont les aventures nous enchantent ne sont pas vivants parmi nous ?  Comme n’importe quel général ou politicien célèbres, TINTIN et MILOU possèdent leur statue dans le Parc de Volvendeel à Uccle (Belgique) Dans le château de la chapelle d’Angillon (Loire) , MICKEY, LES SCHTROUMPS, ASTERIX LE GAULOIS revivent dans de gigantesques parcs d’attraction.

Sans doute éprouvons-nous le besoin d’échapper à la pesanteur de notre planète malade pour nous réfugier dans le monde de la B.D, où les rêves ont la légèreté d’une bulle.

barre-separation

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s